Bon, je vais d'abord

From No Subject - Encyclopedia of Psychoanalysis
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éminaire oral du 23<nobr> avril 1974</nobr>

<nobr>Jacques

Lacan</nobr>


<nobr>1973-74</nobr>

<img src="pipe.jpg" alt="ceci n'est pas une pipe" height="100" width="144">

En rapport avec les documents sonores disponibles en archives au groupe <a href="http://www.lutecium.fr/Accueil.html">Lutecium</a>, le texte proposé sur cette page est une transcription écrite intégrale de la séance énoncée le 23 avril 74, relue à l'aide de la bande son, (février 2004).

transcription de la version sonore originale



   Bon, je vais

d'abord, en commençant trois minutes avant l'heure, je vais d'abord m'acquitter d'un devoir que je n'ai pas rempli la dernière fois. Je ne l'ai pas fait parce que, parce que j'ai cru que ça se ferait tout seul, mais comme même dans mon école j'ai vu que personne n'avait franchi ce pas, alors ça m'incite à en provoquer d'autres à le franchir. Il y a un livre qui vient de paraître, qui vient de paraître au Champ freudien, comme on dit, hein, c'est une collection dont il se trouve que je la dirige.
    Si c'est paru dans cette collection, je n'y suis évidemment pas pour rien, il a même fallu que j'y force l'entrée. Ce livre s'appelle, c'est un titre, autant celui-là vaut qu'un autre, s'appelle : L'Amour du censeur.
    Il est du nommé Pierre Legendre, qui se trouve être professeur à la Faculté de Droit. Voilà. Alors, j'incite vivement ceux qui, ceux qui, je ne sais pas trop pourquoi, enfin, s'accumulent ici autour de ce que je dis, je les incite vivement à ce qu'on appelle en prendre connaissance, c'est-à-dire à le lire, à le lire avec un peu de soin parce qu'ils en apprendront quelque chose. Voilà. Là-dessus je commence.
    Je commence ou plutôt je recommence. C'est bien ce qui m'étonne le plus. Je veux dire que j'ai l'occasion à chaque fois de m'apercevoir que si j'ai parlé de l'espoir dans certains termes, à propos d'une question qui m'était posée, kantienne : "que je puisse... que puis-je espérer ?" et j'avais dit que l'espoir, j'avais rétorqué que l'espoir c'était une chose propre à chacun. Il n'y a pas d'espoir commun. C'est tout à fait inutile d'espérer un commun espoir. Alors moi je vais vous avouer le mien, c'est celui qui me possède toute la semaine jusqu'au matin où je me réveille à votre intention, c'est-à-dire par exemple ce matin même, jusqu'à ce moment, je, j'ai toujours l'espoir que ce sera la dernière fois, que je pourrai vous dire n-i-ni : fini. Le fait que je sois là, parce que le jour où je le dirai, ça sera avant, ce sera avant de commencer, le fait que je sois là vous prouve que, tout particulier que me soit cet espoir, il est déçu.

    Bon, alors,

moyennant quoi, en me réveillant, j'ai naturellement pensé à, à tout autre chose que, que ce que j'avais fomenté pour vous le dire, il m'est surgi comme ça, enfin que s'il y a, je l'ai déjà dit enfin, mais il faut bien que je le répète, que s'il y a, que s'il y a quelque chose dont l'analyse a découvert la vérité, c'est l'amour du savoir. Puisque tout au moins si ce que je vous fais remarquer a quelque accent, accent qui vous émeuve, le transfert révèle la vérité de l'amour et précisément en ceci qu'il s'adresse à ce que j'ai énoncé du sujet supposé savoir.
    Ça pourrait vous paraître, après ce que j'ai énoncé la dernière fois, avec je crois quelque accent, au moins je me l'imagine, enfin j'espère que vous vous en souvenez, non seulement j'ai avancé qu'il n'y avait pas de désir de savoir, mais j'ai même parlé de quelque chose qui, que j'ai articulé effectivement de l'horreur de savoir. Voilà.

   Alors comment,

comment rejoindre ça, si je puis dire ?
   Ben justement, ça ne se rejoint pas. C'est le Mariage du Ciel et de l'Enfer. Il y a un nommé William Blake, vous savez, qui a, dans son temps, à son époque, avec ses, avec son petit matériel à lui, qui n'était pas mince, a remué ça ; il lui a même donné exactement ce titre. Voilà. Alors peut-être que ce que je suis en train de vous dire, c'est que, c'est que le mariage en question n'est pas tout à fait ce qu'on croit. Ce qu'on croit, à lire William Blake, précisément. Ouais. Ceci ne fait que, que réaccentuer quelque chose que je vous ai dit ailleurs, quelque chose qu'implique en tout cas notre expérience et l'expérience analytique que je ne suis ici que pour, que pour situer.


