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'J.LACAN'                        gaogoa

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IX-L'IDENTIFICATION

            Version rue CB                                    [#note note]

S�minaire du 23 mai 1962

(->p447) (XXI/1)

    Pourquoi un signifiant est-il saisi de la moindre chose, peut-il saisir la moindre chose ? voil� la question, une question dont peut-�tre il n'est pas excessif de dire qu'on ne l'a point encore pos�e en raison de la forme qu'a prise classiquement la logique. En effet le principe de la pr�dication qui est la proposition universelle n'implique qu'une chose c'est que ce que l'on saisit ce sont des �tres nullifiables : dictum de omni et nullo. Pour ceux de qui ces termes ne sont pas familiers et qui par cons�quent ne comprennent pas tr�s bien, je rappelle ce qu'est ce que je suis entrain de vous expliquer depuis plusieurs fois, � savoir de prendre le support du cercle d'Euler d'autant plus l�gitimement que ce qu'il s'agissait de subsistuer est autre chose, le cercle d'Euler comme tout cercle si je puis dire na�f, cercle � propos duquel la question ne se pose pas de savoir s'il cerne un morceau, un lambeau. Le propre du cercle, d�tache-t-il un lambeau de cette surface hypoth�tique impliqu�e, c'est qu'il peut se r�duire progressivement � rien. La possibilit� de l'universel, c'est la nullit�. Tous les professeurs, vous ai-je dit un jour - parce que j'ai choisi cet exemple pour ne pas retomber toujours dans les m�mes probl�mes - tous les professeurs sont lettr�s ; eh bien, si par hasard quelque part aucun professeur ne m�rite d'�tre qualifi� de lettr�, qu'� ceci ne tienne nous aurons des professeurs nuls. Observez bien que ceci n'est pas �quivalent � dire qu'il n'y a pas de professeurs. La preuve, c'est que les professeurs nuls, eh bien, nous les avons � l'occasion. Quand je dis "avoir", prenez cet avoir au sens fort, au sens dont il s'agit. Ce n'est pas comme cela un mot glissant, destin� � laisser �chapper la savonnette. Quand je dis "nous les avons", cela veut dire que nous sommes habitu�s � les avoir. De m�me nous avons des tas de choses comme cela : nous avons la r�publique, comme disait un paysan avec qui je conversais il n'y a pas tr�s longtemps cette ann�e, nous avons eu la gr�le, et puis apr�s les boy-scouts. Quelque (->p448) (XXI/2) soit la pr�carit� d�finitionnelle pour le paysan de ces m�t�ores, le verbe avoir a donc bien ici son sens.  

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       Nous avons par exemple aussi les psychanalystes et c'est �videmment bien plus compliqu� parce que les psychanalystes commencent � nous faire entrer dans l'ordre de la d�finition existentielle. On y entre par la voie de la condition. On dit par exemple : il n'y a pas, nul ne pourra se dire psychanalyste s'il n'a �t� psychanalys�. Eh bien, il y a un grand danger � croire que ce rapport soit homog�ne avec ce que nous avons �voqu� pr�c�demment dans ce sens o�, pour nous servir des cercles d'Euler, il y aurait le cercle des psycha-

