Text/Jacques Lacan/LF14121966.htm

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J.LACAN                      gaogoa

[LF07121966.htm <] [LF21121966.htm >]

XIV- La logique du fantasme. 1966-1967

version rue CB

14 d�cembre 1966                       [#note note]  

(p45->) Parlons de petites nouvelles. Une chose curieuse : la fa�on dont ce livre est accueilli dans une certaine zone, celle que vous repr�sentez.

Je vais partir d'une question idiote qui m'a �t� pos�e, ce n'est pas ce qu'on pourrait croire, je veux dire d'une fa�on qui me d�plairait, j'adore les idiots et les idiotes. Ce que j'appelle idiot est naturel, un idiotisme est quelque chose de naturel, simple et tr�s souvent li� � la situation. La personne n'avait pas ouvert mon livre et me demandait : " quel est le lien entre vos "�crits " ?

Question qui ne me serait pas venue � l'id�e � moi tout seul. Question qui ne pouvait pas me venir � l'id�e. Question int�ressante � laquelle je fais tout mes efforts pour r�pondre comme elle m'a �t� pos�e. Elle �tait pour moi source d'une v�ritable interrogation et pour aller vite, j'y ai r�pondu en ces termes : que ce qui me semblait faire le lien non � mon enseignement, mais � mes �crits � quelqu'un qui va les ouvrir c'est ce � quoi de l'ordre de ce qu'on appelle l'identit�, chacun est en droit de se rapporter pour se l'appliquer � soi-m�me.

Je veux dire, depuis le stade du miroir, jusqu'aux derni�res notations de ce que j'ai pu �crire sous la rubrique du sujet.

Cette ann�e, j�ai cru devoir, parlant de la logique du fantasme, partir de cette remarque qui pour les familiers d�ici n�a rien de nouveau : que 1e signifiant ne saurait se signifier lui-m�me. Ce n�est pas tout � fait la m�me chose que cette question portant sur 1a sorte d�identit� pour le sujet, pourrait lui �tre � soi-m�me applicable.

    Mais enfin pour dire les choses de fa�on qu�elles r�sonnent, le d�part qui reste un lien jusqu�au terme de ce recul est bien quelque chose de profond�ment discut� tout au long de ces �crits et qui s�exprime dans cette formule qui vient � tout et qui s�y maintient, je dois dire avec une regrettable certitude et qui s�exprime ainsi " moi je suis moi ". Je pense qu�il est peu d�entre vous qui n�aient pas � lutter pour mettre cette conviction en branle, quand m�me l�auraient-ils ray� de 1eurs papiers, il n�en reste pas moins qu�elle est toujours fort dangereuse. En effet, il s�engage tout de suite, la voie o� l�on glisse et celle-ci que j�ai signal�e � nouveau cette ann�e qui se pose de la fa�on 1a plus naturelle, les m�mes qui ont �tabli cette certitude si fortement, n�h�sitent pas � trancher aussi l�g�rement ce qui n�est pas d�eux. Ce n�est pas le privil�ge des b�b�s de dire : ce n�est pas moi.

  (
p46->)

    De m�me, tout une th�orie de la gen�se du monde pour chacun qui s�appelle psychologue, que les premiers pas de l�exp�rience feront pour celui qui le vit, l��tre infans, puis ensuite infantile, qu�il fera la distinction dit 1e professeur de psychologie entre le moi et le non-moi, une fois engag� dans cette voie il est bien clair que la question ne saurait avancer d�un pas, puisque s�engager dans cette opposition comme si elle �tait consid�r�e comme tranchable entre le moi et le non-moi avec la seule limite d�une n�gation comportant en plus le tiers exclu, il est tout � fait hors de champ, ce qui est la seule question importante, c�est � savoir : si moi je suis moi.

    Il est certain qu�� ouvrir mon livre, tout lecteur sera serr� dans ce lien, et que ce n�est pas pour autant une raison pour qu�il s�y tienne, car ce qui est nou� par ce lien lui donne assez d�occasion de s�occuper d�autre chose, des choses qui s��clairent d��tre serr�es dans ce 1ien et donc de glisser encore hors de son champ, c�est ce qui est concevable en ceci : que ce n�est pas sur le terrain de l�identification elle-m�me que la question peut �tre vraiment r�solue. C�est justement � reporter non seulement cette question, mais tout ce qu�elle int�resse en particulier, la question de l�inconscient qui pr�sente, i1 faut le dire, des difficult�s qui sautent plus imm�diatement aux yeux. Quant � savoir � quoi il convienne de 1�identifier, c�est sur cette question de l�identification et non seulement sur le sujet, que nous employons la r�f�rence, la structure et qu�il ne faut pas partir de que1que chose d�externe, et qu�il faut situer dans le champ de l�identification, � savoir, la remarque : que nul signifiant ne saurait se signifier lui-m�me.