    Qu'est-ce qu'une vérité, sinon, sinon une plainte ? Au moins est-ce là ce qui répond à ce que, à ce que nous nous chargeons, analystes, si tant est qu'il y en ait du, du psychanalyste, ce que nous nous chargeons de recueillir. Nous ne la recueillons pas tout de même sans remarquer que la division la marque. Marque la vérité. Qu'elle ne peut pas-toute être dite. Voilà. C'est notre voie, la voie, il y a longtemps que de ça, on parle, hein. Et si on la met en premier dans un énoncé que, qui je l'espère enfin est en train de vous corner aux oreilles, si on la met en premier, c'est bien que c'est de ça qu'il s'agit en premier quoique les solutions qui s'en sont avancées diffèrent entre elles, et de beaucoup. Il s'agirait de, d'avoir une petite idée de la nôtre. Et puis tout de suite après, quand on énonce ce terme, la voie, tout de suite après on parle de la vérité qui, si elle est ce que je viens de dire, est quelque chose comme une planche pourrie et puis en tiers, on ose ! Enfin quelqu'un, en tout cas, a, a osé, comme ça : un dénommé saint-Jean, il a parlé de la vie. Ce sont... d'imprudentes émissions. Emissions de quoi ? de voix. De voix à écrire tout autrement v-o-i-x, celles-là. Ce sont d'imprudentes émissions de voix qui énoncent ces couplages.
    Vous pouvez remarquer que ce... que le couplage dans l'occasion ça va par trois. Et qu'est-ce que c'est que la vie, dans l'occasion ? C'est bien quelque chose qui, qui dans ce trois, alors, fait… fait… fait un trou, hein. Je sais pas si vous savez ce que c'est que la vie, hein, mais c'est tout de même curieux que, que ça fasse problème. Lavie que pour l'occasion j'écrirais bien comme j'ai fait, comme j'ai fait de lalangue en un seul mot. Ce ne serait que pour suggérer que, que nous n'en savons, nous n'en savons pas beaucoup de choses sinon qu'elle s'lave. C'est à peu près la seule marque sensible de ce qui rentre dans lavie.

    Enfin

ces couplages, qu'est-ce que je suggère ici, à partir de l'expérience qui se définit d'analytique, qu'est-ce que je suggère ici ?


    Est-ce... ces couplages de les penser ? Ouais.
    Si c'était ça, ça serait, enfin, cette espèce de, de bascule, qui serait chute dans le discours universitaire. C'est là qu'on pense. C'est-à-dire qu'on baise. Bon, je vous fais remarquer que, que dans ce discours, je ne suis, comme ça, c'est un petit test, simplement, c'est pas du tout que, que je m'en targue, je ne suis pas reçu, je suis plutôt, plutôt supporté, oui, toléré, tout ça nous ramène au statut, au statut de, de ce que j'énonçais la dernière fois enfin lié à notre rapport, de vous, de moi et que je mettais en suspens entre la voix et l'acte de dire.
    J'ose espérer que l'acte de dire y a plus de poids, quoique c'est de cela que je puisse douter puisque ce doute c'est ce que la dernière fois j'ai émis comme tel. Si c'est l'acte de dire, c'est celui-là que je reçois d'une expérience codifiée. J'ai aussi énoncé, vous voyez, j'insiste à me répéter, j'ai aussi énoncé ceci : que faut-il, au sens de qu'est-ce qui manque pour que cette expérience codifiée, elle ne soit pas, elle ne soit pas à la portée de tout le monde ?
    C'est pas une question de division du travail, à savoir que tout le monde ne puisse pas s'employer à analyser le reste. C'est pas à la portée de tout le monde, d'un fait de... de structure dont j'ai essayé de rappeler la dernière fois ou tout au moins d'indiquer à quoi j'entends l'emmancher. Il ne peut pas être à la portée de tout le monde de remplir cet office que j'ai défini à l'instant de recueillir la vérité comme plainte.

    Quel est

le statut de ce mariage que j'ai évoqué tout à la suite, en le mettant sous le patronage de, de William Blake ? Quand je dis que ce n'est pas à la portée de tout le monde, ça va loin, ça implique qu'il y en a à qui c'est de fait interdit. Et quand j'énonce les choses ainsi, j'entends me, me démarquer de ce qu'il y aurait de ceci, de ceci qu'avance Hegel quelque part, de ce rejet, inscrit dit-il dans ce qu'il appelle "la loi du coeur", ce rejet du désordre du monde. Hegel montre que si ça se fait, c'est facile. Et il a bien raison. Il ne s'agit pas de produire ici le désordre du monde, il s'agit d'y lire le pas-tout !
    Est-ce là substitution à l'idée de l'ordre ? C'est très précisément ce que, ce dans quoi je me propose aujourd'hui d'avancer, d'avancer avec cette question laissée à l'instant de ce qui m'y pousse. Ce qui m'y pousse à en témoigner.


    Ce pas-tout, en quoi consiste-t-il ? Il est évident qu'il ne peut se rapporter à, à ce qui ferait tout, à... à un monde harmonieux.

    Alors

le pas-tout, faut-il le saisir quelque part dans un élément ? Un élément qui pèche justement de n'y pas être harmonisé ? Est-ce que ça suffit à ce que, à ce que tout y soit acquis, permettez-moi là de l'avancer, à la bifurcation, à l'arbre. Ouais. Je vous fais remarquer que là, comme ça mine de rien, à vous poser la question comme ça, cette bifurcation, c'est, c'est aussi bien ce que je viens de faire, un signe, un y, de quelque chose qui, qui est sensible, enfin avec quoi nous frayons : y a l'arbre, y a le végétal, il fait branche, c'est son mode de présence. Et je vois pas pourquoi j'irais pas à patauger là, dans, dans quelque chose qui quand même se recommande à notre attention, parce que c'est le fait de l'écriture, hein : la vieille Urscene, la scène primitive, telle qu'elle s'inscrit de la Bible, au début de la dite Genèse. Le tentateur, hein. Et puis la gourde, n'est-ce pas la, la nommée Eve, et puis le connard des connards n'est-ce pas, l'Adam premier ? Et puis ce qui circule, là, le machin qui lui reste en travers de la gorge, la pomme qu'on dit. Pis c'est pas tout, hein : y a le grand-papa qui rapplique et puis qui les, qui les sonne. Moi je suis pas contre, de lire ça.

