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'J.LACAN'                         gaogoa

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IX-L'IDENTIFICATION

            Version rue CB                                    [#note note]

S�minaire du 30 mai 1962

S�MINAIRE DE MONSIEUR LE PROFESSEUR LACAN

(->p460) (XXII/1)

    L'enseignement o� je vous conduis est command� par les chemins de notre exp�rience. I1 peut para�tre excessif, sinon f�cheux que ces chemins suscitent dans mon enseignement une forme de d�tours disons inusit�s, qui, � ce titre, peuvent para�tre � proprement parler exorbitante. Je vous les �pargne autant que je peux. Je veux dire que, par des exemples nou�s, aussi serr�s que possible pr�s de notre exp�rience, je dessine une sorte de r�duction, si l'on peut dire de ces chemins n�cessaires.

    Vous ne devez pourtant pas vous �tonner que soient impliqu� dans  notre explication des champs, des domaines tel que celui par exemple cette ann�e, de la topologie, si en fait, les chemins que nous avons � parcourir sont ceux qui, mettant en cause un ordre aussi fondamental que la constitution la plus radicale du sujet comme tel, int�ressant de ce fait tout ce qu'on pourrait appeler une sorte de r�vision de la science. Par exemple cette supposition radicale qui est 1a n�tre, qui met le sujet dans sa constitution dans la d�pendance, dans une position  seconde par rapport au signifiant, qui fait du sujet comme tel un effet  du signifiant, ceci ne peut pas manquer de rejaillir de  notre exp�rience si incarn�e soit-elle dans les domaines en apparence les plus abstraits de la pens�e. Et je crois ne rien forcer en disant que ce que nous �laborons ici pourrait int�resser au plus haut point le math�maticien. Par exemple, comme on le constatait r�cemment, � y regarder je crois d'assez pr�s dans une th�orie qui, pour le math�maticien, au moins un temps, a fait grandement probl�me, une th�orie comme celle du transfini dont assur�ment les impasses ant�c�dent grandement notre mise en valeur de la fonction du trait unaire, pour autant que cette th�orie du transfini, ce qui la fonde c'est un retour, c'est une saisie de l'origine du comptage d'avant le nombre, je veux dire de ce qui ant�c�de � tout le comptage et le comprend et le supporte, � savoir la correspondance bi-(->p461) (XXII/2) univoque, le trait pour trait.

    Bien s�r ces d�tours-l�, ce peut �tre pour moi une fa�on de confirmer l'ampleur, l'infini et la f�condit� de ce qu'il nous est absolument n�cessaire de construire, quant � nous, � partir de notre exp�rience. Je vous les �pargne.

    S'il est vrai que les choses sont ainsi, que l'exp�rience analytique est celle qui nous conduit � travers les effets incarn�s de ce qui est, bien s�r, depuis toujours - mais dont le fait que nous nous en apercevions seulement est la chose nouvelle - les effets incarn�s de ce fait de la primaut� du signifiant sur le sujet, il ne se peut pas que toute esp�ce de tentative de r�duction des dimensions de notre exp�rience au point de vue d�j� constitu� de ce qu'on appelle la science psychologique, en ce sens que personne ne peut nier, ne peut pas ne pas reconna�tre qu'elle s'est constitu�e sur des pr�mices qui n�gligeaient, et pour cause parce qu'elle �tait �lud�e, cette articulation fondamentale sur quoi nous mettons l'accent, cette ann�e seulement d'une fa�on plus encore explicite, plus serr�e, plus nou�e, il ne se peut pas, dis-je, que toute r�duction au point de vue de la science psychologique telle qu'elle s'est d�j� constitu�e en conservant comme hypoth�se un certain nombre de points d'opacit�, de points �lud�s, de points d'irr�alit� majeure, aboutisse forc�ment � des formulations objectivement menteuses - je ne dis pas trompeuses, je dis menteuses - fauss�es qui d�terminent quelque chose qui se manifeste toujours dans la communication de ce qu'on peut appeler un mensonge incarn�.

    Le signifiant d�termine le sujet, vous dis-je, pour autant que n�cessairement c'est cela que veut dire l'exp�rience psychanalytique. Mais suivons les cons�quences de ces pr�mices n�cessaires . Ce signifiant d�termine le sujet. Le sujet en prend une structure ; c'est celle que j'ai d�j� essay� de vous d�montrer cette ann�e � propos de l'identification, c'est-�-dire de ce quelque chose qui focalise sur la structure m�me du sujet notre exp�rience. J'essaie de vous faire suivre plus intimement ce lien du signifiant � la structure subjective.