    Puisqu�il s�agit de structure, pour vous expliquer certains �l�ments dont ce n�est certes pas ma faute si ce n�est pas � votre port�e, pour que ce soit consid�r� comme acquis quand je vous parle de v�rit� premi�re, je vous fais le choix de ce qu�on appelle un groupe.

    Il s�agit du groupe de Klein pour autant que c�est un groupe d�fini par un certain nombre d�op�rations, il n�y a pas p1us de trois, ce qui r�sulte d�elles se d�finit par une s�rie d��galit�s tr�s simples entre deux d�entre elles et un r�sultat qui peut-�tre obtenu autrement, c�est-�-dire par l�un des autres, l�un par l�autre, les deux par exemple.  

    Symbolisez par des r�seaux, la couleur rose correspond � une seule et m�me op�ration, 1e trait bleu �galement.

    Chacune de ces op�ration que je peux laisser dans l�ind�termination (p47->) compl�te, chacune se trouve � 7 places diff�rentes dans le r�seau. La relation entre ces trois op�rations qui sont a b c, toutes sont des op�rations involutives. La plus simple pour repr�senter ce type d�op�ration est par exemple : la n�gation. Vous niez qu�il y ait quelque chose, vous mettez le signe de la n�gation sur quelque chose, qu�il s�agisse d�un pr�dicat ou d�une proposition, il n�est pas vrai que vous refaites une n�gation sur ce que vous venez d�obtenir, l�important est de poser qu�il y a un usage de la n�gation o� peut-�tre admis ceci : non pas comme on vous l�enseigne, que 2 n�gations valent une affirmation nous ne savons pas de quoi nous sommes partis. Mais de quoi que se soit que nous soyions partis, cette sorte d�op�ration dont je vous donne l�indication, l�ensemble a pour r�sultat : z�ro .

    C�est comme si on avait rien fait, c�est ce que je veux dire par : l�op�ration est involutive.

 aa = 0
bb = 0
cc = 0

    Si en faisant se succ�der les lettres, l�op�ration involutive se r�p�te, chacune est �quivalente � : z�ro. Z�ro par rapport � ce que nous avions avant, si nous avions : 1 aa, il y aura toujours 1 .

    Ceci vaut la peine d��tre soulign�, i1 peut y avoir d�autres op�rations que la n�gation qui ont ce r�sultat, supposez qu�il s�agisse du changement de signe, ce n�est pas pareil que la n�gation.

ab  = c 
ac  = b
 ac  = b

au d�but j�aurai moins 1, ayant fait fonctionner le moins 1, ces deux op�rations seront invo1utives et profond�ment � z�ro comme r�sultat, il suffit de consid�rer ce diagramme.

    Comme certaines exigences intuitives qui peuvent �tre les v�tres, aimeraient � se mettre quelque chose sous la dent, je vous propose de vous rapporter � un article paru dans la revue les Temps Modernes, sur la structure en math�matique, qui pourrait �tre plus �tendu mais qui, sous la courte surface choisie, vous m�che les choses avec un soin extr�me, 24 pages o� l�on proc�de pas � pas. Exercice n�anmoins utile pour ceux qui aiment les longueurs, exercice qui peut vous assouplir � ce groupe de KIein.

    Si je vous le pr�sente, il va nous rendre quelques services si nous partons de la structure, vous vous souvenez de certains des pas autour desquels je l�ai fait tourner, assez pour qu�il puisse vous venir � l�id�e que le fonctionnement d�un groupe assez structur� qui pour fonctionner peut se contenter de 4 �l�ments, lesquels sont repr�sent�s ici sur le r�seau qui le supporte par les points sommets o� se rencontrent les ar�tes de cette figure que vous voyez inscrite.