    Je suis

pas contre puisque c'est plein de sens. C'est bien justement ce dont il faudrait le nettoyer. Peut-être que si on grattait tout le sens hein, on aurait une chance d'accéder au Réel. C'est même ça que je suis en train de vous enseigner. C'est que c'est pas le sens de la plainte qui nous importe, c'est ce qu'on pourrait trouver au-delà, de définissable comme du Réel, ouais. Seulement pour nettoyer le sens, il faudrait pas en oublier, parce que sans ça c'est ça qui fait rejet, hein, et dans tout ça y a quelque chose qu'on oublie. Et c'est justement l'arbre. Ce qui est énorme, c'est qu'on ne s'aperçoive pas que c'était ça qui était interdit. C'est pas le serpent, c'est pas la pomme, c'est pas la connasse, c'est pas le connard

c'était l'arbre dont il fallait pas approcher ! Et à lui

personne ne pense plus, c'est admirable ! Mais lui, l'arbre, qu'est-ce qu'il en pense ? Là je fais un saut parce que qu'est-ce que ça veut dire "qu'est-ce qu'il en pense ?" ça ne veut rien dire que ceci, qui est en suspens, et qui est très précisément ce qui me fait suspendre tout ce qui peut se dire au titre de la vie, de la vie qui se lave. Parce que malgré que l'arbre ne se lave pas, ça, ça se voit, est-ce que malgré cela, l'arbre jouit ? C'est une question que j'appellerai essentielle. Non pas qu'il y ait d'essence en dehors de la question : la question c'est l'essence, il n'y a pas d'autre essence que de question. Comme il n'y a pas de question sans réponse, je vous le serine depuis longtemps, ça veut dire que l'essence aussi en dépend, de la réponse. Seulement là, elle manque. Impossible de savoir si l'arbre jouit, quoiqu'il ne soit pas moins certain que l'arbre, c'est la vie. Ouais.

    Je vous

fais mes excuses d'avoir comme ça imaginé ça, imaginé de vous présenter ça, comme ça, à l'aide de la Bible. Moi, la Bible, ça ne me fout pas la trouille. Et je dirai même plus, j'ai pour ça une raison. C'est que y a des gens comme ça qui, qui en ont été formés, hein, les Juifs qu'on les appelle généralement. On peut pas dire qu'ils aient pas cogité sur le machin, la Bible. Je dirai même plus tout prouve, tout prouve dans leur histoire (à Madame Gloria Gonzalès : Donnez moi un cigare !) tout prouve dans leur histoire qu'ils ne se sont pas occupés de la nature, qu'ils ont talmudisé comme on dit c'te Bible. Eh bien je dois reconnaître que ça leur a réussi. Et à quoi est-ce que je le touche ? Je le touche à ceci, oui, qu'ils ont vraiment bien contribué, quand c'est venu à leur portée, à ce domaine qui m'intéresse, quoi que ce ne soit pas le mien, le mien au sens de domaine de l'analyse, qu'ils ont vraiment contribué, avec une particulière astuce, au domaine de la science. Qu'est-ce que ça veut dire, ça ? C'est pas eux qui l'ont, qui l'ont inventée.

    L'histoire

de la science est partie d'une interrogation sur la (mettez ça entre guillemets, je vous en prie) sur la "nature", sur la - à propos de quoi Monsieur Heidegger se tortille les circonvolutions. Qu'est-ce que c'était que la nature pour les Grecs, s'interroge-t-il ! La nature, ils s'en faisaient une idée. Il faut bien le dire que, que l'idée qu'ils s'en faisaient - comme le même Heidegger le suggère - elle est, elle est bien perdue. Elle est perdue, perdue, perdue, perdue. Je vois pas pourquoi on la regretterait ! Puisqu'elle est perdue, hein ? Eh ben, on n'a pas un tellement grand deuil à en faire puisqu'on en sait même plus ce que c'est. Ouais. On sait même plus ce que c'est parce qu'il est bien évident que si la science a réussi, a réussi, a réussi à surgir, il semble pas, d'ailleurs, que les Juifs y aient au départ mis beaucoup d'eux-mêmes. C'est après coup, dans la timbale une fois décrochée, qu'ils sont venus mettre leur grain de sel, hein, et qu'on s'est aperçu que, que c'est clair, enfin quoi l'Einstein à en remettre au grand machin de Newton, c'est lui qui tient le bon bout. Et puis il est pas le seul, il y en a d'autres, que je vous nommerai à l'occasion, mais je ne peux pas parler de tous à la fois, parce qu'ils pullulent et puis qu'ils sont pas tous dans le même coin. Ce qu'il y a de certain c'est que, c'est quand même frappant que, qu'il ait suffi de ce, de ce sacré machin-là, écrit, l'Ecriture par excellence, qu'on dit ! - qu'il ait suffi de ça pour qu'ils rentrent dans le truc de ce que, de ce que les Grecs ont préparé et préparé par quelque chose qui n'est à distinguer de l'écriture, de l'écriture en tant que la spécifie, enfin, que ce soit possible à lire, que quand ça se lit, ça fait un dire - un dire à dormir debout, naturellement, comme je vous l'ai raconté tout à l'heure à propos de cette scène à la mords-moi-le-doigt, un dire à dormir debout, mais un dire ! Il est tout à fait clair que si le Talmud a un sens, ça consistait précisément à vider de sens ce dire, c'est-à-dire à n'étudier que la lettre. Et de cette lettre induire des combinaisons absolument loufoques, dans le genre d'équivalence de la lettre et du nombre, par exemple, mais c'est tout de même curieux que ça soit ça qui les ait formés et qu'ils se trouvent à la page quand ils ont affaire à la science... Ouais.