nalys�s ; mais, comme chacun sait, tous les psychanalystes devant �tre psychanalys�s, le cercle des psychanalystes pourrait donc �tre trac� inclus au cercle des psychanalys�s. Je n'ai pas besoin de dire que si notre exp�rience avec les psychanalystes n'avait pu �tre analys�e, c'est probablement que les choses ne sont pas si simples, � savoir qu'apr�s tout, ce n'est pas �vident au niveau du professeur que le fait m�me de fonctionner comme professeur puisse aspirer au sein du professeur, � la mani�re d'un siphon, quelque chose qui le vide de tout contact avec les effets de la lettre, il est au contraire tout � fait �vident pour le psychanalyste que tout est l�. Il ne suffit pas de renvoyer la question � qu'est-ce que c'est que d'�tre psychanalys� ?  Car bien entendu ce qu'on croit faire l�, et bien s�r naturellement, ne serait que de d�tourner personne de mettre au premier plan la question de ce que c'est qu'�tre psychanalys�. Mais dans le rapport au psychanalyste, ce n'est pas cela qu'il s'agit de saisir, si nous voulons attraper la conception du psychanalyste c'est de savoir qu'est-ce que �a lui fait au psychanalyste d'�tre psychanalys�, ceci en tant que psychanalyste et non pas partie des psychanalys�s. Je ne sais pas si je me fais bien entendre, mais je vais vous ramener une fois de plus au b-a-ba, � l'�l�mentaire. Si tout de m�me � entendre le plus vieil exemple de la logique, le premier pas que l'on fait pour pousser Socrate dans le trou, � savoir : "Tous les hommes sont mortels", depuis le temps qu'on nous tympanise avec cette formule, je sais bien que vous avez eu le temps de vous endurcir, mais pour tout �tre un peu frais, le fait m�me de la promotion de cet exemple au coeur de la logique ne peut pas ne pas �tre la source de quelque malaise, de quelque sentiment de (->p449) (XXI/3) l'escroquerie. Car en quoi nous int�resse une telle formule, si c'est l'homme qu'il s'agit de saisir ? A moins que ce dont il s'agisse - et c'est justement ce que les cercles concentriques de l'inclusion eul�rienne 

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escamotent -, ce n'est pas de savoir qu'il y a un cercle de mortels et � l'int�rieur le cercle de l'homme, ce qui n'a strictement aucun int�r�t, c'est de savoir qu'est-ce que �a lui fait � l'homme d'�tre mortel, d'attraper le tourbillon qui se produit quelque part au centre de la notion d'homme de ce fait de sa conjonction au pr�dicat mortel, et que c'est bien pour �a que nous courrons apr�s quelque chose ; quand nous parlons de l'homme, c'est justement � ce tourbillon, � ce trou qui se fait l� dans le milieu quelque part que nous touchons.  

    J'ouvrais r�cemment un excellent livre d'un auteur am�ricain dont on peut dire que l'�uvre accro�t le patrimoine de la pens�e et de l'�lucidation logique. Je ne dirai pas son nom parce que vous allez chercher qui c'est. Et pourquoi est-ce que je ne le fais pas ? Parce que, moi, j'ai eu la surprise de trouver dans les pages o� il travaille si bien un tel sens si vif de l'actualit� du progr�s de la logique, o� justement mon huit int�rieur intervient.

    Il n'en fait pas du tout le m�me usage que moi. N�anmoins je me suis amen� � la pens�e que quelques mandarins parmi mes auditeurs viendraient me dire un jour que c'est l� que j'ai p�ch�. Sur l'originalit� du passage de M. Jakobson, je compte en effet la plus forte r�f�rence. Il faut dire que dans ce cas je crois avoir commenc� � pousser en avant la m�taphore et la m�tonymie dans notre th�orie quelque part du c�t� du discours de Rome qui est paru. - c'est en parlant avec Jakobson qu'il m'a dit : "Bien s�r, cette histoire de la m�taphore et de la m�tonymie, nous avons tordu cela ensemble, souvenez-vous, le 14 juillet 1950". Pour le logicien en question, il y a longtemps qu'il est mort, et son petit huit int�rieur pr�c�de incontestablement sa promotion ici. Mais quand il entre d'un bon pas dans son examen de l'universel affirmatif, il use d'un exemple qui a le m�rite de ne pas tra�ner partout. I1 dit : "Tous les saints sont des hommes, tous les hommes sont passionn�s, donc tous les saints sont passionn�s," I1 ramasse cela parce que vous devez bien sentir, dans un tel exemple, que le probl�me est bien de savoir o� est cette passion pr�dicative la plus ext�rieure, de ce syllogisme universel de savoir quelle sorte de passion  revient au c�ur pour faire la saintet�.

