Text/Jacques Lacan/OP12011972.htm

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J.LACAN                                gaogoa

[OP15121971.htm <] [OP19011972.htm >]

XIX- ...Ou Pire    1971-1972
      
version rue CB                                       [#note note]

12 janvier 1972

AU TABLEAU:

File:1.jpg
0
      nade            0 1                   monade
       monade         0 1 2 0                  dyade  
       dyade         0 1 3 3 1 0                triade  
                   0 1                       t�trade
                           

    (p29->) Si nous trouvions dans la logique moyen d�articuler ce que l�inconscient d�montre de valeurs sexuelles, nous n�en serions pas surpris, je veux dire ici m�me � mon s�minaire, c�est-�-dire au ras de cette exp�rience, l�analyse, institu�e par Freud et dont s�instaure une structure de discours que j�ai d�finie.

    Je reprends ce que j�ai dit. Dans la densit� de ma premi�re phrase, j�ai parl� de " valeurs sexuelles ". Je ferai remarquer que ces valeurs sont des valeurs re�ues, re�ues dans tout langage : l�homme, la femme, c�est �a qu�on appelle valeurs sexuelles. Au d�part, qu�il y ait l�homme et la femme � c�est la th�se dont aujourd�hui je pars � c�est d�abord affaire de langage. Le langage est tel que, pour tout sujet parlant, ou bien c�est " lui " ou bien c�est � elle �. Ça existe dans toutes les langues du monde. C�est le principe du fonctionnement du genre, f�minin ou masculin. Qu'il y ait l�hermaphrodite, ce sera seulement une occasion de jouer avec plus ou moins d�esprit � faire passer dans la m�me phrase le lui et l�elle. On ne l�appellera de � �a � en aucun cas, sauf � manifester par l� quelque horreur du type sacr�, on ne le mettra pas au neutre.

    Ceci dit l�homme et la femme, nous ne savons pas ce que c�est. Pendant un temps, cette bipolarit� de valeurs a �t� prise pour suffisamment supporter, suturer ce qu�il en est du sexe. C�est de l� m�me qu�est r�sult�e cette sourde m�taphore qui, pendant des si�cles, a sous-tendu la th�orie de la connaissance. Comme je l�ai fait remarquer ailleurs, le monde �tait ce qui �tait per�u, voire aper�u, comme � la place de l�autre valeur sexuelle, ce qu�il en �tait du du pouvoir de conna�tre, �tant plac� du c�t� positif, du c�t� actif de ce que j�interrogerai aujourd�hui en demandant quel est son rapport avec l�UN. J�ai dit que, si le pas que nous a fait faire l�analyse nous montre, nous r�v�le, en tout abord serr� de l�approche sexuelle, le d�tour, la barri�re, le cheminement, la chicane, le d�fil� de la castration, c�est l�, et proprement, ce qui ne peut se faire qu�� partir de l�articulation telle que je l�ai donn�e du discours analytique, c�est l� ce qui nous conduit � penser que la castration ne saurait en aucun cas �tre r�duite � l�anecdote, � l�accident, � l�intervention maladroite d�un propos de menace, ni m�me de censure.