    Alors

c'est ce qui m'autorise, je dirai, je dirai à faire comme eux, à ne pas considérer comme un champ interdit ce que j'appellerai la mousse religieuse, à laquelle je recourais tout à l'heure. Ce que j'appelle "la mousse", là, c'est le sens, tout simplement ! le sens à propos de quoi je, je, j'essayais justement de faire, de faire le nettoyage, en posant la question, la question de l'arbre : qu'est-ce qu'il est, l'arbre ? Et qu'est-ce qu'il est sur un point très précis que j'ai désigné, parce que je reste pas en l'air : est-ce qu'il jouit ? La mousse religieuse peut donc, enfin, être aussi bien du matériel de laboratoire ! Et pourquoi pas, et pourquoi pas nous en servir puisque, puisqu'elle nous vient avec ce que j'appelle, ce que j'appelle en la faisant basculer tout entière d'un côté, ce que j'appelle la vérité, parce que bien sûr, c'est pas la vérité vidée, hein, c'est la vérité comme ça foisonnante. Voilà...
    Voilà. Je peux quand même bien vous indiquer que, que c'est pas pour rien, enfin, qu'il y a, qu'il y a des Juifs biologistes, hein. Moi, je viens de lire un truc dont aussi bien je vous donnerai le titre... je vous donnerai le titre, enfin, c'est, c'est, c'est le bouquin, là, sur la sexualité et les bactéries. Il y a une chose qui, qui m'a frappé, enfin, à la lecture de ce livre que j'ai lu avec passion de bout en bout, parce que c'était dans mon, dans mon fil, comme ça, c'est que si, c'est que si l'amibe, hum... Cette petite saloperie, là, que vous regardez au microscope, là, hein, et puis qui manifestement frétille, hein, elle vous bouffe des trucs... elle bon. Ça c'est sûr qu'elle jouit !
    Eh ben pour la bactérie, je m'interroge ! Est-ce que la bactérie jouit ?
    Ben, c'est marrant hein, la seule chose qui puisse, enfin nous en suggérer l'idée, c'est, je peux quand même pas dire que c'est dans Jacob que je l'ai découvert, faut pas exagérer, j'avais eu comme ça, une rumeur... bon, mais dans ce Jacob, qui d'ailleurs est dans l'occasion associé à un nommé Wollman, ce qui m'a véritablement fasciné, hein, c'est ce qui est la caractéristique de ladite bactérie, c'est qu'il y a rien de tel au monde qu'une bactérie pour pouvoir être infectée.


    C'est pour tout dire que la bactérie ne nous apporterait absolument rien s'il n'y avait pas le bactériophage. Et le lien que fait, que fait ! il fait pas, ça se dégage mais enfin c'est certain que, le fait que, comme son nom l'indique Jacob soit juif, c'est certainement pas pour rien que son rapport, rapport d'expériences accumulées, minutieuses, foisonnantes enfin, que son rapport sur ce qu'il se passe entre la bactérie et le bactériophage, ce soit là que nous puissions prendre le "sentiment", disons que de l'infection, de son infection par le bactériophage, la bactérie jouisse, éventuellement.

    Et si

on y regarde de bien près, enfin reportez-vous au texte, moi je vous l'indique, ça va en faire un second qu'il va vous falloir vous fourrer dans les poches, seulement celui-là il est très difficile à trouver, il est archi-épuisé ce machin-là, il est paru en Amérique... C'est emmerdant ! Ce serait tout de même pas mal que vous vous en fassiez tirer des photocopies. Il y en a aussi peut-être un en français qui circule, mais je peux pas vous dire, moi, je ne m'y suis pas précipité puisque j'ai lu la chose en anglais, enfin, il y en a aussi un en français dont je sais même pas encore s'il se trouve : vous voyez quelle est ma bienfaisance, je vous l'indique au moment où vous allez donc me faire la plus effroyable concurrence si je veux me le procurer. Enfin tant pis, il y a toujours la photocopie...
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    C'est en fin de compte de là que se touche le joint, un joint qui est très particulier. Si Jacob par là manifeste qu'il y a sexe au niveau de la bactérie, il ne le manifeste que de ceci, lisez bien le livre qu'entre deux mutations de bactéries de la même lignée, soit de ce fameux escherichia coli qui a servi de matériel de laboratoire à ce niveau-là, qu'entre deux mutations de bactéries de la même provenance, ce qui constitue le sexe, c'est qu'entre elles, ces mutations, il n'y ait pas de rapport possible. Ceci veut dire qu'une lignée de bactéries dont la mutation consiste en une possibilité de foisonnement plus grande que dans l'autre, alors que c'est au niveau de cette possibilité de foisonnement que l'autre se distingue : foisonnement-plus, fertility qu'ils appellent ça en anglais, foisonnement-moins. Les foisonnantes-plus, quand elles se rencontrent avec les foisonnantes-moins, les font muter du côté du foisonnement. Alors que les foisonnantes-moins, quand elles vont aux foisonnantes-plus, elles ne les font pas muter du côté du foisonnant-moins. C'est donc essentiellement du non-rapport entre deux rameaux - nous le retrouvons notre petit arbre ! - c'est donc du non-rapport entre deux rameaux d'un même arbre, que pour la première fois se suggère, au niveau de la bactérie, l'idée qu'il y a une spécification sexuelle.

