Text/Jacques Lacan/LF01031967.htm

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J.LACAN                   gaogoa

[LF22021967.htm <] [LF08031967.htm >]

XIV- La logique du fantasme. 1966-1967

version rue CB

1 Mars 1967                       [#note note]  

    J'ai lu quelque part ou peut-être aussi quelques-uns d'entre vous auront pu 1e rencontrer, ce singulier titre : “ Connaître Freud avant de le traduire ”.

     Énorme ! comme disait un Monsieur à qui je ne prétends pas ressembler puisque je ne me promène pas comme 1ui avec une canne, quoique quelque fois avec un chapeau. Énorme ! quoiqu'il en soit, il est clair qu'il me semble que d'essayer de le traduire est une voie qui s'impose certainement comme préalable à toute prétention de le connaître.

            

Les psychanalystes disent conna�tre la psychanalyse, passe encore, mais conna�tre Freud avant de le traduire, sugg�re invinciblement cette b�tise de le conna�tre avant de l�avoir lu. Ceci bien sur, supposant tout l��largissement n�cessaire � 1a notion de traduction, car assur�ment, ce qui frappe, c�est que je ne sais pas si jamais, nous pourrons avancer quelque chose qui ressemble � cette pr�tention de conna�tre Freud, mesurez-vous bien ce que veut dire dans la perspective que la pens�e une fois parvenue au bout de son d�veloppement, que Freud nous offre, mesurez-vous bien ce que signifie de nous avoir propos� le mod�le de la satisfaction subjective dans la conjonction sexuelle ?

        Est-ce que l�exp�rience d�o� Freud lui-m�me partait, n��tait pas tr�s pr�cis�ment que c��tait le 1ieu de l�insatisfaction subjective ?

(p156->)