(->p450) (XXI/4) Tout cela, j'y ai pens� ce matin, je veux dire � vous le dire comme cela pour vous faire sentir ce dont il s'agit concernant ce que j'ai appel� un certain mouvement de tourbillon. Qu'est-ce que nous essayons de serrer avec notre appareil concernant les surfaces, les surfaces au sens que nous entendons leur donner d'un usage ici qui, pour rassurer mes auditeurs inquiets, est peut �tre, de mes excursions, peu classique, mais est tout de m�me quelque chose qui n'est rien d'autre que de renouveler, de r�interroger la fonction kantienne du sch�me ? Je pense que le radical illogisme � l'exp�rience et l'appartenance de l'inclusion. Le rapport de l'extension � la compr�hension, au cercle d'Euler - toute cette direction s'est engag�e avec le temps logique - est-ce que dans le fourvoiement m�me elle n'est pas le rappel de ce qui fut, � son d�part, oubli�, ce qui fut � son d�part l'objet dont il s'agit - f�t-il le plus pur : est-il ou sera-t-il, quoi qu'on fasse, l'objet du d�sir - et que s'il s'agit de le cerner pour l'attraper logiquement, c'est-�-dire avec le langage, c'est que d'abord il s'agit de le saisir comme objet de notre d�sir, l'ayant saisi de le garder, ce qui veut dire l'enclore et que ce retour de l'inclusion au premier plan de la formation logique, il trouve sa racine dans ce besoin de poss�der o� se fonde notre rapport � l'objet en tant que tel du d�sir.

    Le Begriff �voque la saisie parce que c'est de courir apr�s la saisie d'un objet de notre d�sir que nous avons forg� le Begriff. Et chacun sait que tout ce que nous voulons poss�der pour le d�sir, et non pour la satisfaction d'un besoin nous fuit et se d�robe. Qui ne l'�voque dans le pr�che moraliste ! Nous ne poss�dons rien enfin ! I1 faudra quitter tout cela, dit le c�l�bre cardinal, comme c'est triste ! Nous ne poss�dons rien, dit le pr�che moraliste, parce qu'il y a la mort.

    Ce qu'on nous promet au niveau du fait de la mort r�elle n'est pas ce qui est en question ; ce n'est pas pour rien qu'une longue ann�e je vous fis promener dans cet espace que mes auditeurs ont qualifi� d'entre-deux-morts. La suppression de la mort r�elle n'arrangerait rien � cette affaire du d�robement de l'objet du d�sir parce qu'il s'agissait de l'autre mort, celle qui fait que m�me si nous �tions pas mortels, si nous avions promesse de vie �ternelle, la question reste toujours ouverte si cette "vie �ternelle", je veux dire dont serait �cart�e toute promesse de la fin, n'est pas concevable comme une forme de mourrir �ternellement. 

    Elle l'est assur�ment puisque c'est notre condition quotidienne, (->p451) (XXI/5) et nous devons en tenir compte dans notre logique d'analystes parce que c'est ainsi, si la psychanalyse a un sens et si Freud n'�tait pas fou. Car c'est cela que d�signe ce point dit de l'instinct de mort.

    D�j� le physiologiste le plus g�nial, on peut dire, de tous ceux qui ont le sens de ce biais de l'approche biologique, Bichat : "La vie, dit-il," est l'ensemble des forces qui r�sistent � la mort. "Si quelque chose de notre exp�rience peut se r�fl�chir, peut un jour prendre sens ancr� sur ce plan si difficile, c'est cette pr�cession produite par Freud de cette formule du tourbillon de la mort sur les flancs de laquelle la vie se cramponne pour ne pas y passer. Car la seule chose � ajouter pour rendre � quiconque cette fonction tout � fait claire, est qu'il suffit de ne pas confondre la mort avec l'inanim�, quand dans la nature inanim�e il suffit que nous baissant nous ramassions la trace de ce que c'est qu'une forme morte, le fossile, pour que nous saisissions que la pr�sence du mort dans la nature c'est autre chose que l'inanim�.

