Text/Jacques Lacan/LMC09051978.htm

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J-LACAN                     gaogoa

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XXV-Le moment de conclure   1977-1978

Version rue CB                                  [#note note]

 

9 mai 1978

 

         (p1->)Les choses peuvent l�gitimement �tre. Savoir o� commence le comportement, c�est nous qui d�couvrons comment elles font. Le tournant est qu�il faille que nous les imaginions. Ce n�est pas toujours facile, car il y faut quelques pr�cautions�oratoires, c�est � dire parl�es. Ainsi c�est la coupure qui r�alise le n�ud � trois sur le tore. Pour compl�ter cette coupure, il

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faut, si je puis dire, l��taler, c�est � dire la redoubler de fa�on � faire une bande. C�est ce que vous voyez l� � droite

-        la coupure, c�est l� � gauche- c�est ce que vous voyez l� � droite dans ce dessin dont il faut dire qu�il n�est pas sans maladresse. Il faut la redoubler, gr�ce � quoi la figure

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(p2->)de la bande appara�t, qui, elle donne support, c�est-�-dire �toffe au n�ud � trois. C�est certainement pour cela que j�ai �nonc� cette absurdit� qu�il �tait impossible d��tablir un n�ud sur un tore, ce que LAGARRIGUE a relev� l�gitimement, car la coupure ne suffit pas � faire le n�ud : il y faut la bande dont vous savez comment on la produit :en redoublant la coupure, un peu � droite, un peu � gauche, bref en la redoublant. Car une coupure ne suffit pas � faire un n�ud, il y faut de l��toffe, l��toffe d�une chambre � air, � l�occasion qui y suffit. Mais il ne faut pas croire que la coupure suffise � faire de la chambre � air une bande de Moebius m�me par exemple � triple demi-torsion.

 C�est la figure que  j�ai indiqu�e l� (tr�fle � gauche), celle qui redouble la coupure, c�est la figure que j�ai indiqu�e l� qui donne �toffe � ce n�ud � trois : c�est quelque chose qui ne se produit que de la coupure par le milieu de ce que j�ai appel� la triple bande de Moebius : c�est � couper par le milieu (Moebius bas gauche) cette triple bande de Moebius que le n�ud � trois appara�t, de sorte qu�apr�s tout c�est ce qui m�excuse d�avoir �nonc� ce fait, ce fait absurde.

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(p3->) La triple bande de Moebius n�est pas capable de se coucher sur un tore, d�o� il r�sulte que, si on d�coupe ceci tel que c��tait primitivement, � savoir la coupure, la simple coupure (sch�ma p 2), �a ne fait pas un n�ud � trois et si on coupe la chambre � air de la fa�on qui est repr�sent�e l� ( coupure redoubl�e), et bien, ce qu�on obtient c�est quelque chose qui est bien diff�rent de ce qu�on attendait, � savoir que c�est une chose quatre fois pli�e : � l�occasion, par exemple, ceci est � l�int�rieur de la chambre � air, ceci est � l�int�rieur aussi et ceci est � l�ext�rieur.

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C�est bien en quoi il n�est pas possible d�obtenir directement ceci, � savoir ce qui r�sulte de la bande � l�int�rieur de la coupure, il n�est pas possible de l�obtenir directement, puisque c�est ce qui ne r�sulte que de la section par le milieu de la triple bande de Moebius. C�est peut �tre ce qui m�excuse d�avoir formul� cette absurdit� que j�ai avou� tout � l�heure.

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N�anmoins c�est un fait que la coupure en question r�alise sur le tore quelque chose d��quivalent au n�ud et que le nomm� LAGARRIGUE a eu raison de ma le reprocher.

     Ce que j�ai dit sur les choses qui peuvent l�gitimement �tre dites  savoir comment se comporter, c�est quelque chose qui suppose l�emploi de ce que j�ai appel� l�Imaginaire. Ce que j�ai dit tout � l�heure, qu�il fallait, cette �toffe que nous l�imaginions, nous sugg�re qu�il y a quelque chose de premier dans le fait qu�il y

 

  (p4->) a des tissus. Le tissu est particuli�rement li� � l�imagination, au point que j�avancerai qu�un tissu, son support, c�est � proprement parler ce que j�ai   appel� � l�instant l�Imaginaire. Et ce qui est frappant, c�est justement �a, � savoir que le tissu �a s�imagine seulement. Nous trouvons donc l� quelque chose qui fait que ce qui se passe pour s�imaginer le moins rel�ve quand m�me de l�Imaginaire. Il faut dire que le tissu c�est pas facile � imaginer, puisque l� �a se rencontre                             seulement dans la coupure.