   

Alors vous voyez dans quelle note ça, ça, ça peut me toucher, parce que, de retrouver ce non-rapport à un tout autre niveau de la prétendue évolution de la vie, qui est celui dont je spécifie l'être parlant, c'est quand même quelque chose qui enfin, qui est bien fait pour me retenir et pour du même coup essayer aussi de vous mettre un peu au parfum... Parce qu'en somme, ce que ça veut dire, c'est que dans sa première apparition - qui n'a d'ailleurs, strictement rien à faire avec sa seconde apparition qui est une pure homologie - la sexualité, ce n'est pas du tout la même chose, mais que ça puisse être à l'occasion à un niveau de l'arbre, une chose liée à l'infection et à rien d'autre, c'est quand même, c'est quand même digne de nous retenir. Bien sûr, ça ne veut pas dire non plus nous précipiter, hein, faut pas se précipiter, surtout, parce que c'est, c'est la meilleure façon de se foutre le doigt dans l'œil ! Mais enfin, c'est sensible. Et que, que la question de la jouissance se suggère dès l'infection, sexualité à portée limitée, c'est aussi digne de nous retenir. Bon. Quand je dis ne pas se précipiter, hein, ça veut dire aussi : ne pas se laisser mener par le bout du nez.
    Y a-t-il - je fais rupture ici, je prends les choses par un autre bout - y a-t-il du savoir dans le Réel ? Il est essentiel qu'ici je rompe, puisque sinon moi du moins vous vous êtes jusqu'ici laissés mener par le bout du nez, c'est-à-dire que vous vous arrêtez là où je m'arrête moi-même, pour ne pas me laisser mener du même bout. Poser la seconde question, celle que j'avance maintenant, après m'être laissé mener dans la mousse religieuse, en quoi cela a-t-il de l'intérêt, que maintenant je reparte ? C'est quand même, c'est pas difficile à, à sentir, n'est-ce pas, la jouissance, elle fait éruption (sic) dans le Réel. Et qu'il y aura un moment - qui sera plus tard, parce qu'il faut quand même bien sérier les choses, hein, où la question se retourne. Le Réel, qu'a-t-il à répondre, si la jouissance l'interroge ? Et c'est en quoi je commence - là vous voyez le lien - en quoi je commence à poser la question : le savoir, c'est pas pareil que la jouissance. Je dirai même plus, s'il y a un point où, où je vous ai menés, enfin, en partant de ce savoir qui s'inscrit de l'inconscient, c'est bien que le savoir, c'est pas forcé qu'il jouisse de lui-même.
    Et c'est bien pourquoi, maintenant, rupture,  je re- [<a href="#1">fin coupure du son]</a><a href="#1">1.</a>-prends un fil d'un autre bout, dont aucun terme ne se rencontre dans ce que j'ai avancé d'abord. Je reprends le fil par un autre bout et je fais question du savoir dans le Réel. Il est bien clair que cette question comme toutes les autres ne se pose que de la réponse. Je dirai même plus : de la réponse telle que je viens de l'accentuer. L'inconscient au sens de Freud, c'est au nom de quoi je pose la question du savoir dans le Réel. Mais je ne la pose pas en donnant à l'inconscient de Freud toute sa portée. Je dis seulement que l'inconscient ne se conçoit d'abord que de ceci : que c'est un savoir. Mais je me limite à ça. C'est au nom de ça que la question du savoir dans le Réel prend son sens.


    Y en a. Et il n'y a pas besoin de l'inconscient de Freud pour qu'il y en ait. Y en a selon toute apparence, sans quoi le Réel ne marcherait pas. Voilà d'où je pars qui vous le voyez est d'une tout autre allure. D'une allure grecque, celle-là, justement. Le Réel, c'est comme le discours du maître : c'est le discours grec. Le Réel, il faut que ça marche. Et on ne voit pas comment ça marcherait, sans qu'il y ait dans le Réel du savoir. Alors là aussi hein, ne pas se précipiter. Là c'est plus de se laisser mener par le bout du nez qu'il s'agit, là, c'est de s'engluer, avec ce pas. Il faut bien en trancher le cadre. Si j'ai fait ce pas dans le Réel, il faut que je découpe le... toute la glu tout autour, pour pas y rester collé, hein. Et ça dans le Réel, c'est, si j'ose dire, ce qui ne veut rien dire hors d'un sens.