        Et la situation s�est-elle pour nous am�lior�e franchement dans le contexte social que domine la fonction de l�emploi de l�individu, emploi qu�on le r�gle � la mesure de sa subsistance purement et simplement ou � celle de la productivit� qu�elle marche dans ce contexte, est-elle laiss�e � ce qui serait le temps propre d�une culture de l�amour et tout ne t�moigne-t-il pas pour nous que c�est l� bien la r�alit� la plus exclue de notre communaut� subjective ?         Sans doute est-ce l� ce qui a, non pas d�cid� Freud � l�articuler cette fonction de satisfaction comme une v�rit�, mais ce qui sans doute 1ui paraissait � l�abri de ce risque qu�il avouait � Jung de voir une th�orie un peu profonde du psychisme retrouver les orni�res de ce qu�il appelait lui-m�me le fleuve de boue de 1�occultisme.         C�est bien parce qu�avec la sexualit� qui, pr�cis�ment avait au cours des si�cles, pr�sid� � ce qui nous para�t ces folies, ces d�lires de la gnose, de la copulation du sage et de la sofia par la voie de quel chemin, c�est bien parce que en notre si�cle et sous la r�gle du sujet, il n�y avait aucun risque que la sexualit� puisse se pr�valoir d��tre un mod�le quelconque pour la connaissance, que sans doute il a commenc� cette chanson de meneur de jeu si bien illustr�e par ce conte de Grimm qu�il aimait, du joueur de fl�tes entra�nant derri�re lui cette audience dont on peut bien dire que quand aux voies d�une sagesse quelconque elle repr�sentait la lie de la terre !         Assur�ment, dans ce que j�ai appel� tout � l�heure la ligne qu�il nous trace, et d�o� il faut bien partir de ce qui est sacr�, � savoir : la formule de la r�p�tition, il faut bien mesurer ce qui s�pare le pantarei du penseur antique dont il nous dit que rien jamais ne repasse dans sa propre trace, qu�on ne se baigne pas dans le m�me fleuve et que cela signifie de d�chirement profond d�une pens�e qui ne peut saisir le temps qu�a ce quelque chose qui ne va vers l�ind�terminable qu�au prix d�une rupture constante avec l�absence.         Introduire l�, la fonction de la r�p�tition, qu�est-ce y ajouter ? Assur�ment rien de beaucoup plus satisfaisant qu�il ne s�agit que de renouveler toujours incessamment un certain nombre de tours. Le principe du plaisir ne guide assur�ment vers rien et moins que tout vers la ressaisie d�un objet quelconque. La notion pure et simple de d�charge en tant qu�elle prendrait son mod�le sur le circuit �tabli du sensorium � quelque chose d�ailleurs d�assez vaguement d�fini comme �tant le moteur, le circuit, � stimulus respons �, comme on dit, de quoi peut-il rendre compte, qui ne voit qu�� s�en tenir l�, le sensorium ne peut-�tre que le guide de ce que fait en effet au niveau le plus simple, la patte de grenouille irrit�e : elle se retire, elle ne va � rien saisir dans le monde, mais � fuir ce qui la blesse.          Ce qui assure la constante d�finie dans l�appareil nerveux par le principe du plaisir qu�est-ce l��galit� de stimulation, l�isostime, dirai-je pour imiter (p157->) l�isobare et l�isotherme dont je parlais l�autre jour, ou l�isoresp, l�isorespons il est difficile de fonder quoique ce soit sur l�isostime, car l�isostime n�est plus une time du tout.         L�isoresp, le t�tage de l��galit� de r�sistance, voil� qui, dans le monde, peut d�finir cet isobare que le principe du plaisir conduira � l�organisme � filer.         Rien qui pousse dans tout cela, en aucun cas, � la recherche, � la saisie � la constitution d�un objet. Le probl�me de l�objet comme tel, est laiss� intact � toute cette conception organique d�un appareil  hom�ostatique, il est tr�s �tonnant qu�on en ai pas jusqu�ici marqu� la faille.         Freud ici, assur�ment a le m�rite de marquer que la recherche de l�objet est quelque chose qui n�est concevable qu�� introduire la dimension de la satisfaction . Ici, nous rebutons sur l��tranget� de ceci : qu�alors qu�il y a tellement de mod�les organiques de la satisfaction, � commencer par la r�pl�tion digestive, et aussi bien par quelques-uns des autres besoins qu�il �voque, mais dans un registre diff�rent, car il est remarquab1e que c�est pr�cis�ment en tant que ces sch�mas o� la satisfaction se d�finit comme non transform�e par l�instance subjective la satisfaction vorace, est quelque chose qui peut endormir le sujet, � la limite, mais assur�ment il est concevable que ce sommeil doit le signe subjectif de la satisfaction.           Combien est-il infiniment plus probl�matique, de pointer que l�ordre v�ritable de la satisfaction subjective est � chercher dans l�acte sexuel qui est pr�cis�ment le moins o� elle s�av�re le plus d�chir� et ceci au point que tous les autres ordres de satisfaction ceux que nous venons d��num�rer comme pr�sents dans l��vocation Freudienne, ne viennent prendre leur sens que mis dans une certaine d�pendance dont je d�fie quiconque de la d�finir, de la rendre concevable autrement qu�� le formuler en terme de structure dans une d�pendance dis-je, disons grossi�rement symbolique par rapport � la satisfaction sexuelle.           