La structure est logique. Quel est l�objet de la logique ? Vous savez, vous savez d�exp�rience d�avoir ouvert seulement un livre qui s�intitule (p30->) � Trait� de logique �, combien fragile, incertain, �lud� peut �tre le premier temps de tout trait� qui s�intitule de cet ordre ; l�art de bien conduire sa pens�e � la conduire o� et en la tenant par quel bout ? ou bien encore tel recours à une normalit� dont se d�finirait le rationnel ind�pendamment du r�el. Il est clair que ce qui, apr�s une telle tentative de d�finir comme objet de la logique, se pr�sente est d�un autre ordre, et autrement consistant. Je proposerais, - s�il fallait, si je ne pouvais tout simplement laisser l� un blanc � mais je ne le laisse pas � je propose " ce qui se produit de la n�cessit� d�un discours ". C�est ambigu sans doute, mais ce n�est pas idiot, puisque cela comporte l�implication que la logique peut compl�tement changer de sens selon d�o� prend son sens tout discours... Alors puisque c�est l� ce dont prend son sens tout discours, à savoir � partir d�un autre, je propose assez clairement depuis longtemps pour qu�il suffise de le rappeler ici : le R�el � la cat�gorie que dans la triade dont est parti mon enseignement, le Symbolique, l�Imaginaire et le R�el � le R�el s�affirme par un effet qui n�est pas le moindre de s�affirmer sans les impasses de la logique. Je m�explique : ce qu�au d�part, dans son ambition conqu�rante, la logique se proposait, ce n��tait rien de moins que le r�seau du discours en tant qu�il s�articule et qu�� s�articuler, ce r�seau devait se fermer en un univers suppos� enserrer et recouvrir, comme d�un filet, ce qu�il pouvait en �tre de ce qui �tait � la connaissance offert.

    L�exp�rience, l�exp�rience logicienne a montr� qu�il en �tait diff�remment et sans avoir ici, aujourd�hui ou par accident je dois m��poumoner, à entrer dans le d�tail, ce public est tout de m�me suffisamment averti d�o� en notre temps a pu reprendre l�effort logique pour savoir qu�� aborder quelque chose en principe d�aussi simplifi� comme r�el que l�arithm�tique, il a pu �tre d�montr� que dans l�arithm�tique, quelque chose peut toujours s��noncer, offert ou non offert � la d�duction logique, qui s�articule comme en avance sur ce dont les pr�mices, les axiomes, les termes fondateurs, dont peut s�asseoir la dite arithm�tique, permet de pr�sumer comme d�montrable ou r�futable. Nous touchons là du doigt, en un domaine en apparence le plus s�r, ce qui s�oppose � l�enti�re prise du discours, � l�exhaustion logique, ce qui y introduit une b�ance irr�ductible. C�est l� que nous d�signons le R�el.