    Dans le

Réel, ça veut dire : ce qui ne dépend pas de l'idée que j'en ai. Un pas de plus avec la même colle aux pieds : ce à quoi, que j'y pense, n'importe pas. Que je pense à lui, comme ça, le Réel, c'est ce qui s'en fout. Et c'est bien pourquoi que la première fois que j'ai essayé de faire vibrer cette catégorie, enfin, aux oreilles de mes auditeurs, ceux de Sainte-Anne, je peux pas dire que j'ai pas été gentil, hein, je leur ai dit : le Réel c'est, c'est ce qui revient toujours à la même place. Ce qui est justement le mettre en place. La notion de place, elle surgit de là.
    Alors, en disant ça, je mets le Réel, je le situe justement, je le mets à sa place, d'un sens, ne l'oublions pas, d'un sens en tant <nobr>que su : </nobr>le sens se sait. C'en est même au point qu'on est étonné hein, vu le génie de lalangue qu'on n'en ait pas fait un seul mot, hein, qu'on ait, qu'on ait pataugé : le sensé, le sensible, tout ce qu'on veut, mais que ça n'ait pas fini par se cristalliser : le sensu. Faut croire que ça avait des échos qui ne nous plaisaient guère.

    Ce que

je suis en train de dire par là, en tout cas de vous avancer concernant le Réel, c'est ça d'abord, c'est que le savoir dont il s'agit dans la question : y a-t-il savoir dans le Réel, est tout à fait à séparer de l'usage du su dans le sensu. C'est du sens à partir de là que je détache le réel, mais ça n'est pas du même savoir que je questionne pour savoir s'il y a du savoir dans le Réel. Le savoir dont il s'agit dans la question n'est pas cet ordre de savoir qui porte sens ou plus exactement, qui, du sens, est porté.

    Et je

vais tout de suite l'illustrer. L'illustrer, l'illustrer d'Aristote. Il est tout à fait frappant que dans sa Physique, Aristote ait depuis un bon bout de temps enfin fait le saut, le saut par quoi, par quoi se démontre que sa Physique n'a strictement rien à faire avec la fusiz 

dont Heidegger essaie de nous faire resurgir le fantôme. C'est que ce à quoi il s'en prend, il s'en prend pour répondre à la question qui est celle que je pose maintenant : y a-t-il du savoir dans le Réel ? Il s'en prend au savoir de l'artisan. C'est que les Grecs n'avaient pas le même rapport à l'écriture. La fleur de ce qu'ils ont produit, c'est des dessins, c'est de tirer des plans. C'est leur idée de l'intelligence. Il ne suffit pas d'avoir une idée de l'intelligence pour être intelligent. Ça vous est spécialement adressé, cette recommandation. Et il est surprenant que ce soit Aristote qui nous le prouve.
    Cet artisan, Dieu sait ce qu'il lui impute, c'est le cas de le dire. Il lui impute, d'abord, de savoir ce qu'il veut : ce qui quand même est raide ! Où est-ce qu'on a vu que quelqu'un qui se dépêtre, en artisan, sache ce qu'il veut ?
    C'est Aristote qui lui, qui, qui lui flanque ça sur le dos. Grâce à Aristote, l'artisan cause final. Et puis aussi, pendant qu'il y est, je ne vois vraiment pas ce qui l'arrête, n'est-ce pas, il cause formel aussi, il a de l'idée, comme on dit. Et puis après ça, il, il, il cause cause, il cause

même moyen,  enfin, il cause efficient pour tout dire et c'est encore heureux si Aristote laisse un bout de rôle à la matière. Là c'est elle, elle cause matériel, ça cause, ça cause, ça cause même à tort et à travers.

    Parce

que pour prendre les choses comme ça, au niveau d'où ça sort, c'est-à-dire le pot, c'est comme ça que c'est sorti, non pas bien sûr qu'ils savaient faire que ça, les Grecs, ils savaient faire des machins beaucoup plus compliqués, mais tout ça, ça sort du pot. Quand je pose la question : s'il y a du savoir dans le Réel, c'est précisément pour exclure de ce Réel ce qu'il en est du savoir de l'artisan. Non seulement le savoir de l'artisan ne cause pas, mais c'est exactement cet ordre de savoir auquel l'artisan sert parce qu'un autre artisan lui a appris à faire comme ça.

    Et loin

que le pot ait une fin, une forme, une efficacité et même une matière quelconque, le pot, c'est un mode du jouir. On lui a appris à jouir à faire des pots ! Et si on lui achète pas son pot - et ça c'est le client qui l'a à sa jugeote - si on lui achète pas son pot, ben il en est pour sa jouissance, c'est-à-dire qu'il reste avec et que ça ne va pas très loin. C'est un mode qu'il est essentiel de détacher de ce dont il s'agit quand je pose la question : s'il y a du savoir dans le Réel.