Voici les termes dans lesquels je vous propose le probl�me que je reprends aujourd�hui et qui consistent � tenter de vous donner l�articulation signifiante de ce qu�il en est de la r�p�tition impliqu�e dans 1�acte sexuel s�il est vraiment ce que j�ai dit, ce que la langue promeut pour nous, et ce qu�assur�ment notre exp�rience n�infirme pas, � savoir un acte, apr�s avoir insist� sur ce que l�acte comporte en lui-m�me de conditionn� d�abord par la r�p�tition qui lui est un terme.           Concernant 1�acte sexuel, j� irai plus loin, du moins pensai-je qu�il faille aller plus loin pour en saisir la port�e. La r�p�tition qu�il implique, comporte si nous suivons au moins l�indication de Freud, un �l�ment de mesure et d�harmonie qui est assur�ment ce qu��voque la fonction directrice que lui donne Freud, mais qui est ce qui par nous est � pr�ciser. Car s�il y a quelque chose que promeut n�importe laquelle des formulations analytiques c�est qu�en aucun cas, cette harmonie ne saurait �tre con�u de l�ordre du compl�mentaire, � savoir de la conjonction du m�le (p158->) et du femelle, aussi simple que ce1a figure sous te mode de la conjonction de la cl� et de la serrure ou de quoi que ce soit qui se pr�sente dans les modes habituels des symboles gammiques, tout nous indique et ici, je n�ai besoin que de faire �tat de la fonction fondamentale de ce tiers �l�ment qui tourne autour du phallus et de la castration, tout nous indique que le mode de la mesure et de la proportion implique dans l�acte sexuel est d�une tout autre structure pour dire le mot : plus complexe. C�est ce que la derni�re fois, en vous quittant, j�avais commenc� de formuler en �voquant, puisqu�il s�agit d�harmonie, le rapport dit anharmonique, ce qui fait que sur une simple ligne trac�e un segment peut �tre divis� de deux fa�ons par un point qui lui est interne, un point C entre A et B dont un rapport quelconque, par exemple 1/2, un autre point D, ext�rieur, peut r�aliser dans des segments d�termin�s entre lui, ce point D, par exemple, avec les points A et B du segment initial, la m�me proportion l/2.           D�j�, ceci nous avait paru plus propre � assurer ce dont il s�agit d�apr�s toute notre exp�rience, � savoir : le rapport d�un terme avec un autre terme qui se pr�sente pour nous comme lieu de l�unit�, de l�unit�, j�entends du couple, que c�est par rapport � l�id�e du couple 1� o� elle se trouve, je veux dire effectivement dans le registre subjectif que le sujet a � se situer dans une proportion qu�il peut trouver � �tablir en introduisant une m�diation externe � l�affrontement qu�il constitue comme sujet, � l�id�e du couple. Ceci n�est qu�une premi�re approximation et en quelque sorte le simple sch�ma qui nous permet de d�signer ce qu�il s�agit d�assurer, � savoir : la Fonction de cet �l�ment tiers que nous voyons para�tre � tout bout de ce qu�on peut appeler le champ subjectif dans la relation sexuelle qu�il s�agit, nous l�avons fait remarquer la derni�re fois, de ce qui subjectivement y appara�t de la fa�on la plus distante, � savoir son produit organique toujours possible qu�il soit consid�r� ou non comme d�sirable, que ce soit cet �l�ment au premier fait si diff�rent, oppos� et pourtant tout de suite conjoint � lui par l�exp�rience analytique, � savoir cette exigence du phallus qui parait si interne dans notre exp�rience � la relation sexue11e en tant qu�elle est v�cue subjectivement. L��quivalence enfant-phallus, n�est-ce pas quelque chose dont nous pouvons peut-�tre tenter de d�signer la pertinence dans quelque synchronie que nous devrions y d�couvrir et qui, bien s�r, ne veut pas dire : simu1tan�it� ?      Bien plus, cet �l�ment tiers n�a t-il pas quelque rapport avec ce que nous avons d�sign� comme la division de l�Autre lui-m�me le S (A), c�est pour vous conduire dans cette voie qu�aujourd�hui j�apporte la relation qui est d�un ordre bien autrement structur� que la simple approche harmonique que d�signait la fin de mon dernier discours, � savoir ce qui continue la vraie moyenne, et extr�me raison, qui n�est pas simplement le rapport d�un segment un autre en tant qu�il peut �tre deux fois d�fini d�une fa�on interne � leur conjonction, ou externe, mais le rapport qui pose � son d�part l��galit� du rapport du plus petit ou plus grand, �galit� dis-je de ce rapport, au rapport du plus grand � la somme des deux.    (p159->) Contrairement � l�ind�termination, � la parfaite libert� de ce rapport anharmonique qui n�est pas rien quant � l��tablissement d�une structure, car je vous rappelle que ce rapport anharmonique, nous avons d�j� eu l�ann�e derni�re � l��voquer comme fondamental � toute structure dite projective.