    Ce � quoi je vous am�ne sous ces formules topologiques dont vous avez d�j�  senti qu'elles ne sont pas purement et simplement cette r�f�rence intuitive � laquelle vous a habitu� la pratique de la g�om�trie, c'est � consid�rer que ces surfaces sont structures et j'ai d� vous dire qu'elles sont toutes structurellement pr�sentes en chacun de leurs points, si tant est que nous devions employer ce mot point sans r�server (->p462) (XXII/3) ce que je vais y apporter aujourd'hui.

    Je vous ai amen�s, par mes �nonciations pr�c�dentes, � ceci qu'il s'agit maintenant de dresser dans son unit�, que le signifiant est coupure et ce sujet et sa structure il s'agit de l'en faire d�pendre -  cela est possible en ce que je vous demande d'admettre et de me suivre au moins un temps - que le sujet a la structure de la surface au moins topologiquement d�finie. Il s'agit donc de saisir - et ce  n'est pas difficile - comment la coupure engendre la surface. C'est cela que j'ai commenc� � exemplifier pour vous le jour o� vous envoyant comme autant de petits volants � je ne sais quel jeu mes surfaces de Moebius, je vous ai aussi montr� que ces surfaces, si vous les coupez d'une certaine fa�on, deviennent aussi d'autres surfaces, je veux dire topologiquement d�finies et mat�riellement saisissables comme chang�es puisque ce ne sont plus des surfaces de Moebius du seul fait de cette coupure m�diane que vous avez pratiqu�e, mais une bande un peu tordue sur elle-m�me, mais bel et bien une bande, ce qu'on appelle une bande, telle cette ceinture que j'ai l� autour des reins. Ceci pour vous donner l'id�e de la possibilit� de la conception de cet engendrement en quelque sorte invers� par rapport � une premi�re �vidence. C'est la surface, penserez-vous, qui permet la coupure, et je vous dis : c'est la coupure que nous pouvons concevoir, a prendre la perspective topologique, comme engendrant la surface. Et c'est tr�s important. Car en fin de compte c'est l� peut-�tre que nous allons pouvoir saisir le point d'entr�e, d'insertion du signifiant dans le r�el, constater dans la praxis humaine que c'est parce que le r�el nous pr�sente, si je puis dire, des surfaces naturelles que le signifiant peut y entrer.

    Bien s�r, on peut s'amuser � faire cette gen�se avec des actions concr�tes comme on les appelle, afin de rappeler que l'homme coupe et que Dieu sait que notre exp�rience est bien celle o� l'on a mis en valeur l'importance de cette possibilit� de couper avec avec une paire de ciseaux. Une des images fondamentales des premi�res m�taphores analytique - les deux petits pouces qui sautent sous le claquement des ciseaux est, bien s�r, pour nous inciter � ne pas n�gliger ce qu'il y a de concret, de pratique : le fait que l'homme est un animal qui se prolonge avec des instruments, et la paire de ciseaux au premier plan. On pourrait s'amuser � refaire une histoire naturelle : qu'en r�sulte-t-il pour les quelques animaux qui ont la paire de ciseaux � l'�tat naturel ?  Ce n'est pas � cela que  je nous am�ne, et pour cause..

    (->p463) (XXII/4) Ce � quoi nous am�ne la formule, "l'homme coupe", c'est bien plut�t � ses �chos s�mantiques qu'il se coupe, comme on dit, qu'il essaie d'y couper. Tout cela est autrement � rassembler autour de la formule fondamentale . "on t'la coupe" !

    Effet de signifiant, la coupure a d'abord �t�, pour nous, dans l'analyse phon�matique du langage, cette ligne temporelle, plus pr�cis�ment successive des signifiants que je vous ai habitu�s � appeler jusqu'� pr�sent la cha�ne signifiante. Mais que va-t-il arriver si maintenant je vous incite � consid�rer la ligne elle-m�me comme coupure originelle ? Ces interruptions, ces individualisations, ces segments de la ligne qui s'appelaient, si vous voulez, � l'occasion phon�mes, qui supposaient donc �tre s�par�s de celui qui pr�c�de et de celui qui suit, faire une cha�ne au moins ponctuellement interrompue, cette "g�om�trie du monde sensible" � laquelle, la derni�re fois, je vous ai incit�s � vous r�f�rer avec la lecture de Jean Nicaud et l'ouvrage ainsi intitul�, vous verrez en un chapitre central l'importance qu'a cette analyse de la ligne en tant qu'elle peut-�tre, je puis dire, d�finie par ses propri�t�s intrins�ques et quelle aisance lui aurait donn�e la mise au premier plan radicale de la fonction de la coupure pour l'�laboration th�orique qu'il doit �chafauder avec la plus grande difficult� et avec des contradictions qui ne sont autres que 1a n�gligence de cette fonction radicale. Si la ligne elle-m�me est coupure, chacun de ses �l�ments sera donc section de coupure, et c'est cela en somme qui introduit cet �l�ment vif, si je puis dire, du signifiant que j'ai appel� le huit int�rieur, � savoir pr�cis�ment la boucle. La ligne se recoupe : quel est l'int�r�t de cette remarque ?