(p48->)

    Observez que cette figure n�a aucune diff�rence avec celle que je vous donne ici rapidement et qui pr�sente 4 sommet, chacune ayant 1a propri�t� d��tre li�e aux 3 autres du point de vue de la structure, c�est la m�me. Nous n�aurons qu�� rejoindre les sommet 2 par 2 pour voir que c�est la m�me structure. Le point m�dian de cette structure n�a aucun privil�ge, l�avantage de le marquer autrement est qu�il n�y a pas de privil�ge. L�autre figure a encore un autre avantage, c�est de vous faire toucher du doigt qu�il y a l� quelque chose entre autres, que la notion de relation proportionnelle pour la couvrir enti�rement. Quelque chose fonctionne, d�autres structures, selon la loi du groupe de Klein, il s�agit pour nous de savoir si la fonction que j�ai introduite sous les termes comme celui de la fonction de la m�taphore telle que je l�ai repr�sent�e par la structure.

File:Formule.jpg

S est un signifiant en tant qu�il se pose dans une certaine position qui est la position m�taphorique ou de substitution par rapport � un autre signifiant, venant donc se substituer � S�, quelque chose se produit pour autant que le 1ien S� est conserv� comme possible � refouler, vient en r�sulter cet effet d�une nouvelle signification. Autrement dit : un effet de signifi�. Deux signifiants sont en cause, deux positions de l�un de ces signifiants et un �l�ment h�t�rog�ne, le l/4 �l�ment de s, signifi�, qui est r�sultat de la m�taphore, que j�inscris ainsi que S en tant qu�il est venu remplacer, S� devient le facteur d�un S parenth�se, que j�appelle l�effet m�taphorique de signification.

    Vous le savez, je donne une importance � cette structure pour autant qu�elle est fondamentale pour expliquer la structure de l�inconscient, c�est � savoir que dans le moment consid�r� comme premier, originel de ce qui est 1e refoulement, il s�agit dis-je, puisque c�est le mode qui m�est propre de le pr�senter, d�un effet de substitution signifiante � l�origine. Origine logique, et non d�autre chose. Ce qui est substitu� a un effet penchant de la langue qui peut nous permettre de nous exprimer de fa�on fort vive : le substitut a pour effet de substituer ce � quoi il se substitue.

    (p49->)Il se trouve que du fait de ces substitutions dans la position que l�on imagine tr�s � tort, �tre effac�e est simplement substitu�e, 1a position que je vous traduis : l�unterdr�ck de Freud, qu�est-ce donc alors que le refoulement ?

    Si paradoxal qu�apparaisse le refoul� au niveau de cette th�orie, il ne se supporte, n�est �crit qu�au niveau de son retour.

    C�est en tant que le signifiant extrait de 1a formule de 1a m�taphore vient en liaison dans la cha�ne avec ce qui a constitu� le substitut que nous touchons du bout du doigt le refoul�, autrement dit : le repr�sentant de la repr�sentation premi�re en tant qu�elle est li�e au fait premier, logique, du refoul�.

    Est ce que1que chose dont vous sentez tout � fait imm�diatement le rapport avec la forme non pas identique, mais parall�le que le signifiant est ce qui repr�sente un sujet pour un autre signifiant, doit vous appara�tre ainsi, la m�taphore du fonctionnement de l�inconscient.

    Le S en tant qu�il ressurgit pour permettre le retour du S� refoul�, le S se trouve repr�senter le sujet de l�inconscient au niveau de quelque chose d�autre qui est l�, ce � quoi nous avons � faire et dont nous avons � d�terminer l�effet comme effet de signification et qui s�appelle  le sympt�me. C�est � ceci que nous avons � faire, et qu�il �tait n�cessaire de rappeler pour autant que cette formule � 4 termes, cellule, le noyau o� nous appara�t la difficult� propre d��tablir du sujet une logique primordiale comme telle, en tant que ceci vient rejoindre ce que d�autres auront par d�autres disciplines, pu parvenir � un point de rigueur sup�rieur, celle de la logique math�matique, s�exprimant en ceci : qu�il n�est plus tenable maintenant de consid�rer qu�il y ait un univers du discours. II est clair que dans le groupe de Klein, rien n�implique cette faille de l�univers du discours, mais rien n�implique non plus que cette faille n�y soit pas, car le propre de cette faille dans l'univers du discours, c�est que si elle est manifest�e en certains points de paradoxes qui ne sont pas toujours si paradoxaux que �a, je l�ai dit, le pr�tendu paradoxe de Russel, n�en est pas un. Que l�univers ne se ferme pas. Rien n�indique � l�avance une structure si fondamentale dans l�ordre des r�f�rences structurantes que le groupe de Klein ne nous permet pas de saisir d�une fa�on appropri�e, nos op�rations ne nous permettent pas de supporter de quelque fa�on, ce qu�il s�agit de supporter, c�est-�-dire en l�occasion, c�est l� ma vis�e d�aujourd�hui : le rapport que nous pouvons donner � notre exigence de donner sont statut structural � l�inconscient avec le cogito cart�sien.