     Laissons-le maintenant, pour nous attacher � ceci, qui fait du rapport d�une extr�me et moyenne raison, non pas un rapport quelconque, si dirigeant, que celui-ci puisse �tre �ventuellement dans la manifestation des constances projectives, mais un rapport parfaitement d�termin� et unique, je dis : num�riquement parlant. J�ai pos� au tableau [javascript:; une figure] qui vous permet de donner � ce que j��nonce ainsi, son support.         Sur la droite les segments dont il s�agit : le 1er que j�ai appel� : a qui va, pour nous, �tre le seul �l�ment dont nous pourrons nous contenter pour �difier tout ce qu�il va en �tre de ce rapport de mesure ou de proportion, � cette seule condition, de donner � son correspondant vous le voyez, je ne veux pas donner des noms de lettres aux points indiqu�s pour ne pas donner de confusion, nous avons la valeur d�un, � condition de donner cette valeur Un � ce segment, nous pouvons nous contenter, dans ce dont il s�agit, � savoir le rapport dit de moyenne et extr�me raison, lui donner purement et simplement la valeur a, ce qui veut dire en l�occasion :      Nous avons pos� que le rapport a/1 est le m�me que le rapport de 1/(1 + a)

File:1+a.jpg

     Tel est ce rapport parfaitement fixe qui a des propri�t�s math�matiques extr�mement importantes que je n�ai ni le loisir ni l�intention de vous d�velopper aujourd�hui. Sachez simplement que son apparition dans la math�matique grecque co�ncide avec le pas d�cisif � mettre de l�ordre dans ce qu�il en est du commensurable et de l�incommensurable      En effet, ce rapport est incommensurable, c�est dans la recherche du mode sous lequel peut-�tre d�finie la fa�on dont se recouvre la succession des points donn�s par la s�rie �chelonn�e de deux unit�s de mesure incommensurab1es l�une � l�autre, � savoir : ce qui est le plus difficile � imaginer, la fa�on dont elles s�enchev�trent, si elles sont incommensurables.      Le propre du commensurable c�est qu�il y a toujours un point o� elles retomberont ensemble les deux mesures, du m�me pied.      Deux valeurs commensurables pourront toujours par un certain multiple diff�rent pour l�une et pour l�autre constituer la m�me grandeur. Deux valeurs incommensurables : jamais.    (p160->) Comment interf�rent-elles ? C�est dans la ligne de cette recherche qu�a �t� d�fini ce qui consiste � rabattre la plus petite dans le champ de la plus grande, et � se demander ce qui advient, du point de vue de la mesure, du reste qui est l�, qui est manifestement 1 - a, nous proc�deront de la m�me fa�on, nous 1a rabattrons a l�int�rieur de la plus grande, et ainsi de suite � l�infini, je veux dire, sans qu�on puisse arriver � ce que se termine ce processus, c�est en ceci que consiste pr�cis�ment l�incommensurable d�une relation pourtant si simple. De tous les incommensurables celui-ci est celui qui, si je puis dire, dans les intervalles, laisse toujours le plus grand �cart, simple indication que je ne puis ici, plus commenter.

     Quoiqu�il en soit, vous voyez qu�il s�agit de toutes fa�ons, de quelque chose qui dans cet ordre de l�incommensurable se sp�cifie d�une accentuation en m�me temps que d�une puret� de la relation toute sp�ciale.     A mon grand regret, car je pense que tous les boyaux de l�occultisme vont fr�mir � l�occasion, je suis bien oblig� par honn�tet� de dire que ce rapport � a � est ce qu�on appelle le nombre d�or, � la suite de quoi bien s�r, vont vibrer dans les tr�fonds de votre acquis culturel, quant � l�esth�tique notamment, l��vocation de tout ce que vous voudrez : les cath�drales, Albert D�rer, les creusets alchimiques et tous les autres trifouillages analogues !      J�esp�re pourtant, que le s�rieux avec lequel j�ai introduit le caract�re strictement math�matique de la chose, et ce qui d�une probl�matique qui ne donne nullement l�id�e d�une mesure ais�e � concevoir, vous avoir fait sentir qu�il s�agit d�autre chose.      Voyons maintenant quelles sont certaines des propri�t�s remarquables de ce � a �, je les ai �crites � gauche en haut.      Vous pouvez voir que le fait que 1 + a soit �gal � l�inverse de a, �tait d�j� suffisamment assur� dans les pr�mices donn�es par la d�finition de ce rapport. La notion qui consiste dans le rapport du plus petit au plus grand, nous donne cette formule qui est la m�me que cette formule fondamentale :