    Est-il bien s�r que c'est l�, coquilles et d�chets, une fonction de la vie ? C'est r�soudre un peu ais�ment le probl�me quand il s'agit de savoir pourquoi la vie �a se tortille comme �a. Au moment de reprendre la question du signifiant d�j� abord�e par la voie de la trace, il m'est venu l'id�e ironique, soudain sortant des dialogues platoniciens, de penser que cette empreinte un tant soit peu scandaleuse dont Platon fait �tat pensant � la marque laiss�e dans le sable du stade par les culs nus des bien aim�s, expressions vers lesquelles se pr�cipitait l'adoration des amants et dont la biens�ance consistait � l'effacer, ils auraient mieux fait de la laisser en place. Si les amants avaient �t� moins obnubil�s par l'objet de leur d�sir, ils auraient �t� capables d'en tirer parti et d'y voir l'�bauche de cette curieuse ligne que je vous propose aujourd'hui, telle est l'image de l'aveugl�ment que porte avec lui trop vif tout d�sir.

    Repartons donc de notre ligne qu'il faut bien prendre sous la forme o� elle nous est donn�e : close et nullifiable, la ligne du z�ro originel de l'histoire effective de 1a logique. Si nous y apprenons, y revenant d'ores et d�j�, que nul c'est la racine du tous, au moins l'exp�rience n'aura pas �t� faite en vain.

    Cette ligne, pour nous, nous l'appelons la coupure, une ligne - c'est notre d�part - qu'il nous faut tenir a priori pour ferm�e. C'est l� l'essence de sa nature signifiante. Rien ne pourra jamais nous prouver, (->p452) (XXI/6) puisqu'il est de la nature de chacun de ces tours de se fonder comme diff�rents, rien dans l'exp�rience ne peut nous permettre de se fonder comme �tant la m�me ligne. C'est justement cela qui nous permet d'appr�hender le r�el. C'est en ceci que son retour �tant structuralement diff�rent, toujours une autre fois, si cela se ressemble, alors il y a suggestion, probabilit� que la ressemblance vienne du r�el. Aucun autre moyen d'introduire d'une fa�on correcte la fonction du semblable. Mais ce n'est l� qu'une indication que je vous donne. A passer plus loin, il me semble que je l'ai maintes fois r�p�t� si ce n'est, pour n'avoir point � y revenir, que, tout de m�me la rappelant, je vous renvoie � cette oeuvre d'un g�nie pr�coce et comme tous les g�nies pr�coces trop pr�c�demment disparu, Jean Nicaud, "la G�om�trie du Monde Sensible", o� le passage concernant la ligne axiomatique- peut-�tre quelques-uns d'entre vous qui s'int�ressent authentiquement � notre progr�s peuvent s'y reporter - montre bien comment l'escamotage de la fonction du cercle signifiant dans cette analyse de l'exp�rience sensible est chim�rique, m�me l'auteur, malgr� l'incontestable int�r�t de ce qu'il promeut, au paralogisme que vous ne manquerez pas d'y trouver. Nous prenons au d�part cette ligne dont l'existence de la fonction des surfaces topologiquement d�finies a servi d'abord � renverser pour vous l'�vidence trompeuse que l'int�rieur de la ligne f�t quelque chose d'univoque, puisqu'il suffit que la ligne se dessine sur une surface d�finie d'une certaine fa�on , le tore par exemple pour qu'il soit apparent que, tout en restant dans sa fonction de coupure, elle ne saurait d'aucune fa�on y remplir la m�me fonction que la surface que vous me permettrez sans plus d'appeler ici fondamentale, celle de la sph�re, � savoir de d�finir un lambeau de nullifiable par exemple. Pour ceux qui viennent ici pour la premi�re fois, ceci veut dire une ligne ferm�e ici dessin�e ou encore celle-ci qui ne saurait en aucune fa�on se r�duire � z�ro, c'est � savoir que la fonction de la coupure qu'elles introduisent dans la surface est quelque chose qui � chaque fois fait probl�me. Je pense que ce dont il s'agit concernant le signifiant, c'est de cette liaison r�ciproque qui fait que si d'une part, comme je vous l'ai rendu sensible la derni�re fois � propos de 1a surface de Moebius, cette jolie petite oreille contourn�e dont je vous ai donn� quelques exemplaires, la coupure m�diane par rapport � son champ la transforme en une surface autre qui n'est plus cette surface de Moebius. Si tant est que la surface de Moebius est -l�-dessus je fais plus d'une r�serve - peut-�tre dite n'avoir qu'une face, assur�ment celle qui r�sultait de la coupure en avait deux, de faces. Ce dont il s'agit pour nous, prenant ce biais d'interroger les effets du d�sir par l'abord du signifiant, c'est de nous apercevoir comment le champ de la coupure, la b�ance de la coupure, c'est  s'organisant en surface qu'elle fait (->p453) (XXI/7) surgir pour nous les diff�rentes formes o� peuvent s'ordonner les temps de notre exp�rience du d�sir.  