    Bien s�r, avant d�en venir � ce terrain d��preuve qui peut para�tre � l�horizon, voire incertain, � ceux qui n�ont pas serr� de pr�s ces derni�res �preuves, il suffira de rappeler ce qu�est le � discours na�f �. Le " discours " na�f propose d�embl�e, s�inscrit comme tel comme v�rit�. Il est depuis toujours apparu facile de lui d�montrer, � ce discours, le " discours na�f ", qu�il ne sait pas ce qu�il dit � je ne parle pas du sujet, je parle du discours. C�est l�or�e � pourquoi ne pas le dire ? � de la critique que le sophiste, � quiconque �nonce ce qui est toujours pos� comme v�rit�, que le sophiste lui d�montre qu�il ne sait pas ce qu�il dit. C�est m�me l� l�origine de toute dialectique. Et puis, c�est toujours pr�t � rena�tre : que quelqu�un vienne t�moigner � la barre d�un tribunal, c�est l�enfance de l�art de l�avocat que de lui montrer qu�il ne sait pas ce qu�il dit. Mais là nous tombons au niveau du sujet, du t�moin qu�il s�agit d�embrouiller. Ce que j�ai dit au niveau de l�action sophistique, c�est au discours lui-m�me que le sophiste s�en prend. Nous aurons peut-�tre cette ann�e � puisque j�ai annonc� que j�aurai � faire �tat du Parm�nide � (p31->) � montrer ce qu�il en est de l�action sophistique. Le remarquable, dans le d�veloppement auquel tout � l�heure je me suis r�f�r� de l��nonciation logicienne, o� peut-�tre d�aucuns se seront aper�us qu�il ne s�agit de rien d�autre que du th�or�me de GOEDEL concernant l�arithm�tique, c�est que ce n�est pas � partir des valeurs de v�rit� que GOEDEL proc�de � sa d�monstration qu�il y aura toujours dans le champ de l�arithm�tique quelque chose d��non�able dans les termes propres qu�elle comporte, qui ne sera pas � la port�e de ce qu�elle se pose � elle-m�me comme mode � tenir pour re�u de la d�monstration. Ce n�est pas � partir de la v�rit�, c�est � partir de la notion de d�rivation, c�est en laissant en suspens la valeur " vrai ou faux " comme telle, que le th�or�me est d�montrable. Ce qui accentue ce que je dis de la b�ance logicienne sur ce point-l�, point vif, point vif en ce qui illustre ce que j�entends avancer, c�est que, si le R�el assur�ment d�un acc�s facile peut se d�finir comme l�impossible, cet impossible en tant qu�il s�av�re de la prise m�me du discours, du discours logicien, cet impossible-l�, ce R�el-l� doit �tre par nous privil�gi�. Par nous, par qui ? Par les analystes. Car il donne d�une fa�on exemplaire, il est le paradigme de ce qui met en question ce qui peut sortir du langage. Il en sort certain type, que j�ai d�fini, ce discours comme �tant ce qui instaure un type de lien social d�fini. Mais le langage s�interroge sur ce qu�il fonde comme discours. Il est frappant qu�il ne puisse le faire qu�� fomenter l�ombre d�un langage qui se d�passerait, qui serait m�talangage. J�ai souvent fait remarquer qu�il ne peut le faire qu�� se r�duire dans sa fonction, c�est-�-dire d�j� à engendrer un discours particularis�. Je propose, en nous int�ressant � ce R�el, en tant qu�il s�affirme de l�interrogation logicienne du langage, je propose d�y trouver le mod�le de ce qui nous importe, � savoir de ce que livre l�exploration de l�inconscient qui, loin d��tre � comme a pens� pouvoir le reprendre un Jung, � revenir � la plus vieille orni�re �, loin d��tre un symbolisme sexuel universel, est tr�s pr�cis�ment ce que j�ai tout � l�heure rappel� de la castration, � souligner seulement qu�il est exigible qu�elle ne se r�duise pas à l�anecdote d�une parole entendue. Sans quoi, pourquoi l�isoler, lui donner ce privil�ge de je ne sais quel traumatisme, voire efficace de b�ance, alors qu�il est trop clair qu�elle n�a rien d�anecdotique, qu�elle est rigoureusement fondamentale dans ce qui, non pas instaure, mais rend impossible l��nonc� de la bipolarit� sexuelle comme telle, � savoir - comme, chose curieuse, nous continuons de l�imaginez au niveau animal comme si chaque illustration de ce qui, dans chaque esp�ce, constitue le tropisme d�un sexe pour l�autre, n��tait pas aussi variable pour chaque esp�ce qu�est leur constitution corporelle, comme si de plus nous n�avions pas appris d�j� depuis un bout de temps que le sexe, au niveau, non pas de ce que je viens de d�finir comme le R�el, mais au niveau de ce qui s�articule � l�int�rieur de chaque science, son objet �tant une fois d�fini, que le sexe, il y a au moins deux ou trois �tages de ce qui le constitue du g�notype au ph�notype et qu�apr�s tout apr�s les derniers pas de la biologie � est-ce que j�ai besoin d��voquer lesquels ? � il est s�r que le sexe ne fait que prendre place comme un mode particulier dans ce qui permet la reproduction de ce qu�on appelle un corps vivant. Loin que le sexe en soit l�instrument-type, il n�en est qu�une des formes. Et ce qu�on confond trop � encore que Freud l�-dessus ait donn� l�indication, mais approximative �, ce qu�on confond trop, c�est tr�s pr�cis�ment la fonction du sexe et celle de la reproduction. Loin que les choses soient telles qu�il y ait la fili�re de la gonade d�un c�t� � ce que Weismann appelait (p32->) le "germen" � et le branchement du corps, il est clair que le corps, de son g�notype, v�hicule quelque chose qui d�termine le sexe et que �a ne suffit pas : de sa production de corps, de sa statique corporelle, il d�tache des hormones qui dans cette d�termination peuvent interf�rer. Il n�y a donc pas d�un cot� le sexe irr�sistiblement associ�, parce qu�il est dans le corps, � la vie, le sexe imagin� comme l�image de ce qui dans la reproduction de la vie serait l�amour, il n�y a pas cela d�un c�t� et, de l�autre c�t�, le corps, le corps en tant qu�il a � se d�fendre contre la mort. La reproduction de la vie, telle que nous arrivons � l�interroger au niveau de l�apparition de ses premi�res formes, �merge de quelque chose qui n�est ni vie ni mort, qui est ceci que tr�s ind�pendamment du sexe et m�me à l�occasion de quelque chose de d�j� vivant, quelque chose intervient que nous appellerons le programme ou le codon encore, comme ils disent � propos de tel ou tel point rep�r� des chromosomes. Et puis le dialogue vie et mort, �a se produit au niveau de ce qui est reproduit, et ça ne prend � notre connaissance un caract�re de drame qu�� partir du moment o�, dans l��quilibre vie et mort, la jouissance intervient. Le point vif, le point d��mergence de quelque chose qui est ce dont tous ici nous croyons plus ou moins faire partie, de 1'�tre parlant pour le dire, c�est ce rapport d�rang� à son propre corps qui s�appelle jouissance et cela, �a a pour sens, �a a pour point de d�part � c�est ce que nous d�montre le discours analytique �, �a a pour point de d�part un rapport privil�gi� � la jouissance sexuelle. C�est en quoi la valeur du partenaire autre, celle que j�ai commenc� de d�signer effectivement par l�homme et par la femme, est inapprochable au langage, tr�s pr�cis�ment en ceci que le langage fonctionne d�origine en suppl�ance de la jouissance sexuelle, que c�est par l� qu�elle ordonne cette intrusion, dans l� r�p�tition corporelle, de la jouissance. C�est en quoi je vais aujourd�hui commencer de vous montrer comment, à user de fonction logique, il est possible de donner, de ce qu�il en est de la castration, une autre articulation qu�anecdotique.