    Il faudrait

quand même seulement qu'il y en ait ici quelques-uns qui ont été, qui ont été, je sais pas, à l'Exposition des Fouilles chinoises archéologiques qu'on appelait ça, des fouilles chinoises qui étaient ce que, ce qu'avait trouvé de mieux à nous envoyer le pays de Mao. Là vous pouvez voir, à ce niveau-là parce qu'il y a des raisons pour que, dans cette, dans cette zone enfin, on puisse encore voir les pots au moment de leur surgissement. Il est tout à fait clair que ces pots absolument saisissants, admirables, n'est-ce pas, ces pots du temps de l'apparition des mots, quand pour la première fois, on a fait des pots. On leur fout trois pieds comme par hasard mais c'est des pieds qui sont pas des pieds, des pieds qui se vissent, vous comprenez, c'est des pieds qui sont là dans la continuité du pot. C'est des pots qui ont, qui ont, qui ont des becs dont on peut dire que toute bouche est indigne à l'avance. C'est des pots qui sont eux-mêmes, dans leur avènement enfin des choses devant quoi on se prosterne.

    Est-ce

que vous croyez que ce surgissement-là, c'est quelque chose qui ait quoi que ce soit à faire avec la décomposition aristotélicienne ? Ces pots, il suffit de les regarder pour voir qu'en somme ils peuvent servir à rien. Mais il y a une chose certaine, c'est que ça a poussé, ça a poussé comme une fleur. Qu'Aristote enfin les, les décompose, enfin n'est-ce pas, les con-cause de quatre causes, au moins, différentes, c'est quelque chose qui, qui à soi seul enfin démontre que les pots sont d'ailleurs.

    Mais pourquoi

est-ce que je vous en parle puisque justement je les mets ailleurs ? Je vous en parle parce que si c'est le client qui, qui finalement a à juger du pot, faute de quoi le potier enfin, il peut se mettre la ceinture, ça nous démontre quelque chose, c'est que c'est le client qui non seulement achète le pot, mais qui, l'artisan, le potière, si je puis m'exprimer ainsi. Et il suffit de voir la suite de cette liaison qu'il y a entre le fait que le pot enfin soit si bien fait <a href="#2">2.</a>que le potier est porté au pinacle et pour s'apercevoir que cette vieille histoire, c'est exactement la même que celle d'où a surgi la notion de dieu, c'est si bien fait que, qu'on imagine que Dieu est un potier, exactement tout comme l'artisan. Le Dieu dont il s'agit, c'est, c'est... autrefois enfin mon vieil ami André Breton avait cru prononcer un blasphème en disant que, en disant que Dieu est un porc. C'est pas pour rien que la dernière fois je vous ai dit que j'ai jamais encouragé les surréalistes. Non pas du tout que moi j'abrégerais et je dirais que Dieu est un pot ; Dieu est un empoté ! Dieu est le potier, c'est vrai, mais le potier aussi est un empoté. C'est le sujet, enfin du, du savoir supposé à son art.

    Mais c'est

pas de ça qu'il s'agit quand je vous pose la question : y a-t-il du savoir dans le Réel ? Parce que ça, c'est ce qu'on a rencontré le jour où du Réel on a réussi à arracher un brin, c'est-à-dire au moment de Newton, où quand même c'est arrivé et que là, pour que le Réel fonctionne, le Réel au moins de la gravitation, c'est-à-dire pas rien quand même, parce que nous y sommes tous vissés à cette gravitation et rien de moins que par notre corps, jusqu'à nouvel ordre, non pas que c'en soit une propriété, comme l'a bien démontré la suite, mais on y est vissés à ce Réel. Et là, qu'est-ce que c'est enfin qui a tracassé les gens au moment de Newton ? Ça n'est rien moins que ceci, que cette question dont je dirai enfin qu'elle concernait ce dont il s'agissait, c'est-à-dire "les masses", c'est le cas de le dire. Les masses. Comment ces masses pouvaient-elles savoir à quelle distance elles étaient des autres masses pour qu'elles observent la loi de Newton ? Il est absolument clair que, que, qu'il faut Dieu, là. On peut pas tout de même prétendre que, que les masses, les masses comme telles, c'est-à-dire définies par leur seule inertie, par où leur viendrait la notion de la distance à laquelle elles sont des autres masses ? Et qui plus est, de ce qu'il en est de ces masses elles-mêmes pour se conduire correctement ? Au temps frais où cette élucubration newtonienne est sortie, ça n'a échappé à personne ! C'était la seule notion enfin que… la seule notion qu'on pouvait lui opposer, c'était, c'étaient les tourbillons de Descartes, malheureusement les tourbillons de Descartes, ils existaient pas et tout le monde pouvait très bien s'en apercevoir. Alors il fallait Dieu pour, pour informer, enfin n'est-ce pas, à tout instant enfin, c'est même au point que non seulement il fallait qu'il soit là pour informer à tout instant les masses de ce qu'il en était des autres, mais... on supposait même qu'il n'avait peut-être pas d'autre moyen que de les pousser du doigt les masses, lui-même... Ce qui, ce qui bien sûr était exagéré enfin, était exagéré parce qu'il est clair que du moment qu'il y a l'accélération inscrite déjà dans la formule, le temps aussi y était, donc il n'y avait pas besoin du doigt de Dieu ! Mais pour l'information le savoir dans le réel, ça quand même, c'était difficile de, difficile de l'exclure. Et ce dont je vous parle moi ici, c'est du savoir dans le Réel.