Si j�ai parl� de Symbolique, d�Imaginaire et de R�el, c�est bien parce que le R�el c�est le tissu. Alors comment l�imaginer, le tissu ? Eh bien, c�est l� qu�est pr�cis�ment la b�ance entre l�Imaginaire et le R�el, et ce qu�il y a entre eux, c�est l�inhibition�pr�cis�ment � imaginer. Mais qu�est-ce que c�est que cette inhibition, puisqu�aussi bien, nous en avons l�
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un exemple, il n�y a rien de plus difficile que d�imaginer le R�el et l� il semble que nous tournions en rond et que dans cette affaire de tissu, le R�el, c�est bien ce qui nous �chappe et c�est bien pour �a que nous avons l�inhibition. C�est la b�ance entre l�Imaginaire et le R�el, si tant est que nous puissions encore la supporter, c�est la b�ance entre l�Imaginaire et le R�el qui fait notre inhibition.

     L�Imaginaire, le R�el et le Symbolique, c�est ce que j�ai avanc� comme �tant trois fonctions qui se situent en ce qu�on appelle une tresse. Il est clair

File:09051974.jpgque si on part d�ici, ceci est une tresse et ce qui est curieux, c�est que cette tresse est bien particuli�re. Il y a quelque chose que  je voudrais aujourd�hui produire devant vous. Voil� ce que c�est : c�est quelque chose qui se pr�sente comme une bande. 2 recouvre 1 ; ici c�est 3 recouvre 1 ; ici c�est 2 qui passe sous 3,  ici c�est 3, ici c�est 1, ici c�est 2, ici c�est 3.

     Et pour tout dire, � la fin, nous retrouvons apr�s six �changes le 1-2-3. Eh bien, ceci, � savoir l��quivalence de ceci qu�on appelle la bande de Slade ( ?)

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(p5->)Avec ce que j�ai figur� ici comme 1, 2, 3, cette �quivalence se d�montre dans le fait qu�il est possible de  r�duire � cette bande de Slade  par une convenable manipulation de ce en quoi consiste le niveau o� j�ai �crit 1-2-3, il est possible de r�duire par une convenable manipulation ceci � ceci. (sch�ma p 4 en bas). En d�autres termes : une ceinture tress�e qui se termine par quelque chose qui est �quivalent de cet 1-2-3, c�est � dire � l�occasion un ceinturon et je veux dire ce qui se d�tache de cette fa�on-l�File:09051976.jpg

(LACAN d�tache sa ceinture), il est, non seulement possible, mais ais� � d�montrer que cette ceinture, si elle est pass�e � l�int�rieur de cette tresse, que cette ceinture�. Il est plus que possible dans une ceinture tress�e d�obtenir, � l�aide du bout de la courroie et du ceinturon, d�obtenir le d�nouement de la tresse, je parle de la tresse borom�enne .  L��quivalent donc de la tresse borom�enne, c�est exactement ce qui se pose comme non tress� et c�est pour vous signaler cette �quivalence que je vous assure qu�effectivement vous pouvez le confirmer de la fa�on la plus pr�cise.

     C�est sans doute difficile d�imaginer ce fait, mais c�est un fait.

Je voudrais vous sugg�rer quelque chose qui a toute son importance, c�est ceci : c�est que comment, la bande de Moebius, la fait-on la plus courte ? En repliant ce triangle-l� sur celui-ci. Il en r�sulte ceci, � savoir quelque chose se

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(p6->) Chose curieuse, attaquez vous �  cette histoire de la plus courte bande de Moebius, vous verrez qu�il y a une autre solution, je veux dire qu�il y a une fa�on de la faire plus courte, en partant toujours du m�me triangle �quilat�ral.

     Qu�est-ce qui est le rapport entre �a et la psychanalyse ? Je mettrai en �vidence plusieurs choses, c�est � savoir que les choses dont il s�agit ont le rapport le plus �troit avec la psychanalyse. Le rapport de l�Imaginaire, du Symbolique et du r�el, c�est l� quelque chose qui tient par essence � la psychanalyse. Je ne m�y suis pas aventur� pour rien, ne serait-ce qu�en ceci que la primaut� du tissu, c�est-�-dire ce que j�appelle en l�occasion les choses, la primaut� du tissu est essentiellement ce qui est n�cessit� par la mise en valeur de ce qu�il en est de l��toffe d�une psychanalyse. Si nous n�allons pas tout droit � cette distance entre l�Imaginaire et le R�el, nous sommes sans recours pour ce qu�il en est de ce qui distingue dans une psychanalyse la b�ance entre l�Imaginaire et le R�el. Ce n�est pas pour rien que j�ai pris cette voie. La chose est ce � quoi nous devons coller et la chose en tant qu�imagin�e, c�est � dire le tissu en tant que repr�sent�. La diff�rence entre la repr�sentation  et l�objet est quelque chose de capital. C�est au point que l�objet dont il s�agit est quelque chose qui peut avoir plusieurs pr�sentations.

Je vais vous laisser l� aujourd�hui pour peut-�tre refaire mon s�minaire l�ann�e prochaine, � la date qui conviendra.

 

                                               FIN

note: bien que relu, si vous d�couvrez des erreurs manifestes dans ce s�minaire, ou si vous souhaitez une pr�cision sur le texte, je vous remercie par avance de m'adresser un email. [#J-LACAN Haut de Page]