    Dans la ligne de l�exploration logique du R�el, le logicien a commenc� par les propositions. La logique n�a commenc� qu�� avoir su dans le langage isoler la fonction de ce qu�on appelle les prosdiorismes qui ne sont rien d�autre que le � un �, le < quelque �, le tous � et la n�gation de ces propositions. Vous le savez, Aristote d�fiait, pour les opposer, les universelles et les particuli�res, � l�int�rieur de chacunes, affirmatives et n�gatives. Ce que je veux marquer, c�est la diff�rence qu�il y a de cet usage des prosdiorismes, � ce qui pour des besoins logiques, � savoir pour un abord qui n��tait autre que de ce r�el qui s�appelle le nombre, ce qui s�est pass� de compl�tement diff�rent. L�analyse logique de ce qu�on appelle fonction prositionnelle s�articule de l�isolement dans la proposition, ou plus exactement du manque, du vide, du trou, du creux, qui est fait de ce qui doit fonctionner comme argument. Nomm�ment il sera dit que tout argument d�un domaine que nous appellerons comme vous le voulez X ou un A gothique, tout argument de ce domaine mis � la place laiss�e vide dans une proposition y satisfera, c�est-�-dire lui donnera valeur de v�rit�. C�est ce qui s�inscrit de ce qui est l� en bas � gauche : File:10.jpg peu importe quelle est la proposition, la fonction prend une valeur vraie pour tout X du domaine. Qu�est-ce que cet x ? J�ai dit qu�il se d�finit comme d�un domaine. Est-ce � dire pour autant qu�on sache ce que c�est ? Savons-nous ce que c�est qu�un homme, � dire que tout homme est mortel ? Nous en apprenons quelque chose du fait de dire (p33->) qu�il est mortel et justement de savoir que pour tout homme c�est vrai. Mais avant d�introduire le � tout homme �, nous n�en savons que les traits les plus approximatifs et qui peuvent se d�finir de la fa�on la plus variable � �a, je suppose que vous le savez depuis longtemps, c�est l�histoire, que Platon rapporte, du poulet plum�. Alors c�est bien dire qu�il faut que l�on s�interroge sur les temps de l�articulation logique, � savoir ceci que ce que d�tient le prosdiorisme n�a, avant de fonctionner comme argument, aucun sens, qu�il n�en prend un que de son entr�e dans la fonction : il prend le sens de vrai ou de faux. Il me semble que ceci est fait pour nous faire toucher la b�ance qu�il y a du signifiant � sa d�notation, puisque le sens, s�il est quelque part, il est dans la fonction, mais que la d�notation ne commence qu�� partir du moment o� l�argument vient s�y inscrire. C�est du m�me coup mettre en question ceci qui est diff�rent, qui est l�usage de la lettre E, �galement invers�e,File:Existe.jpg� il existe �, il existe quelque chose qui peut servir dans la fonction comme argument et en prendre ou n�en pas prendre valeur de v�rit�.