    La coupure port�e sur le r�el y manifeste, dans le r�el, ce qui est sa caract�ristique et sa fonction, et ce qu'il introduit dans notre dialectique, contrairement � l'usage qui est en fait que le r�el est le divers : le r�el, depuis toujours, je m'en suis servi de cette fonction originelle pour vous dire que le r�el c'est lui qui introduit le m�me, ou plus exactement le r�el est ce qui revient toujours � la m�me place. Qu'est-ce � dire, sinon que la section de coupure, autrement dit le signifiant �tant ce que nous avons dit : toujours radicalement diff�rent de lui-m�me - A    A  : A n'est pas identique � A - nul moyen de faire appara�tre le m�me, sinon du cot� du r�el. Autrement dit la coupure, si je puis m'exprimer ainsi, au niveau d'un pur sujet de coupure, la coupure ne peut savoir qu'elle s'est ferm�e, qu'elle ne repasse par elle-m�me, que parce que le r�el, en tant que distinct du signifiant, (->p464) (XXII/5) est le m�me. En d'autres termes, seul le r�el la forme. Une courbe ferm�e, c'est (le) r�el r�v�l�, mais comme vous le voyez plus radicalement il faut que la coupure se recoupe : si rien d�j� ne l'interrompt. Imm�diatement apr�s le trait, le signifiant prend cette forme qui est � proprement parler la coupure ; la coupure est un trait qui se recoupe , ce n'est qu'apr�s qu'il se forme sur le fondement que se coupant, il a rencontr� le r�el, lequel seul permet de connoter comme le m�me, respectivement ce qui se retrouve sous la premi�re, puis la seconde boucle.

    Nous trouvons l� le noeud qui nous donne un recours � l'endroit de ce qui constituait l'incertitude, le flottement de toute la construction identificatoire. Vous le saisirez tr�s bien dans l'articulation de Jean Nicaud ; il consiste en ceci : faut-il attendre le m�me pour que le signifiant consiste, comme on l'a toujours cru sans s'arr�ter suffisamment au fait fondamental que le signifiant, pour engendrer la diff�rence de ce qu'il signifie originellement � savoir � la fois cette fois-l�, que je vous assure, ne saurait se r�p�ter, mais qui toujours oblige le sujet � la retrouver, cette fois-l� exige donc , pour achever sa forme signifiante, qu'au moins une fois le signifiant se r�p�te et cette r�p�tition n'est rien d'autre que la forme la plus radicale de l'exp�rience de la demande.

    Ce qu'est incarn� le signifiant, ce sont toutes les fois que la demande se r�p�te. Et si justement ce n'�tait pas en vain que la demande se r�p�te, il n'y aurait pas de signifiant, parce que pas de demande. Si ce que la demande enserre dans la boucle vous l'aviez, pas besoin de demande. Nul besoin de demande si le besoin est satisfait.

    Un humoriste s'�criait un jour : "Vive la Pologne, Messieurs, parce que s'il n'y avait pas de Pologne, il n'y aurait pas de Polonais." La demande, c'est la Pologne du signifiant. C'est pourquoi je serai assez port� aujourd'hui parodiant cet accident de la th�orie des espaces abstraits qui fait qu'un de ces espaces - et il y en a maintenant de plus en plus nombreux auxquels je ne me crois pas forc� de vous int�resser - s'appelle l'espace polonais. Appelons aujourd'hui le signifiant un signifiant polonais cela vous �vitera de l'appeler le lac, ce qui me semblerait un dangereux encouragement � l'usage qu'un de mes fervents, a cru devoir faire du terme de lacanisme ! J'esp�re qu'au moins aussi longtemps que je vivrai ce terme , manifestement app�tent, apr�s ma seconde mort me sera �pargn� !

Donc ce que mon signifiant polonais est destin� � illustrer c'est le rapport (->p465) (XXII/6) du signifiant � soi-m�me, c'est-�-dire � nous conduire au rapport du signifiant au sujet, si tant est que le sujet puisse �tre con�u comme son effet.