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Quand je vous dit que c'est � partir de la coupure que s'organisent les formes de la surface dont il s'agit, pour nous, dans notre exp�rience, d'�tre capables de faire venir au monde l'effet du signifiant, je l'illustre - je ne l'illustre pas pour la premi�re fois - : voici la sph�re, voici notre coupure centrale prise par le biais inverse du cercle d'Euler ce qui nous int�resse, ce n'est pas le morceau

qui est n�cessairement par la ligne ferm�e, sur la sph�re, d�tach�, c'est la coupure ainsi produite et, si vous voulez, d'ores et d�j� le trou. I1 est bien clair que tout doit �tre donn� de ce qui nous trouverons � la fin, en d'autres termes qu'un trou cela a d�j� l� tout son sens, sens rendu particuli�rement �vident du fait de notre recours � la sph�re. Un trou fait ici communiquer l'un avec l'autre l'int�rieur avec l'ext�rieur. Il n'y a qu'un petit malheur : c'est que d�s que le trou est fait, il n'y a plus ni int�rieur ni ext�rieur, comme est trop �vident ceci, c'est que cette sph�re trou�e se retourne le plus ais�ment du monde. I1 s'agit de la cr�ature universelle, primordiale, celle du potier �ternel. Il n'y a rien de plus facile � retourner qu'un bol, c'est-�-dire une calotte. Le trou n'aurait donc pas grand sens pour nous, s'il n'y avait pas autre chose pour supporter cette intuition fondamentale - je pense que cela vous est familier aujourd'hui - c'est � savoir qu'un trou, une coupure il lui arrive des avatars et le premier possible est que deux points du bord s'accolent : une des premi�res possibilit�s concernant un trou, c'est de devenir deux trous.

    Certains m'ont dit : que ne r�f�rez-vous � l'embryologie vos images ? Croyez bien qu'elles n'en sont jamais bien loin. C'est ce que devant vous j'explique, mais ce ne serait qu'un alibi parce qu'ici me r�f�rer � l'embryologie c'est m'en remettre au pouvoir myst�rieux de la vie dont on ne sait pas bien s�r pourquoi elle croit devoir ne s'introduire dans le monde que par le biais, l'interm�diaire de cette globule, de cette sph�re qui se multiplie, se d�prime, s'invagine, s'avale elle-m�me, puis

singuli�rement , du moins jusqu'au niveau du batracien le blastopore, � savoir ce quelque chose qui n'est pas un trou dans la sph�re, mais un morceau de la sph�re qui

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(->p454) (XXI/8) s'est rentr� dans l'autre. Il y a assez de m�decins ici qui ont fait un tout petit peu d'embryologie �l�mentaire pour se rappeler ce quelque chose qui se met � se diviser en deux pour amorcer ce curieux organe que l'on appelle canal neurent�rique compl�tement injustifiable par aucune fonction, cette communication de l'int�rieur du tube neural avec le tube digestif �tant plut�t � consid�rer comme une singularit� baroque de l'�volution d'ailleurs promptement r�sorb�e : dans l'�volution ult�rieure on n'en parle plus.