    Je voudrais vous faire sentir la diff�rence qu�il y a de cette introduction de l� � il existe � comme probl�matique, � savoir mettant en question la fonction m�me de l�existence, par rapport � ce qu�impliquait l�usage des particuli�res dans Aristote, � savoir que l�usage du " quelque " semblait avec soi entra�ner l�existence. De sorte que comme le � tous � �tait cens� comprendre ce � quelque �, le � tous � lui-m�me prenait valeur de ce qu�il n�est pas, � savoir d�une affirmation d�existence.

    Nous ne pourrons, vu l�heure, le voir que la prochaine fois : il n�y a de statut du  " tous " , � savoir de l�Universel, qu�au niveau du possible. Il est possible de dire, entre autre, que � tous les humains sont mortels � , et bien loin de trancher la question de l��tre humain, il faut d�abord � chose curieuse � qu�il soit assur� qu�il existe. Ce que je veux indiquer, c�est la voie ou nous allons entrer la prochaine fois � et je m�excuse de n�avoir pas aujourd�hui plus avanc� en raison sans doute de l�effort vocal qui m�a �té demand�, exceptionnellement je l�esp�re � je voudrais dire que de l�articulation de ces quatre conjonctions, arguments, fonctions, sous le signe des quanteurs, c�est de l�, et de l� seulement, que peut se d�finir le domaine dont chacun de ces x prend valeur. Il est possible de proposer la fonction de v�rit� qui est celle-ci, � savoir que tout homme se d�finit de la fonction phallique, et la fonction phallique est proprement ce qui obture le rapport sexuel.