    J'ai d�j� remarqu� qu'apparemment il n'y a que signifiant, toute surface o� s'inscrit lui �tant suppos�e. Mais ce fait est en quelque sorte imag� par tout le syst�me des Beaux-Arts qui �claire quelque chose qui vous introduit � interroger l'architecture, par exemple sur ce billet qui vous fait appara�tre ce pour quoi elle est si r�ductiblement trompe-l'�il, perspective. Et ce n'est pas pour rien que j'ai mis aussi l'accent, en une ann�e dont les pr�occupations me semblent bien �loign�es de pr�occupations proprement esth�tiques, sur l'anamorphose, c'est-�-dire pour ceux qui n'�taient pas l� auparavant- l'usage de la fuite d'une surface pour faire appara�tre une image qui assur�ment d�ploy�e est m�connaissable, mais qui, � un certain point de vue se ressemble et s'impose.

    Cette singuli�re ambigu�t� d'un art sur ce qui appara�t de sa nature de pouvoir se rattacher aux pleins et aux volumes, � je ne sais quelle compl�tude qui, en fait, se r�v�le toujours essentiellement soumise au jeu des plans et des surfaces, est quelque chose d'aussi important, int�ressant, que de voir aussi ce qui en est absent. A savoir toutes sortes de choses que 1'usage concret de 1'�tendue nous offre par exemple les noeuds, tout � fait concr�tement imaginables � r�aliser dans une architecture de souterrains comme peut-�tre l'�volution de temps nous en fera conna�tre. Mais il est clair que jamais aucune architecture n'a song� � se composer autour d'une ordonnance des �l�ments, des pi�ces et communications, voir des couloirs, comme quelque chose qui, � l'int�rieur de soi-m�me, ferait des noeuds. Et pourquoi pas pourtant ? C'est bien pourquoi notre remarque qu''il n'y a de signifiant qu'une surface lui �tant suppos�e, se renverse dans notre synth�se qui va chercher son noeud le plus radical de ceci que l'a coupure, en fait, commande, engendre la surface, que c'est elle qui lui donne avec ses vari�t�s, sa raison constituante.

    C'est bien ainsi que nous pouvons saisir, homologuer ce premier rapport de la demande � la constitution du sujet en tant que ces r�p�titions, ces retours dans la forme du tore ces boucles qui se renouvellent en faisant ce qui, pour nous, dans l'espace imagin� du tore, se pr�sente comme son contour, ce retour � son origine nous permet de structurer, d'exemplifier d'une fa�on majeur un certain type de rapports (-> p466) (XXII/7)

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du signifiant au sujet qui nous permet de situer dans son opposition la fonction D de la demande et celle, a de l'objet a, l'objet du d�sir ; D , la scansion de la demande.  

    Vous avez pu remarquer que, dans le graphe, vous avez les symboles suivants s (A) ; � l'�tage sup�rieur S (%),  $ coupure de D ; aux deux �tages interm�diaires : i (a) , m , et, de l'autre c�t�, $ coupure de a , le fantasme,... Nulle part vous ne voyez conjoints D et a. Qu'est-ce que cela traduit ? Qu'est-ce que cela refl�te? Qu'est-ce que cela supporte ? Cela supporte d'abord ceci : c'est que ce que vous trouvez par contre c'est $ coupure de D et que ces �l�ments du tr�sor signifiant � l'�tage de l'�nonciation, je vous apprends � les reconna�tre, c'est ce qui s'appelle le  Trieb, la pulsion. C'est ainsi que vous le formalise la premi�re modification du r�el en sujet sous l'effet de la demande, c'est la pulsion. Et si, dans la pulsion, il n'y avait pas d�j� cet effet de la demande, cet effet de signifiant, celle-ci ne pourrait pas s'articuler en un sch�ma tellement manifestement grammatical. - Je fais express�ment allusion � ce qu'ici je suppose tout le monde rompu � mes analyses ant�rieures ; quant aux autres je les renvoie � l'article "rieb and Triebschicksale" ce qu'ici on traduit bizarrement par avatar des pulsions sans doute par une esp�ce de r�f�rence confuse aux effets que la lecture d'un tel texte produit sur la premi�re obtusion de la r�f�rence psychologique...

    L'application du signifiant - que nous appelons aujourd'hui pour nous amuser le "signifiant polonais" - �  la surface du tore, vous la voyez ici :

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    (->p467) (XXII/8) C'est la forme la plus simple de ce qui peut se produire d'une fa�on infiniment enrichie par une suite de contours embobin�s, la bobine � proprement    parler, celle de la dynamo, pour autant qu'au cours de cette r�p�tition le tour est fait autour du trou centra!.  Mais sous la forme ou vous la voyez ici dessin�e, la plus simple, ce tour est fait �galement, je le souligne - cette coupure est la coupure simple - de telle sorte que cela ne se recoupe pas. Pour imager les choses : dans l'espace r�el, celui que vous pouvez visualiser, vous la voyez jusqu'ici, � cette surface � vous pr�sent�e, cette face vers vous du tore, elle disparais ensuite sur l'autre face - c'est pour cela qu'elle est en pointill�s- pour revenir de ce c�t�-ci.

