Text/Jacques Lacan/NDP08011974.htm

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J.LACAN                           gaogoa

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' XXI-'Les non-dupes errent   1973-1974

                                        version rue CB

8 Janvier 1974                        [#note note]

    

    (p55->) JE VOUS SOUHAITE la bonne ann�e, hein, quoique naturellement plusieurs personnes , j'imagine , l'aient ici, l'aient ici  commenc�e mal. J'en suis, d'ailleurs. Je suis de ceux-l�. De sorte qu'apr�s tout, mon envie �tait de m'excuser sur le fait que le mardi par lequel a commenc� l'ann�e n'�tait de ce fait pas un vrai mardi et de vous renvoyer au suivant. �'aurait �t� une bonne fa�on de me d�barrasser de mon devoir d'aujourd'hui . . . J'en reste encore, il faut le dire, tr�s tent�, il n'y a qu'une seule chose qui me retient, faut vous le dire, c'est qu'aujourd'hui, vous �tes moins nombreux. Je vous en suis si reconnaissant que c'est peut-�tre ce qui va me pousser, comme �a, cahin-caha, � �noncer quelques unes des choses que , forc�ment , je continue � cogiter , comme �a sur cette habitude. Le fait aussi que ce matin, on a beaucoup d�rang� ma secr�taire , pour demander si je le faisais , bien effectivement , et comme je ne lui ai fait aucune confidence, elle a r�pondu oui . Parmi ceux-l� , mon Dieu , il y en avait quelques-uns qui �taient plut�t parmi l�s meilleurs ; si j'en crois certains noms qu'on m'a rapport�s . Alors comme ils se sont d�rang�s aussi, ceux-l�, les meilleurs, je vais essayer d'y aller.

    Alors partons de ceci , partons de ceci auquel je ne tiens pas particuli�rement : � savoir que les mots aient un sens, et que ce soit un fait , quoique le probl�me soit � partir de ce fait , de savoir o� les loger. C'est bien ce que j'ai . . . - loger ces mots bien s�r , il faut quand m�me vous m�cher les choses - c'est bien l'effort que j'ai fait , que j'ai fait la derni�re fois , � partir de l'amour . C'est un fait que je partais de �a : que le mot existe. Et c'est en quoi la chose, la chose est � concevoir comme possible. Ce qui se traduit dans mon dire de ce qu'elle se fonde, la chose, la chose amour, qu'elle ne se fonde - puisqu'il s'agit seulement de sa possibilit� - elle se fonde comme je l'ai dit de cesser de s'�crire. C'est-�-dire, de ce qu'il en reste de �a, qu'elle cesse de s'�crire. Ce qu'il en reste, je l'ai articul�, depuis ce temps, depuis ce temps, presque infini pour moi, que je me r�p�te , � savoir la lettre d'(a)mur. La lettre d'(a)mur en tant que, enfin, �a ne fait rien d'autre qu'un tas. Un petit tas, un petit (a) d'habitudes , pas beaucoup plus . C'est au moins comme �a que j'ai lu , traduit en italien , mon fameux objet avec lequel ce petit (a) des lettres d'(a)mur n'a bien entendu que le plus mince rapport.

    (p56->) Tout �a n'emp�che pas que je dis des choses qui prennent leur air de s�rieux de ce que je traduis du s�riel. C'est un fait, aussi, que je change l'ordre de la s�rie qui se r�p�te, soit ce qu'on appelle l'ordinaire . Tout est-il l� , de mon dire , de changer l'ordre ordinaire ? C'est � quoi je voudrais aujourd'hui apporter argument . Argument propre � donner sens � des fonctions plus purement cardinales. C'est ce que j'essaie de faire avec mon noeud borrom�en. Vous le savez, cette distinction du cardinal et de l'ordinal, elle . . . - le pas n'a �t� franchi seulement gr�ce � la th�orie des ensembles, c'est-�-dire gr�ce � Cantor. En quoi �a peut-il nous servir pour ce qu'il en est de l'exploration d'un discours nouveau , vous le savez , c'est ainsi que je d�signe le discours analytique . Lequel discours s'est annonc� d'un d�cantage du sens .