     Mais peut-�tre les choses prendraient-elles un tour nouveau � �tre prises comme un m�tabolisme, une m�tamorphosme guid�e par des �l�ments de structure dont la pr�sence et l'homog�n�it� avec le plan dans lequel nous nous d�pla�ons dans la tenue du signifiant sont le terme d'un isolement en quelque sorte pr�vital de la trace de quelque chose qui pourrait peut-�tre nous mener � des formalisations qui m�me sur le plan de l'organisation de l'exp�rience biologique pourraient s'av�rer f�condes, quoi qu'il en soit, ces deux trous isol�s � la surface de la sph�re, ce sont eux qui rejoints l'un � l'autre et tr�s prolong�s puis conjoints, nous ont donn� le tore. Cela n'est pas nouveau. Simplement je voudrais bien articuler pour vous le r�sultat ; le r�sultat d'abord, c'est que

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 s'il y a quelque chose qui pour nous  supporte l'intuition du tore, c'est cela :  un  macaroni qui se rejoint, qui se mord la queue ;  c'est ce qu'il y a de plus exemplaire dans  la fonction du trou. Il y en a un au milieu  du macaroni et il y a un courant d'air, ce  qui fait qu'en passant � travers du cerceau qu'il forme il y a un trou qui fait communiquer l'ext�rieur avec l'int�rieur, et

 puis il y en a un autre plus formidable encore qui met un trou au coeur de la surface qui est l� trou tout en �tant en plein ext�rieur. L'image du forage est introduite ; car ce que nous appelons trou, c'est cela c'est ce couloir qui s'enfoncerait dans une �paisseur, image fondamentale qui quant � la g�om�trie du monde sensible n'a jamais �t� suffisamment distingu�e. Et puis l'autre trou qui est le trou central de la surface, � savoir le trou que j'appellerai le trou courrant d'air, ce que je pr�tends avancer pour poser nos probl�mes, c'est que ce trou courrant d'air irr�ductible, si nous le cernons d'une coupure, c'est proprement l� que se tient, dans les effets de la fonction signifiante, a , l'objet en tant que tel. Ceci veut dire que l'objet est rat�, puisqu'il ne saurait (->p455) (XXI/9) en aucun cas y avoir l� que le contour de l'objet, dans tous les sens que vous pouvez donner au mot contour. Une autre possibilit� s'ouvre encore qui pour nous vivifie, donne son int�r�t � la comparaison structurante et structurale de ces surfaces, c'est que la coupure peut en

surface s'articuler autrement. Le trou ici dessin� � la surface de la sph�re, nous pouvons �noncer, formuler, souhaiter que chaque point soit conjoint � son point antipodique, que sans nulle division de
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la b�ance, la b�ance s'organise en surface de cette fa�on qui l'esquisse compl�tement sans le m�dium de cette division interm�diaire. Je vous l'ai montr� la derni�re fois et je vous le remontrerai  : ceci nous donna la surface qualifi�e de bonnet ou de cross-cap, � savoir quelque chose dont il convient que vous n'oubliez pas que l'image que je vous ai donn�e n'est qu'une image � proprement parler tordue puisque ce qui semble � tout un chacun qui pour la premi�re fois a � y  r�fl�chir, ce qui y fait obstacle, c'est la question de cette fameuse ligne d'apparente p�n�tration de la surface � travers elle-m�me qui est n�cessaire pour la repr�senter dans notre espace. Ceci que je d�signe ici dune fa�on trembl�e, est fait pour indiquer qu'il faut la consid�rer comme vacillante, non pas fix�e.. En d'autres termes nous n'avons jamais � tenir compte de tout ce qui se prom�ne ici d'un c�t� � l'ext�rieur de la surface, qui ne saurait passer � l'ext�rieur de ce qui est de l'autre cote puisqu'il n'y a pas de r�elle 

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rencontre des faces, mais au contraire ne  saurait passer que de l'autre c�t� � l'in t�rieur donc de l'autre face, je dis l'autre  par rapport � l'observateur ici plac�.