    Une telle coupure ne saisit, si je puis dire, absolument rien. Pratiquez-la sur une chambre � air, vous verrez � la fin 1a chambre ouverte d une certaine fa�on, transform�e en une surface deux fois tordue sur elle-m�me, mais point coup�e en deux. Elle rend, si je  puis dire, saisissable une fa�on signifiante et pr�conceptuelle, mais qui n'est point sans caract�riser une sorte de saisie � sa fa�on de ceci de radical de la fuite, si l'on peut dire 1'absence d'aucun acc�s de saisie � l'endroit de son objet au niveau de la demande. Car si nous avons d�fini la demande en ceci qu'elle se r�p�te et qu'elle ne se r�p�te qu'en fonction du vide int�rieur qu'elle cerne, ce vide qui la soutient et la constitue, ce vide qui ne comporte -  je vous le signale en passant - aucun jeu en quelque sorte �thique ni plaisamment pessimiste -comme s'il v avait un pire d�passant l'ordinaire du sujet, c'est simplement une n�cessit� de logique ab�c�daire si je puis dire - toute satisfaction saisissable, qu'on la situe sur le versant du sujet ou sur le versant de l'objet, fait d�faut � la demande. Simplement pour que la demande soit demande, � savoir qu'elle se r�p�te comme signifiant, il faut qu'elle soit d��ue ; si elle ne l'�tait pas il n'y aurait pas de support � la demande.

    Mais ce vide est diff�rent de ce dont il s'agit concernant a , l'objet de d�sir. L'av�nement constitu� par la r�p�tition, l'av�nement m�tonymique, ce qui glisse, est �voqu� par le glissement m�me de la r�p�tition de la demande ; a l'objet du d�sir, ne saurait aucunement �tre �voqu� dans ce vide cern� ici par la boucle de la demande. Il est , � situer dans ce trou que nous appellerons le rien fondamental pour le distinguer du vide de la demande, le rien ou est appel� � l'av�nement l'objet du d�sir. Ce qui s'agit pour vous de formaliser avec  les �l�ments que je vous apporte, c'est ce qui permet de situer dans le fantasme le rapport du sujet comme S, du sujet inform� par la demande , avec ce  a. Alors qu'� ce niveau de la (->p468) (XXII/9) structure signifiante que je vous d�montre dans le tore, pour autant que la coupure la cr�e dans cette forme, ce rapport est un rapport oppos�. Le vide qui soutient la demande n'est pas le rien de l'objet qu'elle cerne comme objet du d�sir, c'est ceci, qui est destin� � illustrer pour vous cette r�f�rence au tore.

    Si ce n'�tait que cela que vous pouvez en tirer, ce serait bien des efforts pour un r�sultat court. Mais, comme vous allez le voir, il y a bien d'autres choses � en tirer. En effet pour aller vite et sans bien s�r vous faire franchir les diff�rentes marches de la d�duction topologique qui vous montrent la n�cessit� interne que le tore permet quelque chose qu'assur�ment vous pourrez voir que la cross-cap, lui ne permet pas.  

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    Je pense que les personnes les moins port�es � l'imagination voient, � travers les enroulements topologiques, de quoi il s'agit. Au moins m�taphoriquement, le terme de cha�ne qui implique concat�nation est d�j� entr� suffisamment dans le langage pour que nous nous y arr�tions pas. Le tore, de par   sa structure topologique, implique ce que nous pourrons appeler un compl�mentaire un autre tore qui peut venir se concat�ner avec lui.

    Supposons-les comme tout � fait conformes avec ce que je vous prie de conceptualiser dans l'usage de ces surfaces, � savoir qu'elles ne sont pas m�triques, qu'elles ne sont pas rigides, disons  qu'elles sont en capsule. Si vous prenez un de ces anneaux avec lesquels on joue au jeu de ce nom, vous pourrez constater que si vous l'empoignez d'une fa�on ferme et fixe, par son pourtour et que vous fassiez tourner sur lui-m�me le corps de ce qui est rest� libre, vous obtiendrez tr�s facilement et de la m�me fa�on que si vous vous serviez d'un jonc incurv�, en le tordant ainsi qui lui-m�me, vous le ferez revenir � sa position premi�re sans que la torsion soit en quelque sorte inscrite dans sa substance. Simplement il sera revenu � son point primitif. Vous