File:A=1.jpg

    Il est facile de voir les �galit�s dont le caract�re est caduque.     La chose importante � marquer est que le l - a peut �tre �gal� � 2. Que le 2 + a qui repr�sente ce qui se passe, quand au lieu d�involuer sur lui-m�me les rabattements des segments on les d�veloppe au contraire vers l�ext�rieur, � savoir : que le , � savoir ce qui correspondait � notre segment externe dans le (p161->) rapport anharmonique, il est �gal � 1, �tant obtenu par le d�veloppement ext�rieur du 1 que repr�sente la plus grande longueur, le a la m�me valeur que cette valeur initiale d�o� nous sommes partis, c�est-�-dire : a, c�est-�-dire ,      Telles sont les propri�t�s de la moyenne et extr�me raison en tant qu�elles peuvent nous permettre de comprendre quelque chose � ce dont il s�agit dans 1a satisfaction g�nitale.      Je vous l�ai dit, � a � est l�un des termes quelconques de cette relation g�nitale, je dis l�un des termes quelconques, quelque soit son sexe. La fille comme le gar�on dans le rapport sexuel l�exp�rience de la relation subjective en tant que l�analyse la d�finit comme oedipienne, la fille comme le gar�on y entrent d�abord comme enfant, autrement dit, comme d�ores et d�j� repr�sentant le produit (je ne donne pas ce terme au hasard, nous aurons � le reprendre par la suite en tant qu�il permet de situer comme diff�rent de ce qu�on appelle la cr�ation ce qui de nos jours circule comme vous le savez partout et m�me � tort et � travers sous le nom de : production).      C�est de ce qui doit �tre propos� � la pens�e que ce rapport qui doit �tre d�fini du sujet comme tel � ce qu�il en est de la production. Quoique ce soit, je dis dans une dialectique du sujet qui puisse �tre avanc�e, o� l�on ne voit pas comment le sujet lui-m�me peut �tre pris comme production, tout ceci est pour nous sans valeur, ce qui ne veut pas dire qu�il ne soit pas si ais� d�assurer � partir de cette racine, ce qu�il en est de la production.      C�est si peu facile � assurer, qu�il y a quelque chose dont assur�ment un esprit non pr�venu pourrait bien s��tonner, c�est le remarquable silence o� se tient la psychanalyse concernant cette d�licate question qui est pourtant, je dois dire qui � couratte �  un tant soit peu dans notre vie journalistique, domestique, journali�re et tout ce que vous voudrez, m�me mercantile, qui s�appelle : le birth-contr�le. On a encore jamais vu un analyste dire ce qu�il en pensait.      C�est tout de m�me curieux dans une th�orie qui pr�tend avoir quelque chose � dire sur la satisfaction sexuelle ! Il doit bien y avoir quelque chose de ce c�t� l� qui a le plus �troitement � faire avec la religion (de fa�on pas commode) du verbe puisque assur�ment apr�s les espoirs tr�s �tonnants concernant la lib�ration de la loi qui correspond � la g�n�ration paulinienne dans l��glise, il semble que dans la suite beaucoup d��nonciations dogmatiques se soient infl�chies au nom de quoi ? Mais de 1a production, de la production d��mes, non de la production des �mes, c�est annonc�e comme tr�s proche du passage de l�humanit� � la b�atitude, a subi me semble-t-il, un certain atermoiement. Mais i1 ne faut pas croire que (p162->) le probl�me se limite � la sph�re religieuse, une autre annonce ayant �t� apport�e de la lib�ration de l�homme, il semble que la production des prol�taires ait jou� quelque r�le dans les formes pr�cises que ce sont trouv�es prendre les soci�t�s socialistes � partir d�une certaine id�e de l�abolition de l�exploitation de l�homme par l�homme.      Du c�t� de cette production l� il ne semble pas qu�on soit arriv� � une mesure beaucoup plus claire quant � ce qu�on produit, de m�me que le champ chr�tien au nom de la production d��mes a laiss� para�tre au monde des �tres dont le moins qu�on puisse dire que la qualit� an�mique est bien m�l�e, de m�me au nom de la production des prol�taires il ne semble pas qu�il vienne au jour autre chose que ce quelque chose de respectable certes, mais qui a ses limites et qu�on pourrait appeler la production de cadres.      