    Donc de repr�senter les choses ainsi concernant cette forme de surface, ne tient qu'� une certaine incapacit� des formes intuitives de l'espace � trois dimensions pour permettre le support d'une image qui rende r�ellement compte de la continuit� obtenue sous le nom de cette nouvelle surface dite cross-cap, le bonnet en question. En d'autres termes, qu'est-ce que cette surface soutient ? Nous l'appelle-

 rons - puisque ce sont l� les th�ses que j'avance d'abord, et nous nous permettrons ensuite de donner son sens � l'usage que je vous proposerai de (->p456) (XXI/10) faire ces diverses formes - nous l'appelons cette surface, non pas le trou car comme vous le voyez, il y en a au moins un qu'elle escamote, qui dispara�t compl�tement dans sa forme - mais la place du trou. Cette surface ainsi structur�e est particuli�rement propice � faire fonctionner devant nous cet �l�ment le plus insaisissable qui s'appelle le d�sir en tant que tel, autrement dit le manque. Il reste pourtant que pour cette surface  

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qui comble la b�ance malgr� l'apparte nance qui fait de tous ces points que nous appellerons, si vous le voulez, antipodiques, des points �quivalents, ils ne peuvent n�anmoins fonctionner dans cette �quivalence antipodique s'il y a deux points privil�gi�s. Ceux-ci sont ici repr�sent�s par ce tout petit rond sur lequel m'a d�j� interrog� 1a perspicacit� d'un de mes auditeurs : "Qu'est-ce que vous voulez en effet repr�senter ainsi par ce tout petit rond ?" Bien s�r ce n'est d'aucune fa�on quelque chose d'�quivalent au trou  central du tore puisque tout ce qui, �  quelque niveau que vous vous placiez  de ce point-m�me privil�gi�, tout ce  qui s'�change d'un c�t� � l'autre de la  figure, ici passera par cette fausse d�cussation ou croisement qui en fait la

 structure. N�anmoins ce qui est ainsi indiqu� par cette forme ainsi encercl�e n'est pas autre chose que la possibilit� au-dessous, si l'on peut s'exprimer ainsi, de ce point de passer d'une surface ext�rieure � l'autre. C'est aussi la n�cessit� d'indiquer qu'un cercle non privil�gi� sur cette surface, un cercle r�ductible si vous le faites glisser, si vous l'extrayez de son apparence de mi-occultation au-del� de la limite apparemment ici de recroisement et de p�n�tration pour l'amener � s'�tendre, � se d�velopper ainsi vers la moiti� inf�rieure de la figure, et donc � s'isoler ici en une (->p457) (XXI/11)

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forme � l'ext�rieur de la figure, devra toujours ici contourner quelque chose qui ne lui permet pas en aucune fa�on de se transformer en ce qui serait son autre forme, la forme privil�gi�e d'un cercle en tant qu'il fait le tour du point privil�gi� et qu'il doit se figurer sur la surface en question celle-ci en effet d'aucune fa�on ne saurait lui �tre �quivalente, puisque cette forme est quelque chose qui passe autour du point privil�gi�, du point structural autour duquel est support�e toute la structure de la surface ainsi d�finie.