    Qu'est-ce que �a veut dire " d�cantage ", dans l'occasion ? C'est proprement - et c'est en cela que la m�taphore du d�cantage ici se soutient - c'est proprement de la condensation de ce qui, du sens , se concentre par ce discours de ceci : que le sens - le sens des mots - ne fait qu'appareil pour ce que nous appellerons - si vous le voulez bien rien de plus : le co�t, sexuel. C'est �a le nouveau du discours analytique. Et c'est-ce qu'il faut bien dire, si c'est bien ce qui ; de ce discours, est n�cessaire, il n'est n�cessaire qu'en ceci - et c'est bien pourquoi j'infl�chis ainsi le sens du " n�cessaire " - c'est que sa caract�ristique, dans ce discours , c'est que ce discours ne cesse pas de l'�crire .

    Est-ce que c'est vrai pour autant ? C'est vrai de cette sorte de v�rit� qu'instaure ce discours , � savoir d'une v�rit� du moyen, si tant est que certains se souviennent de la fa�on dont la derni�re fois , et justement , concernant l'amour , j'ai distingu� par ce qu'il en est du noeud borrom�en , la fonction du moyen comme tel . Le moyen justement , c'est ce qui ne fait noeud qu'� ce qu'il y ait un ordre. A savoir que, pour prendre ces " uns " que constituent , disons sans plus , les ronds de ficelle, il n'y en a qu'un des trois qui, tranch�, lib�re les deux autres, c'est ce que vous voyez dans un cha�ne � trois, � trois cha�nons ordinaires, il n'y en a qu'un des trois qui lib�re les deux autres. La distinction qu'il y a entre cette cha�ne , cette cha�ne dont , semble-t-il , il est sensible que ce soit l� l'ordre du Symbolique un sujet, un verbe, et ce que vous voudrez - un compl�ment ; un deux , trois , peut , ayant cet ordre , cet ordre qu'il y a quelque chose qui fait moyen , et c'est cela m�me qu'on appelle , avec l'ambigu�t� de ce mot , le verbe - on peut commencer par le compl�ment et finir par le sujet - mais c'est le verbe qui fait moyen .

    En quoi il s'entrevoit , � la limite, que le langage, lui, n'est pas fait de mots ; car c'est le lien par quoi du premier au dernier, le moyen �tablit cette unit� qui seule est � rompre pour que le sens disparaisse : c'est bien ce qui montre que le langage n'est pas fait de mots , et en quoi ce qu'on appelle - car c'est cela et rien de plus qu'on appelle une proposition - une proposition c'est (p57->) l'effacement au moins relatif - je dis �a : " au moins relatif ", pour faciliter l'acc�s aux choses - c'est l'effacement du sens des mots. Ce qui n'est pas vrai de la langue, " lalangue " comme ritournelle, vous savez que je l'�cris en un mot, " lalangue " si elle en est faite, du sens, � savoir comment, par l'ambigu�t� de chaque mot , elle pr�te , elle pr�te � cette fonction que le sens y ruisselle. Il ne ruisselle pas dans vos dires. Certes pas. Ni dans les miens non plus. C'est bien en quoi, c'est bien en quoi le sens ne s'atteint pas si facilement. Et ce ruissellement dont je parle, comment l'imaginer ? C'est le cas de le dire. Comment l'imaginer si c'est un ruissellement qu'arr�tent enfin des coupelles ? Car la langue, c'est �a, Et c'est m�me l� le sens � donner � ce qui cesse de s'�crire. Ce serait le sens m�me des mots, qui dans ce cas se suspend . C'est en quoi le mode du possible en �merge . Qu'en fin de compte , quelque chose qui s'est dit cesse de s'�crire , c'est bien ce qui montre qu'� la limite tout est possible par les mots , justement , de cette condition qu'ils n'aient plus de sens

    Et cela m�me que je vise cette ann�e, c'est � ce que vous ne confondiez pas les mots avec les lettres, puisque ce n'est que des lettres que se fonde le n�cessaire, comme l'impossible, dans une articulation qui est celle de la logique. Si ma fa�on de situer les modes est correcte , � savoir que ce qui ne cesse pas de s'�crire : le n�cessaire - ce qui ne cesse pas de s'�crire, le n�cessaire - c'est cela m�me qui n�cessite la rencontre de l'impossible, � savoir ce qui ne cesse pas de ne pas s'�crire, qui ne peut s'aborder que par les lettres . C'est bien l� ce que - ce que ne permet d'aborder par quelque dire que la structure que j'ai d�sign�e de celle du noeud borrom�en, c'est en quoi, la derni�re fois, l'amour �tait un bon test de la pr�carit� de ces modes. I1 est port� � l'existence, cet amour, ce qui est bien le fait de son sens m�me , par l'impossible du lien sexuel avec l'objet , l'objet quelle qu'en soit l'origine, l'objet de cette impossibilit�. Il y faut si je puis dire, cette racine d'impossible. Et c'est l� ce que j'ai dit en articulant ce principe : que l'amour c'est l'amour courtois .