    Ce cogito cart�sien, ce n�est pas chose � dire, que de remarquer que je  ne l�ai pas choisi au hasard c�est parce qu�il se pr�sente comme une aporis, une contradiction radicale au statut de l�inconscient que tant de d�bats ont d�j� tourn� autour du statut pr�tendu fondamental de la conscience de soi. Mais s�il se trouvait apr�s tout, que ce cogito se pr�sente comme �tant le meilleur envers du pr�tendu statut de l�inconscient, il y aurait peut-�tre quelque chose de gagn�, (p50->) comme nous pouvons pr�sumer que ce n�est point invraisemblable qu�il pouvait m�me se concevoir. Ce n�est pas une formulation, mais une d�couverte de ce qu�il en est de l�inconscient avant l�av�nement, avant l�inauguration du sujet de l�inconscient en tant que ce sujet est co-extensif de l�av�nement de la science.

    Rappelez-vous le point dont je vous ai signal� l�int�r�t : ce graphe auquel vous pouvez vous reporter dans mon livre, tel qu�il est d�velopp� au niveau de l�article subversion du sujet et dialectique du d�sir.

    Qu�est-ce que veut dire ce qui se trouve au niveau de la cha�ne sup�rieure, et � gauche de ce graphe ?. Nous avons la marque, ou l�indice : S (A). Je n�ai pas port� assez de commentaires pour qu�aujourd�hui je n�ai pas l�occasion de faire remarquer qu�il s�agit � cette place du graphe, S du signifiant en tant qu�il serait l��quivalent de la pr�sence de ce que j�ai appel� l�un en trop, qui est aussi ce qui manque dans la cha�ne signifiante pour autant tr�s pr�cis�ment, qu�il n�y a pas d�univers du discours. Ceci veut dire qu�au niveau du signifiant, cet un en trop, qui est du m�me coup le signifiant du manque, qui est ce dont il s�agit et qui doit �tre maintenu comme essentiel concernant la fonction de la structure, pour autant qu�e1le nous int�resse bien entendu, si nous suivons la trace o� jusqu�� pr�sent je vous ai tous emmen�s, que l�inconscient est structur� comme un langage.

    Dans un certain lieu, para�t-il, on m�a rapport� que quelqu�un (dont il ne me d�plairait pas qu�il vienne ici), commence ses cours sur l�inconscient en disant : " s�il y a quelqu�un pour qui l�inconscient est structur� comme un langage, il peut sortir tout de suite ! "

    Je vais vous dire comment ces choses sont comment�es au niveau des b�b�s. On m�en a rapport� une : on discute de ceci, de cela, ce ceux gui ne sont pas d�accord, il y en a un qui a dit : " l� comme ailleurs, il y a les Afreud ".

    Avant mon interview � la radio, une voix anonyme � qui on a demand� s�il fallait lire Freud, a r�pondu : " aucun besoin, il y a la technique .. " Freud ce n�est pas n�cessaire de s�en occuper, il y a des endroits o� afreud ou pas on ne s�occupe gu�re de Freud.