Cette question de la production et du statut du sujet en tant que produit, nous le voil� pr�sentifi� au niveau de quelque chose qui est bien la premi�re pr�sentification de l�Autre en tant que c�est la m�re. On sait 1a valeur de fonction unifiante de cette pr�sence de la m�re. On le sait tellement bien que toute la th�orie et la pratique analytique y a litt�ralement bascul� et a compl�tement succomb� � sa valeur fascinante.      Le principe et l�origine de ceci, vous avez pu l�entendre soutenir dans un d�bat qui a termin� notre ann�e derni�re, toute la situation analytique a �t� conçue comme reproduisant id�alement, je veux dire comme se fondant l�id�al de cette fusion unitive ou de cette unification fondante qui est cens�e avoir uni pendant 9 mois (je l�ai rappel� la derni�re fois) l�enfant et de la m�re. Assur�ment, c�est pr�cis�ment de ne pas faire de cette union de l�enfant et de la m�re de quelque fa�on que nous la qualifions que nous en fassions ou non la fonction du narcissisme primaire, ou simplement le lieu �lu de la frustration et de la gratification, c�est pr�cis�ment de ceci qu�il s�agit : c�est-�-dire non pas de r�pudier ce registre mais de le remettre � sa juste place que vont ici nos efforts th�oriques, c�est en tant qu�il est quelque part, et je dis au niveau de 1a confrontation sexuelle, cette premi�re affirmation de l�unit� du couple comme constitu�e par ce que l��nonciation religieuse a formul� comme l�une seule chair, quelle d�rision ! Qui peut affirmer en quoi que ce soit que dans l��treinte dite g�nitale l�homme et la femme fassent une seule chair ? Si ce n�est que l��nonciation re1igieuse ici recourt � ce qui est mis par l�investigation analytique � ce qui, dans la conjonction sexuelle est repr�sent� par le p�le maternel.      Je me r�p�te, ce p�le maternel dans le mythe oedipien semblait se confondre, donner purement et simplement le partenaire du petit mal, n�a en r�alit� rien � faire avec l�opposition m�le-femelle, car aussi bien, la fille que le gar�on a � faire � ce lieu maternel de l�unit� comme lui repr�sentant ce � quoi il est confront� au moment de l�abord de ce qu�il en est de la conjonction sexuelle.     Pour le gar�on comme pour la fille, ce qu�il est comme produit, comme � a �, � (p163->) se confronter avec l�unit� instaur�e par l�id�e de l�union de l�enfant � la m�re et c�est dans cette confrontation que surgit ce 1 - a qui va nous apporter cet �l�ment tiers en tant qu�il fonctionne �galement comme signe d�un manque o� si vous voulez encore, pour employer le terme humoristique de la petite diff�rence, de la petite diff�rence qui vient jouer 1e r�le capita1 dans ce qu�il en est de la conjonction sexuelle en tant qu�elle int�resse le sujet.      Bien s�r, l�humour, ou le sens commun comme vous voudrez, fait de cette petite diff�rence le fait que comme on dit les uns en ont une et les autres, pas. Il ne s�agit nullement de ceci en fait, car le fait de ne pas l�avoir joue pour la femme, comme vous le savez, un r�le aussi essentiel, un r�le aussi m�diateur et constitutif dans l�amour que pour l�homme. Comme Freud l�a soulign�, il semble que son manque affectif lui conf�re l� quelques avantages.      C�est ce que je vais essayer de vous articuler maintenant.      En effet, que voyons-nous, si ce n�est que, comme nous l�avons dit tout � l�heure, l�extr�me raison du rapport, autrement dit, ce qui le reproduit � son ext�rieur va ici nous servir sous la forme du 1 qui donne et reproduit 1a juste proportion, celle d�finie par � a � � l�ext�rieur du rapport ainsi d�fini comme le rapport sexuel. Pour que l�un des partenaires se pose vis-�-vis de 1�autre comme un Un � �galit�, en d�autres termes pour que s�institue la diode du couple, nous avons ici, dans ce rapport ainsi inscrit dans la mesure de la moyenne et extr�me raison le support, � savoir ce second Un qui est inscrit � droite et qui redonne par rapport � l�ensemble, � condition que soit maintenu ce terme tiers du � a �, la proportion.      C�est l� que r�side ceci, que nous pouvons dire que dans la relation sexuelle c�est pour autant que le sujet arrive � se faire l��gal de l�Autre, ou � introduire dans 1�Autre 1ui-m�me la r�p�tition du 1 qu�il se trouve en fait � reproduire le rapport initial, celui qui maintient toujours instant cet �l�ment tiers, qui, ici est formul� par le � a �  lui-m�me. Autrement dit nous retrouvons le m�me proc�s que j�avais indiqu� l�autre fois :