    C�est autrement que va se d�finir cette lettre  dite quanteur universel, munie comme je le fais de la barre qui la nie . J�ai avanc� le trait essentiel du � pas-tous � comme �tant ce dont peut s�articuler un �nonc� fondamental quant � la possibilit� de d�notation que prend une variable en fonction d�argument : la femme se situe de ceci que ce n�est " pas-toutes " qui peuvent �tres dites avec v�rit� en fonction d�argument dans ce qui s��nonce de la fonction phallique. Qu�est-ce que ce � pas-toutes � ? C�est tr�s pr�cis�ment ce qui m�rite d��tre interrog� comme structure. Car contrairement � c�est l� le point tr�s important � � !a fonction de la particuli�re n�gative, � savoir qu� � il y en a quelques qui ne sont pas �, il est impossible d�extraire du � pas-toutes � cette affirmation. C�est le � pas-toutes � � quoi il est r�serv� d�indiquer que quelque part, et rien de plus, elle a rapport � la fonction phallique. Or c�est de (p34->) l� que partent les valeurs à donner � mes autres symboles, c�est � savoir que rien ne peut approprier ce � tous � � ce � pas-toutes �, qu�il reste entre ce qui fonde symboliquement la fonction argumentaire des termes, l�homme et la femme, qu�il reste cette b�ance d�une ind�+ermination de leur rapport commun � la jouissance. Ce n�est pas du m�me ordre qu�ils se d�finissent par rapport � elle. Ce qu�il faut, comme je l�ai d�j� dit d�un terme qui jouera un grand r�le dans ce que nous avons � dire par la suite, ce qu�il faut c�est que malgr� ce � tous � de la fonction phallique en quoi tient la d�notation de l�homme, malgr� ce " tous ", " il existe " � et " il existe " �a veut dire " il existe " exactement comme la solution d�une �quation math�matique : il existe au moins un � il existe " au- moins-un " pour qui la v�rit� de sa d�notation ne tient pas dans la fonction phallique. Est-ce qu�il est besoin de vous mettre les points sur les i et de dire que le mythe d�OEdipe, c�est ce qu�on a pu faire pour donner l�id�e de cette condition logique qui est celle de l�approche indirecte que la femme peut faire de l�homme. Si le mythe �tait n�cessaire, ce mythe dont on peut dire qu�il est d�j� � soi tout seul extraordinaire que l��nonc� ne paraisse pas bouffon. � savoir celle de l�homme originel qui jouirait pr�cis�ment de ce qui n�existe pas, � savoir toutes les femmes, ce qui n�est pas possible, pas simplement parce qu�il est clair qu�on a ses limites, mais parce que IL N'Y A PAS  de � tout � des femmes.

    Alors ce dont il s�agit, c�est, bien s�r, autre chose, � savoir c�est qu�au niveau d�au-moins-un, il soit possible que soit subvertie, que ne soit plus vraie la pr�valence de la fonction phallique. Et ce n�est pas parce que j�ai dit que la jouissance sexuelle est le pivot de toute jouissance que j�ai pour autant suffisamment d�fini ce qu�il en est de la fonction phallique. Provisoirement admettons que ce soit la m�me chose. Ce qui s�introduit au niveau de l� � au-moins-un � du p�re, c�est cet " au-moins " qui veut dire que �a peut marcher sans, �a veut dire comme le mythe le d�montre � car il est uniquement fait pour assurer �a � c�est � savoir que la jouissance sexuelle sera possible, mais qu�elle sera limit�e, ce qui suppose, pour chaque homme dans son rapport avec la femme, quelque ma�trise, pour le moins, de cette jouissance. Il faut à la femme " au moins �a ", que �a soit possible, la castration. C�est son abord de l�homme. Pour de ce qui est de la faire passer � l�acte, la dite castration, elle s�en charge !

    Et pour ne pas nous quitter avant d�avoir articul� ce qu�il en est du quatri�me terme, nous dirons ce que connaissent bien tous les analystes et ce que veut dire le . Il faudra que j�y revienne, bien s�r, puisqu�aujourd�hui nous avons �t� retard�s, je comptais couvrir, comme chaque fois d�ailleurs, un champ beaucoup plus vaste ; mais comme vous �tes patients, vous reviendrez la prochaine fois. 
Ça veut dire quoi ? Le � il existe �, nous l�avons dit, est probl�matique. Ca sera une occasion, cette ann�e, d�interroger ce qu�il en est de l�existence. Qu�est-ce qui existe apr�s tout ? Est-ce qu�on s�est m�me jamais aper�u qu�a c�t� du fragile, du futile, de l�inessentiel que constitue l� " il existe ", l� � il n�existe pas �, lui, veut dire quelque chose ?