(->p469) (XXII/10) pouvez imaginer que par une torsion qui serait donc celle-ci, l'un de ces tores sur l'autre, nous proc�dions � ce qu'on peut appeler un d�calque de quoi que ce soit qui serait inscrit d�j� sur le premier que nous appellerons le 1, et mettons que ce dont il s'agit soit ce que je vous prie de r�f�rer simplement au premier tore : cette courbe, en tant que non seulement elle englobe 1'�paisseur du tore et que, non seulement elle englobe l'espace du trou, mais qu'elle le traverse, ce qui est la condition qui peut lui permettre d'englober � la fois les deux vides, les riens mais ce qui est ici dans l'�paisseur du tore et ce qui est ici au  centre du noeud.  

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    On d�montre - mais je vous dispense de la d�monstration qui serait longue et vous demanderait effort - qu'� proc�der ainsi ce qui viendra sur le second tore sera une courbe superposable � la premi�re si l'on superpose les deux tores. Qu'est-ce que cela veut dire ? D'abord qu'elles pourraient n'�tre pas superposables. Voici deux courbes

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    Elles ont l'air d'�tre faites de la m�me fa�on : elles sont pourtant irr�ductiblement non superposables. Cela implique que le tore, malgr� son apparence sym�trique, comporte des possibilit�s do mettre en �vidence, par la coupure, un de ces effets de torsion qui permette ce que j'appellerai la dissym�trie radicale, celle dont vous savez que la pr�sence dans la nature est un probl�me pour toute formalisation, celle qui fait que les escargots ont un principe un sens de rotation qui fait de ceux qui ont le sens contraire une exception grandissime. Une foule de ph�nom�ne (->p470) (XXII/11) sont de cet ordre, jusque et y compris les ph�nom�nes chimiques, qui se traduisent dans les effets dits de polarisation. I1 y a donc structurellement des surfaces dont la dissym�trie est �lective et qui comportent l'importance du sens de giration dextrogyre ou levogyre. Vous verrez plus tard l'importance de ce que cela signifie. Sachez seulement que le ph�nom�ne, si l'on peut dire, de report par d�calque de ce qui s'est produit de composant, d'englobant la boucle de la demande avec la boucle de l'objet central, ce rapport sur la surface de l'autre tore, dont vous sentez qu'il va nous permettre de symboliser le rapport du sujet au grand Autre, donnera deux lignes qui, par rapport � la structure du tore sont superposables.

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    Je vous demande pardon de vous faire suivre un chemin qui peut vous para�tre aride, il est indispensable que je vous en fasse sentir les pas pour vous montrer ce que nous pouvons en tirer.

    Quelle est la raison de cela ? Elle se voit tr�s bien au niveau des polygones dits fondamentaux. Ce polygone �tant ainsi d�crit, vous supposez en face son d�calque qui s'inscrit ainsi. La ligne dont il s'agit sur le polygone se projette ici, comme une oblique, et se prolongera de l'autre c�t�, sur le d�calque, invers�e. Mais vous devez vous apercevoir qu'en faisant basculer de 90� ce polygone fondamental vous reproduirez exactement, y compris la direction des fl�ches, la figure de celui-ci et que la ligne oblique sera dans le m�me sens, cette bascule repr�sentant exactement la composition compl�mentaire de l'un des tores avec l'autre.  

Faites maintenant sur le tore, non plus cette ligne simple, mais la courbe r�p�t�e dont je vous ai tout � l'heure appris la fonction. En est il de m�me ? Je vous dispense d'h�sitations. Apr�s d�calque et bascule, ce que vous aurez ici se

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(->p471) (XXII/12) symbolise comme ceci !

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    Qu'est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire, dans notre transposition signifi�e, dans notre exp�rience, que la demande du sujet en tant qu'ici deux fois elle se r�p�te, inverse ses rapports : D et a, demande et objet au niveau de l'Autre, que la demande du sujet correspond � l'objet a de l'Autre, que l'objet a  du sujet devient la demande de l'Autre.

    Ce rapport d'inversion est essentiellement la forme la plus radicale que nous puissions donner � ce qui se passe chez le n�vros� : ce que le n�vros� vise comme objet, c'est la demande de l'Autre ; ce que le n�vros� demande, quand il demande � saisir a, l'insaisissable objet de son d�sir, c'est a, l'objet de l'Autre.

    L'accent est mis diff�remment selon les deux versants de la n�vrose. Pour l'obsessionnel, l'accent est mis sur la demande l'Autre, pris comme objet de son d�sir ; pour l'hyst�rique l'accent est mis sur l'objet de l'Autre, pris comme support de sa demande.