File:AS.jpg

comme faisant partie du rapport du sujet au A en tant que sous le mode o� le division se produit le est donn�, que par rapport � ce A c�est un qui vient s�inscrire et que le reste y est donn� par un � a � qui en est l��l�ment irr�ductible. (p164->)          Qu�est-ce � dire ? c�est que nous commen�ons de concevoir comment il peut se trouver qu�un organe si local si je puis dire, et en apparence fonctionnel comme le p�nis puisse ici venir jouer un r�le o� nous pouvons entrevoir ce qu�il en est de la v�ritab1e nature de la satisfaction dans la relation sexuelle. Quelque chose en effet, quelque part dans la relation sexuelle, peut symboliser si l�on peut dire 1��limination de ce reste. C�est en tant qu�organe si�ge de la d�tumescence que quelque part, le sujet peut avoir l�illusion, (assur�ment trompeuse, mais pour �tre trompeuse elle n�est pas moins satisfaisante,) qu�il n�y a pas de reste ou tout au moins qu�il n�y a qu�un reste parfaitement �vanouissant. Ceci serait � la v�rit�, de l�ordre du comique et certes y appartient puisque c�est l� en m�me temps ce qui donne sa limite � ce qu�on peut appeler la jouissance en tant que la jouissance serait au centre de ce qu�il en est dans la satisfaction sexuelle. Tout le sch�me qui supporte fantastiquement l�id�e de la d�charge dans ce qu�il en est des tensions pulsionnelles, est en r�alit� support� par ce sch�me o� l�on voit sur la base de la fonction de la d�tumescence s�imposer cette limite � la jouissance.      C�est bien l� la face la plus d�cevante qu�on puisse supposer � une satisfaction si en effet ce dont il s�agissait �tait purement et simplement de la jouissance. Mais chacun sait que s�il y a quelque chose qui est pr�sent dans la relation sexuelle c�est l�id�al de la jouissance de l�autre, et aussi bien ce qui en constitue l�originalit� subjective, car il est un fait, c�est qu�� nous limiter aux fonctions organiques, rien n�est plus pr�caire que cet entrecroisement des jouissances, s'il y a bien quelque chose que nous r�v�le l�exp�rience, c�est l�h�t�rog�n�it� radicale de la jouissance m�le et de la jouissance femelle, c�est bien pour cela qu�il y a tellement de bonnes �mes occup�es plus ou moins scrupuleusement � v�rifier la stricte simultan�it� de leur jouissance avec celle du partenaire, � combien de ratages de leurres et de tromperies ceci pr�te, ce n�est pas aujourd�hui que j�ai r�ussi � en �taler l��ventail.      Il s�agit de tout autre chose que de ce petit exercice d�acrobatie �rotique. On sait quelle place ceci a tenu dans un certain verbiage psychanalytique, si quelque chose vient se fonder autour de la jouissance de l�Autre c�est que pour autant la structure que nous avons �nonc�e fait aujourd�hui surgir le fant�me du don. C�est parce qu�elle n�a pas le phallus que le don de la femme prend une valeur privil�gi�e quant � l��tre, et qui s�appelle l�amour qui est, comme je l�ai d�fini : le don de ce qu�on a pas.      Dans la relation amoureuse la femme trouve une jouissance qui est si l�on peut dire de l�ordre de causa sui pour autant qu�en effet ce qu�elle donne sous la forme de ce qu�elle n�a pas est aussi la cause de son d�sir elle devient ce qu�elle cr�e de fa�on purement imaginaire, et justement ceci qui la fait objet pour autant que dans le mirage �rotique elle peut �tre le phallus, l��tre et � la fois ne pas l��tre, ce qu�elle donne de ne pas l�avoir, devient je viens de vous le dire, la cause de son d�sir. Seule, peut-on dire � cause de cela, la femme boucle de fa�on satisfaisante la conjonction g�nitale, mais bien s�r, dans la mesure ou d�avoir fourni l�objet qu�elle n�a pas elle n�y dispara�t dans cet objet, je veux dire que cet objet ne (p165->) dispara�t la laissant � la satisfaction de sa jouissance essentielle que par le truchement de la castration masculine, de sorte qu�en somme elle, elle n�y perd rien puisqu�elle n�y met que ce qu�elle n�a pas et que litt�ralement elle le cr�e, c�est pour cela que c�est toujours par identification � la femme que la sublimation produit l�apparence d�une cr�ation.     