    Ce signifiant qui conserve le un en trop de la cha�ne signifiante comme te11e, en tant qu��crit, est pour nous le tenant lieu de l�univers du discours, car c�est bien de ceci qu�il s�agit, il s�agit de ce qui est pour le d�part de cette ann�e notre fil  conducteur, que c�est en tant que nous traitons le langage et l�ordre qu�il nous propose comme structure par le moyen de l��criture, que nous pouvons mettre en valeur qu�il en r�sulte la d�monstration au plan �crit, de la non existence de cet univers du discours. Si la logique n�avait pas pris les voies qu�e1le a pris, dans la logique moderne, c�est-�-dire de traiter les probl�mes logiques en 1es purifiant jusqu�� la derni�re limite de l��l�ment intuitif qui a pu pendant des si�cles rendre si satisfaisante la logique d�ARISTOTE qui de cet �l�ment intuitif retenait une grande (p51->) part, la rendre si s�duisante que pour Kant lui-m�me il n�y avait rien � ajouter � cette logique d�ARISTOTE, alors qu�i1 a suffi de laisser passer quelques ann�es pour voir qu�� seulement tenter de traiter ces probl�mes par cette transformation qui r�sultait de l�usage de l��criture telle qu�e11e �tait r�pandue et nous avait rompu � ses formules par le moyen de l�alg�bre que tout vint � pivoter et changer de sens dans la structure, c�est-�-dire � nous permettre de poser les probl�mes de la logique tout autrement en atteignant ce qui, 1oin de diminuer sa valeur, est pr�cis�ment ce qui lui donne toute sa valeur en atteignant ce qui en elle est pure structure, ce qui veut dire : structure : effet de langage.

    C�est donc de cela qu�il s�agit, et qu�est-ce que �a veut dire ce S avec dans la parenth�se ce A ? Si �a ne veut pas dire au niveau o� nous en sommes, la d�signation par un signifiant de ce qu�il en est de l�un en trop.

    Mais alors, allez vous me dire, ou je l�esp�re, allez-vous retenir de dire, car bien s�r puisque toujours nous sommes sur le fil, sur le tranchant de l�identification, de m�me que tout naturellement la bouche de la personne na�ve que vous commencez d�endoctriner : moi je ne suis pas moi, alors, dit-elle : qui est moi ? Cette invisible renaissance du mirage de l�identit� du sujet, pouvons-nous dire, est-ce qu�� faire fonctionner ce signifiant de 1�un en trop, nous ne pourrons pas comme si l�obstacle �tait visible et comme si nous mettions dans la circulation de la cha�ne ce qui ne peut y entrer, � savoir : le catalogue. Catalogue des catalogues qui ne se contiennent pas eux-m�mes . Par cons�quent d�valorisant.

    Ce n�est pas de �a qu�il s�agit, car dans la cha�ne signifiant que nous pouvons consid�rer comme la s�rie de lettres qui existent en fran�ais, c�est pour autant qu�� chaque instant pour qu�une quelconque de ces lettres puisse tenir lieu de toutes les autres qu�il faut qu�elle s�y barre, que cette barre est tournante et verticalement frappe chacune de ces lettres que nous avons ins�r�es dans la cha�ne, la fonction de l�un en trop parmi les signifiants, mais ces signifiants en trop l��voquent comme telle pour peu que nous la mettions hors de la parenth�se, l�indication signifiante de 1a fonction de l�un en trop comme tel est possible non seulement est possible, mais est ce qui va se manifester comme possibilit� d�une intervention directe de la fonction du sujet, en tant que le signifiant est ce qui repr�sente un sujet pour un autre signifiant,

    Tout ce que nous faisons qui ressemble � ce S (A) ne r�pond rien moins qu�� la fonction de l�interpr�tation.

    Va se juger conform�ment au syst�me de la m�taphore, par l�intervention dans la cha�ne de ce signifiant qui lui est  immanent, comme un en plus, un en plus susceptible d�y produire cet effet de m�taphore qui sera ici.

    Est-ce par un effet de signifi� comme semble l�indiquer la m�taphore, que l�interpr�tation op�re ? Assur�ment la formule par un effet de signification (p52->) dont cet effet est � pr�ciser au niveau de sa structure logique, au sens technique du terme, je veux dire que la suite de ce discours que je vous tiens vous pr�cisera les raisons pour lesquelles cet effet de signification se pr�cise, se sp�cifie et va pr�ciser l�interpr�tation comme un effet de v�rit�. Mais aussi bien, ceci n�est que point, jalon, sur 1a route apr�s quoi s�ouvre une parenth�se pour vous donner l�-dessus tous les motifs qui me permettent de pr�ciser ainsi 1�effet de l�interpr�tation.

Entendez-bien que je dis : effet de v�rit�, qu�il ne saurait d�aucune fa�on �tre pr�jug� de la v�rit� de i�interpr�tation, je veux dire si l�indice vrai ou faux peut �tre ou non la v�rit� au signifiant de l�interpr�tation elle-m�me.