    File:4.jpg Qu�est-ce que veut dire d�affirmer qu�il n�existe pas d�x qui qui soit tel qu�il puisse satisfaire � la fonction pourvue de la barre qui l�institue comme n��tant pas vraie ? Car c�est tr�s pr�cis�ment ce que j�ai mis en question tout � l�heure : si � pas toutes les femmes � n�ont (p35->) affaire avec la fonction phallique, est-ce que �a implique qu�il y en a qui ont � faire avec la castration ? C�est tr�s pr�cis�ment le point par o� l�homme a acc�s � la femme, je veux dire, je le dis pour tous les analystes, ceux qui tra�nent, ceux qui tournent, emp�tr�s dans les rapports oedipiens du c�t� du p�re : quand ils n�en sortent pas de ce qui se passe du c�t� du p�re, �a a une cause tr�s pr�cise, c�est qu�il faudrait que le sujet admette que l�essence de la femme ce ne soit pas la castration et pour tout dire que ce soit � partir du R�el, à savoir que, mis � part un petit rien insignifiant � je ne dis pas ça au hasard � elles ne sont pas castrables, parce que le phallus, dont je souligne que je n�ai point encore dit ce que c�est, eh bien, e11es ne l�ont pas.

    C�est � partir du moment o� c�est de l�impossible comme cause que la femme n�est pas li�e essentiellement � la castration que l�acc�s � la femme est possible dans son ind�termination. Est-ce que ceci ne vous sugg�re pas � je le s�me pour que �a puisse avoir d�ici la prochaine fois sa r�sonance � que ce qui est en haut et � gauche le , " l�au-moins-un " en question r�sulte d�une n�cessit� � et c�est en quoi c�est une affaire de discours : il n�y a pas de n�cessit� que dite � et cette n�cessit� est ce qui rend possible l�existence de l�homme comme valeur sexuelle.

    Le possible, contrairement � ce qu�avance Aristote, c�est le contraire du n�cessaire. C�est en ce que s�oppose � qu�est le ressort du possible. Je vous l�ai dit, le � il n�existe pas � affirme d�un dire, d�un dire de l�homme, l�impossible, c�est � savoir que c�est du R�el que la femme prend son rapport � la castration. Et c�est ce qui nous livre le sens du , c�est-�-dire du � pas-toutes �. Le � pas-toutes � veut dire, comme il en �tait tout à l�heure dans la colonne da gauche, veut dire le " pas impossible " : il n�est pas impossible que la femme connaisse la fonction phallique. Le " pas impossible ", qu�est-ce que c�est ? Ça a un nom que nous sugg�re la t�trade aristot�licienne, mais dispos�e autrement ici : de même que c�est au n�cessaire que s�opposait le possible, � l�impossible, c�est le contingent. C�est en tant que la femme � la fonction phallique se pr�sente en mani�re d�argument, dans la contingence que peut s�articuler ce qu�il en est de la valeur sexuelle FEMME.

    Il est 2 h 16, je ne pousserai pas plus loin aujourd�hui. La coupure est faite � un endroit o� je ne la trouve pas tout � fait sp�cialement souhaitable. Je pense avoir assez amorc� avec cette introduction du fonctionnement de mes termes pour vous avoir fait sentir que l�usage de la logique n�est pas sans rapport avec le contenu de l�Inconscient. Car �a n�est pas parce que Freud a dit que l�inconscient ne connaissait pas la contradiction pour qu�il ne soit pas terre promise � la conqu�te de la logique. Est-ce que nous sommes arriv�s en notre si�cle sans savoir qu�une logique peut parfaitement se passer du principe de contradiction ? Quant � dire que dans tout ce qu�a �crit Freud sur l�Inconscient, la logique n�existe pas, il faudrait n�avoir jamais lu l�usage qu�il a fait de tel ou tel terme : " Je l�aime, elle, je ne l'aime pas, lui ", toutes les fa�ons qu�il y a de nier le " je l�aime, lui ", par exemple, c�est-�-dire par des voies grammaticales, pour se dire que l�Inconscient n�est pas explorable par les voies d�une logique.

note : bien que relu, si vous d�couvrez des erreurs manifestes dans ce s�minaire, ou si vous souhaitez une pr�cision sur le texte, je vous remercie par avance de m'adresser un email. [#J.LACAN Haut de Page] relu ce 15 juillet 2005