C�est toujours sous le mode d�une gen�se obscure certes avant que je ne vous en expose ici les lin�aments, mais tr�s strictement li�e au don de l�amour f�minin en tant qu�il cr�e cet objet �vanouissant et en plus en tant qu�il lui manque qu�est le phallus tout-puissant, c�est en ceci qu�il peut y avoir quelque part dans certaines activit�s humaines qu'il nous restera � examiner selon qu�e11es sont mirages ou non de qu�on appelle, cr�ation ou po�sie par exemple.     Le phallus est donc bien, si vous le voulez par un c�t�, 1e p�nis mais c�est en tant que c�est sa carence par rapport � la jouissance qu�il fait la d�finition de la satisfaction subjective � laquelle se trouve remise 1a reproduction de la vie.     En fait, dans l�accouplement le sujet ne peut r�ellement poss�der le corps qui l��treint, il ne sait pas les limites de la jouissance possible, je veux dire de celle qu�il pourrait avoir du corps de l�Autre comme tel, car ces 1imites sont incertaines et c�est tout ce qui constitue cet au-del� que d�finissent scoptophyllie et sadisme, que la d�faillance phallique prend valeur toujours renouvel�e, d��vanouissement de l��tre du sujet, voil� ce qui est l�essentiel de l�exp�rience masculine et ce qui fait comparer cette jouissance � ce qu�on appelle le retour de la petite mort. Cette fonction �vanouissante elle, beaucoup plus directe, directement �prouv�e dans la jouissance masculine est ce qui donne au m�le le privil�ge d�o� est sortie l�illusion de la pure subjectivit�, s�il est un instant un quelque part o� l�homme peut perdre de vue la pr�sence de l�objet tiers, c�est dans ce moment �vanouissant o� il perd parce qu�il d�faille ce qui n�est pas seulement son instrument, mais pour lui comme pour la femme, l��l�ment tiers de la relation du couple, c�est � partir de l� que se sont �difi�es avant m�me l�av�nement de ce que nous appe1ons ici le statut de la pure subjectivit� toutes les illusions de la connaissance.     L�imagination du sujet de la connaissance qu�elle soit avant ou apr�s l��re scientifique est une forgerie de m�le et de m�le en tant qu�il participe de l�impuissance qu�il nie le moins quelque chose autour de quoi se fait l�effet de causation du d�sir, qui prend ce moins pour un z�ro, nous l�avons d�j� dit, prendre le moins pour un z�ro c�est le propre du sujet, et le nom propre est ici fait pour marquer la trace.     (p166->) Le rejet de la castration, marque le d�lire de la pens�e, je veux dire l�entr�e de la pens�e du je comme tel dans le r�el, qui est ce qui constitue dans notre premier quadrangle le statut du " je ne pense pas " en tant que seul 1e soutient la syntaxe.     Voil� ce qu�il en est pour la structure de ce que permet d��difier ce que Freud nous d�signe autour de la satisfaction sexue11e dans son rapport avec le statut du sujet.     Nous en resterons l� pour aujourd�hui d�signant pour la prochaine fois ce que nous avons avanc� maintenant sur la fonction de l�acting-out.         note : bien que relu, si vous d�couvrez des erreurs manifestes dans ce s�minaire, ou si vous souhaitez une pr�cision sur le texte, je vous remercie par avance de m'adresser un [mailto:gaogoa@free.fr �mail].
[#J.LACAN Haut de Page] (relu le 13-11-2004)
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