    I1 est �vident que l'(a)musant, si je puis m'exprimer ainsi, c'est l�-dedans l'amour du prochain en tant qu'il se soutient de vider l'amour de son sens sexuel. C'est en cessant d'�crire le sens sexuel de la chose , qu'on la rend , comme c'est sensible , qu'on la rend possible . C'est-�-dire pour autant , il faut bien le dire , qu'on cesse de l'�crire . Une fois arriv�e , la chose , l'amour, il est �vident que c'est � partir de l� qu'elle s'imagine n�cessaire. C'est bien le sens de la lettre d'amour, qui ne cesse pas de s'�crire mais seulement pour autant qu'elle garde son sens, c'est-�-dire pas longtemps.

    C'est en bien en quoi intervient la fonction du R�el. Ainsi l'amour s'av�re dans son origine �tre contingent, et du m�me coup s'y prouve la contingence de la v�rit� au regard du R�el. Car ces modes sont v�ritables , et m�me d�finissables en fait , par notre �pinglage de l'�criture . Ils �cart�lent , si je puis dire , la v�rification de l'amour, et d'une fa�on qui par une des ses faces , (p58->) c'est certain, fonde ce qu'on appelle sagesse. A ceci pr�s que la sagesse ne peut �tre d'aucune fa�on ce qui r�sulte de ces consid�rations sur l'amour . La sagesse n'existe que d'ailleurs . Car dans l'amour , elle ne sert � rien .

    Pour mon noeud , dit borrom�en , et le fait que je m'efforce d'�galer mon dire � ce qu'il comporte , si ce qu'il noue comme je l'�nonce, c'est proprement l'Imaginaire, le Symbolique et le R�el, ceci ne tient qu'� ce qu'il commande que j'�nonce de ce seul fait , que je les noue du noeud borrom�en , que chacun des trois ne se produise que d'une consistance qui est la m�me pour les trois. A savoir que sous l'angle o� je les prends cette ann�e dans mon dire, il n'y a que l'�criture qui les distingue. Ce qui est ici, tautologie, s'ils ne sont pas �crits tous les trois, je viens dire qu'ils sont les m�mes , il n'y a que 1'�criture qui les fait trois. Ce qu'il faut bien articuler, c'est que c'est dans l'�criture du noeud m�me - car r�fl�chissez bien, ce noeud, ce ne sont que des traits �crits au tableau - c'est dans cette �criture m�me que r�side l'�v�nement de mon dire . Mon dire pour autant que cette ann�e je pourrais l'�pingler de faire ce que nous appellerions votre � d u p a t i o n , si tant est que c'est � mettre l'accent sur le fait que les non-dupes errent , ce qui n'emp�che pas que �a ne veut pas dire que n'importe quelle duperie n'erre pas , mais que c'est � c�der � cette duperie d'une �criture pour autant qu'elle est correcte , que peuvent se situer avec justesse les divers th�mes de ce qui surgit , surgit comme sens , justement , du discours analytique.

    Il faudrait que l�-dessus j'y aille tout de suite , si quelque chose ne me disait pas que vous �tes de ce dire si . . . " sonn�s " , dirais-je, sonn�s, d�j�, qu'il faut bien que je fasse d'abord un filtre, ce qui est un mode d'�criture pr�cis� par la math�matique au principe m�me de la topologie , un filtre dont ces mots retrouvent leur sens , je veux dire ce comme quoi ils fonctionnent dans l'ordre sexuel , lequel ordre , c'est patent , n'est que le principe d'un ordinaire . En d'autres termes justifier , non eux les termes , de cet ordre , mais cet ordre d'eux , � ceci pr�s que vous allez le voir - car c'est l� ce qu'aujourd'hui j'ai � dire ne sachant pas qui me suivra -, le noeud a une fonction tout autre, tout autre que de fonder cet ordre, l'ordre quelconque dans lequel vous pourriez encha�ner le Symbolique , l'Imaginaire et le R�el . Ce qu'il nous faut trouver , ce n'est pas la diversit� de leur consistance, c'est cette consistance m�me, � savoir ce qu'on ne peut pas dire, cette consistance m�me en tant qu'elle ne les diversifie pas , mais seulement qu'elle les noue. Pour vous affranchir , donc , puisque je pr�sume non sans raison vous avoir " sonn� " , il faut que je vous le rai -( r, a, i, e, tiret ) r a i e - s o n n e . C est �-dire que j'en remette .