  Ce point double et point simple � la fois autour duquel est support�e la possibilit� m�me de la structure entrecrois�e du bonnet ou du cross-cap, ce point c'est par lui que nous symbolisons ce qui peut introduire un objet a quelconque � la place du trou. Ce point privil�gi� nous en connaissons les fonctions et la nature : c'est le phallus, le phallus pour autant que c'est par lui comme op�rateur qu'un objet a peut �tre mis � la place m�me o� nous ne saisissons dans une autre structure (tore) que son contour. C'est l� la valeur exemplaire de la structure du cross-cap que j'essaie d'articuler devant vous : la place du trou,

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(->p458) (XXI/12) c'est au principe ce point d'une structure sp�ciale en tant qu'il s'agit de le distinguer des autres formes de points, celui-ci par exempte d�fini par le recoupement d'une coupure sur elle-m�me, premi�re forme possible � donner � notre huit int�rieur. Nous coupons quelque chose dans un papier par exemple et un point sera d�fini par le fait que la coupure repasse sur l'endroit d�j� coup�. Nous savons bien que ceci n'est nullement n�cessaire pour que la coupure ait sur la surface une action compl�tement  d�finissable et y introduise ce changement dont il s'agit que nous prenions le support pour imager certains effets du signifiant. Si nous prenons un tore et le coupons ainsi, �a fait cette forme que nous avons ici dessin�e, passant de l'autre c�t� du tore, vous voyez bien qu'a aucun moment cette coupure ne se rejoint elle-m�me. Faites-en l'exp�rience sur  

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quelque vieille chambre � air, vous verrez  ce que cela donnera . cela donnera ma  surface continue organis�e de telle sorte  qu'elle se retourne deux fois sur elle m�me avant de se rejoindre. Si elle ne s'�tait retourn�e qu'une fois, ce serait  une surface de Moebius. Comme elle se retourne deux fois, cela fait une surface � deux faces qui n'est pas identique � celle que je vous ai montr�e l'autre jour apr�s section - surface du Moebius - puisque celle-l� se retourne deux fois et une autre fois encore diff�remment - anneau de Jordan.  

    Mais l'int�r�t c'est de voir qu'est-ce qu'est exactement ce point privil�gi� en tant que comme tel il intervient, il sp�cifie le lambeau o� il reste irr�ductiblement, lui donnant l'accent particulier qui lui permet pour nous � 1a fois de d�signer la fonction selon laquelle un objet  ???   depuis  toujours est avant m�me l'introduction des reflets, des apparences que nous en avons sous forme d'images, l'objet du d�sir. Cet effet, il ne le prend que des effets de la fonction du signifiant et on ne fait que retrouver en lui sa destination de toujours comme objet, c'est le seul objet absolument autonome, primordial par rapport au sujet, d�cisif par rapport � lui au point que ma relation � cet objet est en quelque sorte � inverser.

Que si dans le fantasme le sujet par un mirage en tous points parall�le � celui de l'imagination du stade du miroir, quoique d'un (->p459) (XXI/13) autre ordre, s'imagine de par l'effet de ce qui le constitue comme sujet, c'est-�-dire l'effet du signifiant, supporter l'objet qui vient par lui combler le manque, le trou de l'Autre - et c'est cela le fantasme -, inversement peut-on dire que toute la coupure du sujet, ce qui dans le monde le constitue comme s�par�, comme rejet�, lui est impos� par une d�termination non plus subjective, allant du sujet vers l'objet, mais objective de l'objet vers le sujet, lui est impos� par l'objet a, mais en tant qu'au coeur de cet objet a il y a ce point central, ce point tourbillon par o� l'objet sort d'un au-del� du noeud imaginaire, id�aliste sujet-objet qui a fait jusqu'ici depuis toujours l'impasse de la pens�e, ce point central qui de cet au-del� promeut l'objet comme objet du d�sir. C'est ce que nous poursuivrons 1a prochaine fois.

note: bien que relu, si vous d�couvrez des erreurs manifestes dans ce s�minaire, ou si vous souhaitez une pr�cision sur le texte, je vous remercie par avance de m'adresser un [mailto:gaogoa@free.fr �mail]. [#J.LACAN Haut de Page] 
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