    Ce que ceci implique, nous aurons � y entrer dans le d�tail pour autant que ce dont il s'agit pour nous n'est rien autre ici que l'acc�s � la nature de ce a. La nature de a, nous ne la saisirons que lorsque nous aurons �lucid� structuralement par la m�me voie le rapport de Sa, c'est-�-dire le support topologique que nous pouvons donner au fantasme. Disons, pour commencer d'�clairer ce chemin, que a, l'objet du fantasme, a, l'objet du d�sir n'a pas d'image et que l'impasse du fantasme du n�vros� c'est que dans sa qu�te de a, l'objet du d�sir, il rencontre i de a. Telle est l'origine d'o� part toute la dialectique � laquelle, depuis le d�but de mon enseignement, je vous introduis, � voir que l'image sp�culaire, la compr�hension de l'image sp�culaire tient en ceci dont je suis �tonn� que personne n'ait song� � gloser la fonction que je lui donne l'image sp�culaire est une erreur, elle n'est pas simplement une illusion, un leurre de la Gestalt captivante dont l'agressivit� ait marqu� 1'accent ; elle est fonci�rement une erreur en tant que le sujet s'y m�conna�t si vous me permettez l'expres-(->p472) (XXII/13)sion, en tant que l'origine du moi et sa m�connaissance fondamentale sont ici rassembl�es dans l'orthographe ; et pour autant que le sujet se trompe il croit qu'il a en face de lui son image ; s'il savait se voir, s'il savait, ce qui est la simple v�rit�, qu'il n'y a que les rapports les plus d�form�s d'aucune fa�on identifiables entre c�t� droit et son c�t� gauche, il ne songerait pas � s'identifier � l'image du miroir. Quand, gr�ce aux effets de la bombe atomique, nous aurons des sujets avec une oreille droite grande comme une oreille d'�l�phant et, � la place de l'oreille gauche, une oreille d'�ne, peut-�tre les rapports � l'image sp�culaire seront-ils mieux authentifi�s. En fait, bien d'autres conditions plus accessibles et aussi plus int�ressantes seraient � notre port�e. Supposons un autre animal, la grue, avec un oeil sur chaque cot� du cr�ne. Cela semble une montagne que de savoir comment peuvent bien se composer les plans de vision des deux yeux chez un animal ayant ainsi les yeux dispos�s. On ne voit pas pourquoi cela ouvre plus de difficult�s que pour nous. Simplement, pour que la grue ait une vue de ses images, il faut lui mettre � elle deux miroirs, et elle ne risquera pas de confondre son image gauche avec son image droite.

    Cette fonction de l'image sp�culaire en tant qu'elle se r�f�re � la m�connaissance de ce que j'ai appel� tout � le heure la dissym�trie la plus radicale, c'est celle-l� m�me qui explique la fonction du moi chez le n�vros�. Ce n'est pas parce qu'il a un moi plus ou moins tordu que le n�vros� est subjectivement dans la position critique qui est la sienne, il est dans cette position critique en raison d'une possibilit� structurante radicale d'identifier sa demande avec l'objet de d�sir de l'Autre ou d'identifier son objet avec la demande de l'Autre ; forme, elle, proprement leurrante de l'effet du signifiant sur le sujet, encore que la sortie en soit possible pr�cis�ment lorsque, la prochaine fois, je vous montrerai comment dans une autre r�f�rence de la coupure, 1e sujet en tant que structur� par le signifiant peut devenir la coupure (a) elle-m�me. Mais c'est justement ce � quoi le fantasme du n�vros� n'acc�de pas parce qu'il en cherche les voies et les chemins par un passage erron�.  Non point que le n�vros� ne sache pas fort bien distinguer, comme tout  objet digne de ce nom, i(a) de a, parce qu'ils n'ont pas du tout la m�me valeur, mais ce que le n�vros� cherche, et non pas sans fondements, c'est � arriver � a par i(a). La voie dans laquelle s'obstine le n�vros� - et ceci est sensible � l'analyse de son fantasme- c'est � arriver           (mot illisible-note du claviste) en d�truisant i(a) ou en le fixant.

    J'ai dit d'abord "en d�truisant" , parce que c'est le plus exemplaire.