    <a href="#3.">3.</a> 

Fin texte de la bande son.
    <a href="#4">4.</a>  Faut pas vous imaginer que, que parce qu'Einstein est venu après et en a remis un bout, hein, faut pas vous imaginer que ça va mieux, hein, parce qu'il y a quand même une drôle d'histoire, n'est-ce pas, c'est que cette relativité de l'espace, désormais désabsolutisé, car enfin il y a un bout de temps, enfin qu'on avait pu le dire que, enfin, que, après tout Dieu c'était l'espace absolu, enfin ça c'est, c'est des badinages, bon. Mais la relativation de cet espace par rapport à, à la lumière, ça vous a une drôle de touche de fiat lux, et ça, ça a tout l'air de recommencer à, à se foutre le cul dans la mousse religieuse. Alors, n'exagérons rien. C'est peut-être là, vous comprenez, que c'est comme ça en tout cas que pour aujourd'hui je me limiterai, enfin à ce que fait surgir l'analyste. Vous avez bien senti, senti, hein, que tout ça provient de ce fait enfin c'est que nous n'avons parlé jusque ici que de ce qui vient du ciel. Tout ce que nous avons de Réel un tant soit peu sûr, y compris nos montres, hein, c'est, c'est, c'est, c'est uniquement, uniquement descendu du ciel. Si ce n'est pas de là qu'on était parti pour ce qui revient toujours à la même place, définition que je donne du Réel, nous n'aurions aujourd'hui ni montre, ni télévision, ni toutes ces choses charmantes grâce à quoi vous êtes non seulement minutés, mais si j'ose dire, "secondés". Vous êtes tellement bien secondés que vous n'avez même plus la place de vivre.

   

Heureusement qu'il y a de l'analyste, hein. L'analyste, je vais terminer sur une métaphore : l'analyste, c'est le feu-follet. C'est une métaphore qui elle ne fait pas fiat lux. C'est tout ce que j'ai à dire pour l'excuser. Je veux dire qu'elle s'oppose aux étoiles d'où, d'où tout est descendu de ce qui vous encombre et vous range ici si bien, enfin, pour écouter mon discours, n'est-ce pas. C'est-à-dire que ça n'a absolument rien à faire avec ce dans quoi vous viendrez vous plaindre chez moi dans un instant.

   

Le seul avantage que je trouve à ce feu-follet, c'est que ça ne fait pas fiatlux. Le, le, le feu-follet n'éclaire rien, il sort même ordinairement de quelque pestilence. C'est sa force. C'est ce qu'on peut dire, à partir du feu-follet, dont j'essaierai de reprendre le fil, le fil follet, la prochaine fois.


<a name="1"></a>1. début coupure à 60'. Le texte est celui de la version papier C.B.:  de "C'est en fin de compte de là que se touche le joint [...]" à : "Et c'est bien pourquoi, maintenant, rupture, je reprends un fil d'un autre bout [...]"

<a name="2"></a>2. Phrase

qui ne figure pas sur la version C.B. (à 86'20) : que le potier est porté au pinacle et pour s'apercevoir que cette vieille histoire, c'est exactement la même que celle d'où a surgi la notion de dieu, c'est si bien fait que, [qu'on imagine...]

<a name="3."></a>3. . A partir

de là, la bande son jusqu'à la fin (90' à 99'26) n'est plus pertinente (reprise d'un passage énoncé avant de 14'30 à 20')
Ce sont... d'imprudentes émissions. Emissions de quoi ? de voix. De voix à écrire tout autrement v-o-i-x, celles-là. Ce sont d'imprudentes émissions de voix qui énoncent ces couplages.
    Vous pouvez remarquer que ce... que le couplage dans l'occasion ça va par trois. Et qu'est-ce que c'est que la vie, dans l'occasion ? C'est bien quelque chose qui, qui dans ce trois, alors, fait… fait… fait un trou, hein. Je sais pas si vous savez ce que c'est que la vie, hein, mais c'est tout de même curieux que, que ça fasse problème. Lavie que pour l'occasion j'écrirais bien comme j'ai fait, comme j'ai fait de lalangue en un seul mot. Ce ne serait que pour suggérer que, que nous n'en savons, nous n'en savons pas beaucoup de choses sinon qu'elle s'lave. C'est à peu près la seule marque sensible de ce qui rentre dans lavie.


    Enfin ces couplages, qu'est-ce que je suggère ici, à partir de l'expérience qui se définit d'analytique, qu'est-ce que je suggère ici ?
    Est-ce... ces couplages de les penser ? Ouais.
    Si c'était ça, ça serait, enfin, cette espèce de, de bascule, qui serait chute dans le discours universitaire. C'est là qu'on pense. C'est-à-dire qu'on baise. Bon, je vous fais remarquer que, que dans ce discours, je ne suis, comme ça, c'est un petit test, simplement, c'est pas du tout que, que je m'en targue, je ne suis pas reçu, je suis plutôt, plutôt supporté, oui, toléré, tout ça nous ramène au statut, au statut de, de ce que j'énonçais la dernière fois enfin, lié à notre rapport, de vous, de moi et que je mettais en suspens entre la voix et l'acte de dire.
    J'ose espérer que l'acte de dire [...] (fin).

<a name="4"></a>4. La fin

du texte de cette séance n'est pas sur la bande son, c'est le texte proposé sur la version C.B.<a></a><a></a>