    Ce signifiant jusqu�ici n��tait qu�un signifiant en plus, voire, en trop, signifiant de que1que manque, comme manque � l�univers du discours.

    Je dis que l�effet est effet de v�rit�. Si je vous ai fait la remarque dans l�ordre de 1�implication en tant qu�implication mat�rielle, c�est-�-dire en tant qu�il existe ce qu�on appelle la cons�quence dans la cha�ne signifiant, ce qui ne veut rien dire. Je vous fais remarquer qu�il n�y a aucun obstacle pour que ce soit cot� de l�indice de v�rit�, � ce qu�un(e) pr�misse soit faux pourvu qu�une conclusion soit vraie, suspendez votre esprit sur ce que j�ai appel� effet de v�rit�, afin que nous puissions en dire plus long sur ce qu�il en est de la fonction de l�interpr�tation. Maintenant nous allons �tre amen�s simplement � appeler, � produire ceci qui concerne le cogito, 1e cogito cart�sien dans le sens o� vous le savez. C�est simple puisque m�me parmi les gens qui consacrent � l��uvre de Descartes leur existence, il reste sur ce qu�il en est de la fa�on de l�interpr�ter, de le commenter, de tr�s larges divergences.

    Fais-je quelque chose qui consisterait, moi, non sp�cialiste, � m�immiscer dans ce d�bat cart�sien ? Bien s�r  y ai-je autant droit que tout le monde. Je veux dire que le Discours de la M�thode, o� les M�ditations me sont aussi bien qu�� tous autres adress�s !

     Qu�il s�agit de m�interroger sur la Fonction de l�Ego dans le Cogito, Ego-sum, il m�est autant permis qu'� tout 1e monde de relever dans la traduction latine que Descartes donne du Discours de la M�thode en 1644, que dans cette traduction latine, appara�t si mes notes sont bonnes, appara�t comme traduction  du je pense donc je suis, ergo-sum, appara�t ergo-sum, save existo.

    Dans la 2�me m�ditation, il compare au point d�ARCHIM�DE ce point dont on peut tellement attendre........

    ego sum � ego existe � ce debito ego sum �

ce qui pour le psychanalyste a une autre r�sonance.
 
(p53->)
   
Terrain trop glissant pour qu�avec les coutumes actuelles on l�applique comme Robbe-Grillet, qui parlant de la n�vrose obsessionnelle pour que j�aille loin dans ce sens.

    Par contre, je souligne que ce dont il s�agit pour nous est un certain choix. Celui que je vais en l�occasion laisser suspendu, que tout ce que le logicien peut laisser autour du cogito ego sum, � savoir l�ordre de l�implication dont il s�agit, si c�est seulement de l�implication mat�rielle, vous voyez o� �a nous conduit. Si c�est de l�imp1ication mat�rielle, selon la formule que j�ai inscrite au tableau. C�est uniquement dans la mesure o� de l�implication (donc) la 2�me proposition serait fausse, que le lien d�implication entre les deux termes pourrait �tre rejet�, autrement dit, l�important est de savoir si " je suis " est vrai, il n�y aurait aucun inconv�nient � ce que " je pense " soit faux. J�ai dit pour commencer, que la formule soit recevable en tant qu�implication. � Je pense � c�est moi qui le dit. Il se peut que je crois que je pense et que je ne pense pas. �a arrive � beaucoup tous les jours. Dans l�implication pure et simple qu�on appelle implication mat�rielle, n�exige qu�une chose : c�est que la conclusion soit vraie.