    (->p473) (XXII/14) C'est le plus exemplaire ; c'est le fantasme de l'obsessionnel en tant qu'il prend la forme du fantasme sadique et qu'il ne l'est pas. Le fantasme sadique comme les commentateurs ph�nom�nologistes ne manquent pas un instant de l'appuyer avec tout l'exc�s des d�bordements qui leur permet de se fixer � jamais dans le ridicule, le fantasme sadique c'est soi-disant la destruction de l'Autre. Et comme les ph�nom�nologistes ne sont - disons "Bien fait pour eux !" - pas d'authentiques sadiques mais simplement ont l'acc�s 1e plus commun aux perspectives de la n�vrose, ils trouvent en effet toutes les apparences � soutenir une telle explication. I1 suffit de prendre un texte sadiste, ou sadien pour que ceci soit r�fut� : non seulement l'objet du fantasme sadique n'est pas d�truit, mais il est litt�ralement r�sistant � toute �preuve comme je l'ai maintes fois soulign�.

    Ce qu'il en est du sens du fantasme proprement sadien, entendez bien que je n'entends m�me pas ici encore y entrer, comme probablement je pourrai le faire 1a prochaine fois. Ce que je veux ici ponctuer c'est ce que l'on pourrait appeler l'impuissance du fantasme sadique chez le n�vros� repose tout enti�re sur ceci : c'est qu'en effet il y a bien vis�e destructive dans le fantasme de l'obsessionnel, mais cette vis�e destructive, comme je viens de l'analyser, a le sens non pas de la destruction de l'Autre, objet du d�sir mais la destruction de l'image de l'Autre au sens ou ici je vous la situe , � savoir que justement, elle n'est pas l'image de l'autre parce que l'autre, a, objet du d�sir, comme je vous le montrerai la prochaine fois, n'a pas d'image sp�culaire. C'est bien l� une proposition, j'en conviens, qui abuse un peu..

    Je la crois non seulement enti�rement d�montrable mais essentielle � comprendre ce qu'il se passe dans ce que j'appellerai le fourvoiement chez le n�vros� de la fonction du fantasme. Car, qu'il la d�truise ou pas d'une fa�on symbolique ou imaginaire, cette image : i(a), le n�vros�, ce n'est pas cela pour autant qui lui fera jamais authentifier d'aucune coupure subjective l'objet de son d�sir pour la bonne raison que ce qu'il vise soit � d�truire, soit � supporter - i(a) n'a pas de rapport pour la seule raison de la dissym�trie fondamentale d'i, le support, avec a, qui ne la tol�re pas. Ce � quoi le n�vros� d'ailleurs aboutit effectivement, c'est � la destruction du d�sir de l'autre. Et c'est bien pourquoi il est irr�m�diablement fourvoy� dans la r�alisation du sien.

    Mais ce qui l'explique, c'est ceci, � savoir que ce qui fait au n�vros� si l'on peut dire symboliser quelque chose dans cette voie qui est la sienne, viser dans le fantasme l'image sp�culaire, est expliqu� (->p474) (XXII/15) par ce qu'ici je vous mat�rialise : la dissym�trie apparue dans le rapport de la demande et de l'objet chez le sujet par rapport � la demande et � l'objet au niveau de l'Autre, cette dissym�trie qui n'appara�t qu'� partir du moment o� il y a � proprement parler demande c'est-�-dire d�j� deux tours, si je puis m'exprimer ainsi, du signifiant et parait exprimer une dissym�trie de la m�me nature que celle qui est support�e par l'image sp�culaire ; elles ont une nature qui, comme vous le voyez, est suffisamment illustr�e topologiquement puisqu'ici la dissym�trie qui serait celle que nous appellerions sp�culaire serait ceci avec ceci

File:Dissym.jpg

    C'est de cette confusion par o� deux dissym�tries diff�rentes se trouvent, pour le sujet, servir de support � ce qui est la vis�e essentielle du sujet dans son �tre, � savoir la coupure de a, le v�ritable objet du d�sir o� se r�alise le sujet lui-m�me, c'est dans cette vis�e fourvoy�e, capt�e par un �l�ment structural qui tient � l'effet du signifiant lui-m�me sur le sujet que r�side non seulement le secret des effets de la n�vrose, � savoir que le rapport dit du narcissisme, le rapport inscrit dans la fonction du moi n'est pas le v�ritable support de la n�vrose ; mais , pour que le sujet en r�alise la fausse analogie, l'important - encore que d�j� le serrage, la d�couverte de ce noeud interne soit capitale pour nous orienter dans les effets n�vrotiques c'est que c'est aussi la seule r�f�rence qui nous permette de diff�rencier radicalement la structure du n�vros� des structures voisines, nomm�ment de celles qu'on appelle perverses et de celles qu'on appelle psychotiques.

note: bien que relu, si vous d�couvrez des erreurs manifestes dans ce s�minaire, ou si vous souhaitez une pr�cision sur le texte, je vous remercie par avance de m'adresser un [mailto:gaogoa@free.fr �mail]. [#J.LACAN Haut de Page] 
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