    En d�autres termes, la logique comportant r�f�rence aux fonctions de v�rit� et en utilisant le tableau dans un certain ordre de matrice, ne peut d�finir certaine op�ration pour rester coh�rente avec elle-m�me, ne peut d�finir certaine op�ration comme l�implication, qu�� les admettre comme fonction qui serait mieux nomm�e comme : " cons�quence ", cons�quence qui veut dire ceci : que l�ampleur du champ dans une cha�ne signifiante, nous pouvons mettre la connotation de v�rit�, nous pouvons la mettre sur un faux et un vrai ensuite, non pas l�inverse. Ceci nous laisse loin de l�ordre de ce qu�il y a � dire du cogito cart�sien comme tel dans son ordre propre qui, sans doute implique, int�resse, la constitution du sujet comme telle, c�est-�-dire complique ce qu�il en est de l��criture en tant que r�glant le fonctionnement de l�op�ration logique, le doit en ceci : que cette �criture ne fait que repr�senter un fonctionnement plus primordial de quelque chose qui � ce titre m�rite pour nous d��tre pos� en fonction d��criture, que c�est de l� que d�pend le statut du sujet et non son intuition qui est justifi� par quelque chose de profond�ment cach�, � savoir : ce qu�il veut en cherchant cette certitude sur ce terrain qui est celui du nettoyage de tout ce qui est mis � sa port�e concernant la fonction du savoir, et puis apr�s tout, qu�est-ce que ce cogito ?. Je pousse mes moutons, c�est une partie de mon travail, c�est pas le m�me quand je suis tout seul, ni non plus quand je suis dans mon fauteuil d�analyste.

    Cogito � je pousse ensemble, cogito � tout �a  �a remue en fin de compte, s�il n�y avait pas ce d�sir de Descartes qui oriente de fa�on si d�cisive ces cogitations, le cogito, on pourrait le r�duire par je � trifouille �, pourquoi Cogito ? �a a aussi son sens en latin. Ca veut m�me dire : �laguer. Ce qui pour nous, analystes, a de petites r�sonances. Ergo sum, aurait peut-�tre un autre style et d�autres cons�quences, on ne sait pas. �laguer, au sens d��laguer, on �laguait peut-�tre Dieu. Tandis que le cogito c�est autre chose, mais d�ailleurs, cogito c�est : �crit . si nous nous sommes aper�us que Cogito �a pouvait s��crire .

(p54->)

    " Cogito ergo sum ", c�est bien l� que nous pouvons ressaisir l�intuition si faire saisir le contenu qui rel�ve de la structure de l�appareil du langage. N�oublions pas, concernant certaines fonctions en tout, peut-�tre, je dis peut-�tre, que ce sont celles o� le sujet ne se trouve pas simplement en position de l��tre agent, mais en position de sujet, pour autant que le sujet est plus qu�int�ress�, mais fonci�rement d�termin� par l�acte dont il s�agit.

    Les langues antiques avaient un autre registre : la diath�se, qu�on appelle la diath�se moyenne c�est pour �a que concernant ce qui s�appelle le 1angage pour autant qu�il d�termine quelque chose o� le sujet se constitue comme �tre parlant, on dit : " locnor ", ce n�est pas d�hier que j�essaie d�expliquer ces choses � ceux qui viennent m�entendre, qu�ils se souviennent du temps o� je leur expliquais la diff�rence entre celui qui te suivrai et celui qui te suivra. Si ceux qui se reconnaissent dans cette diff�rence de temps, relative, parce qu�il n�y a pas de voix moyenne en fran�ais : suivre, veut dire ; sacnor .

    Ce qu�on pourrait dire d�une pens�e qui en serait une, une vraie, comment �a se dirait en latin par la voix moyenne : m�diatum .

    Peut-�tre que c�est � l�occasion de ce que fait le psychanalyste quand il interpr�te que je serai amen� � vous le dire, il me faut encore avancer comme nous le faisons, pas � pas, pour vous donner sur cette voix une petite indication. Je vous renvoie � quelque chose : � l�article de Benveniste dans son recueil r�cent, que nous avons lu dans le journal de psychologie sur la voix active et la voix moyenne. En sanscrit, on dit : je sacrifie, de deux fa�ons : on emploie 1a voix active quand  pour le verbe sacrifier. C�est quand le pr�tre fait le sacrifice au Brahm� pour un client. Il y a une nuance. La voix moyenne quand il officie en son nom. C�est un peu compliqu� que je vous avance cela, �a ne fait pas seulement intervenir la faille qu�il faut mettre en le sujet de l��nonciation et l��nonc�, c�est le plus difficile, parce qu�il y a l�autre qu�avec le sacrifice on prend au pi�ge. Ce n�est pas pareil de le prendre en son nom ou pour le client, qui a besoin de rendre un devoir � la divinit� et qui va chercher un technicien.

    Je vais de devinette en devinette.

    O� sont les analogues dans le rapport dit de la situation analytique ? Qui est-ce qui officie, et pour qui ? Question qu�on peut se poser. Je ne la pose que pour vous faire sentir ceci : qu�il y a une fonction de la d�ch�ance de la parole � l�int�rieur de la technique analytique, je veux dire que c�est un artifice technique qui soumet cette parole aux seules lois de la cons�quence.

    Qu�on ne se fie � rien d�autre, �a doit s�enfiler simplement, c�est pas tellement naturel, nous le savons par exp�rience, les gens n�apprennent ce m�tier l� pas tout de suite, ou alors il faut vraiment qu�ils aient envie d�officier. �a ressemble � un office qu�on demande de faire au Brahmane quand il a un peu de (p55->) m�tier en d�bitant ses petites pri�res et en pensant cogito ergo sum , qu�est-ce qui sum dans ce sum l� ?

        Ceci est de nature � nous faire entendre quelque soit la juste place de nos r�flexions qu�en ce qui concerne notre pas cart�sien qu�il ne s�agit pas de r�duire, je lui fais sa place suffisante historiquement, il s�agit d�une utilisation qui reste pertinente d�ailleurs, � savoir : que c�est � partir de l�, du moment o� l�on traite la pens�e. La pens�e avait son pass�, ses titres de nob1esse, personne n�avait song� � faire tourner son rapport au monde autour du moi. C�est la ran�on, le prix, qu�on a pay�, le fait d�avoir jet� la pens�e � la poubelle, le cogito apr�s tout, dans Descartes, c�est le d�chet. Il le met au panier ce qu�il a � examiner dans son cogito , on voit 1e rapport que tout �a a pu avoir dans ce que je viens de vous avancer, � partir de la formulation �crite de la nouvelle logique on a �nonc� un certain nombre de choses qui ont 1eur int�r�t. Par exemple, ceci : que si vous voulez nier a et b , je mets la barre de n�gation et par convention, c�est �a qui constitue la n�gation.

    L�avantage de ce proc�d� �crit est bien connu, est qu�il faut que �a fonctionne comme une moulinette, pas besoin de r�fl�chir, �a consiste � �crire : non a : File:A barre.jpg,
non b
 : File:B barre.jpg, cherchez chez Boole � quoi �a correspond ou chez M. Morgan. Je vais quand m�me vous l�imager, car je sais que des personnes seraient agac�es si je ne le faisais pas. Je le regrette car ces personnes vont �tre satisfaites et croire qu�elles ont compris quelque chose, mais � ce moment-l� elles seront d�finitivement enfonc�es dans l�erreur.

File:Inter1.jpg La diff�rence sym�trique, ce qu�on appelle le compl�ment dans cet ensemble, j�interpr�te au niveau des ensembles de la fonction n�gation. La n�gation �tant ce qui n�est pas a et b , les deux autres indiff�remment remplissent cette fonction. Nous examinons toutes 1es fa�ons que nous pouvons pour op�rer ce " je pense donc je suis " pour y d�finir des op�rations qui nous permettraient de saisir son rapport d�abord � sa mise en faux : " je pense et je ne suis pas ", � une autre transformation qui est possible �galement et dont vous verrez l�int�r�t brillant quand je vous dirai que c�est la position Aristot�licienne : je ne pense pas o� je suis, il y la 4�me qui recouvre celle-ci qui s�inscrit ainsi :  
File:Inter2.jpg

    Ces cercles symbolisant o� je ne pense pas ou je ne suis pas. J�ai avanc� un tel appareil comme �tant la meilleure traduction que nous puissions donner � notre usage du Cogito cart�sien pour servir de point de cristallisation au sujet de l�inconscient, cet envers n�est n�gation que par rapport � l�ensemble où (p56->) nous le faisons fonctionner, cet envers " o� je suis pas,  pas, je ne pense pas ", par rapport au cogito .

    Il faut que nous l�interrogions et le sens de ce Vel qui l�unit et la port�e exacte que la n�gation peut prendre pour nous rendre compte de ce qu�il en est du sujet de l�inconscient, ce qui nous permettra de partir de la logique du fantasme.

note : bien que relu, si vous d�couvrez des erreurs manifestes dans ce s�minaire, ou si vous souhaitez une pr�cision sur le texte, je vous remercie par avance de m'adresser un [mailto:gaogoa@free.fr �mail]. [#J.LACAN Haut de Page]
(relu le 28 Octobre 2004)

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