    L'Imaginaire se distingue en sens de ce qu'il s'imagine, comme qui dirait - si tant est qu'ils disent peut-�tre parmi vous - il faut quand m�me que vous y regardiez de plus pr�s, pour dire alors que cela ne va pas de soi, et pour cette raison que peut-�tre (p59->) vous manqueriez : que ce n'est pas le privil�ge de l'Imaginaire. Car le Symbolique, qu'est-ce que je fais d'autre que de tenter de vous le faire imaginer ? Laissez-moi croire que j'y parviens. Quant au R�el , ben , �a va , c'est de �a qu'il s'agit cette ann�e , il s'agit de voir ce qu'il y a de R�el , justement , dans le noeud borrom�en . Et c'est pourquoi j'ai commenc� , commenc� dans ma deuxi�me articulation devant vous, dans mon deuxi�me s�minaire, qu'on appelle �a, j'ai commenc� par dire qu'il n'y a pas d'initiation. Il n'y a pas d'initiation , je veux dire qu'il n'y a que le voile du sens , qu'il n'y a de sens que ce qui s'opercule, si je puis dire, d'un nuage : nuptiae ne s'articule en fin de compte que de nubes. C'est ce qui voile la lumi�re qui est tout ce en quoi les nuptiae, les rites du mariage, soutiennent leur m�taphore.

    Il n'y a rien d'autre derri�re que ce en quoi il faut s'en tenir, au support du semblant. Certes, en tant que ce semblant est semblable � l'articulation de ce qui ne peut se dire que sous la forme d'une v�rit� �nonc�e.

    C'est-�-dire que comme d�voilement n�cessaire, c'est-�-dire incessant . L'articulation , c'est le noeud, en tant que la lumi�re ne l'�claire pas, qu'il n'y a nul �claircissement, bien plus : qu'il rejette toute lumi�re dans l'Imaginaire. Et ce que j'�nonce, ce qui est ma vis�e cette ann�e , c'est justement de vous dire que I'Imaginaire , parce qu'il est lui-m�me de l'ordre du voile , n'en noircit pas pour autant. La consistance est d'un autre ordre que l'�vidence. Elle se construit de quelque chose dont je pense qu'� le supporter des ronds de ficelle, il passera quelque chose de ceci que je vous dis : que c'est bien plut�t l'�videment .

    Le cercle , lui , fait intuition , il rayonne . Il ne s'agit pas de l'obscurcir. C'est lui qui fait l'Un. Il s'agit, du noeud, d'en recevoir l'effet. De recevoir l'effet comme de son R�el, � savoir qu'il n'est pas Un. Le noeud borrom�en, son R�el, c'est de ne tenir qu'� - je n'ose pas dire " �tre ", il n'est pas trois il fait tresse . Il fait tresse , et c'est l� qu'il faut voir en quoi ce que j'ai avanc� tout � l'heure , � savoir que l'ordre n'y est pas essentiel , est l� le point important .

    Il faut que vous sentiez bien ceci : c'est que de les ranger � trois , en tant que nombre cardinal - je vous demande pardon de l'aridit� de ce que j'ai � vous dire aujourd'hui - ceci, qui est propre au trois , ceci n'implique nulle ordination . Quoi qu'il vous en semble , � savoir qu' 1, 2 , 3 , �a commence � 1 - quoi qu'il vous en semble, il n'est pas possible de bien ordonner 1, 2, 3 � cette seule condition que �a se r�p�te, et c'est ce qui se produit dans le noeud borrom�en. Mais �a n'est pas seulement � cause du noeud borrom�en, c'est � cause du nombre cardinal 1, 2 , 3 , qu'ils soient nou�s ou pas .

    Qu'est-ce que �a veut dire, ce que je viens de dire ?

    (p60->) C'est que � trois cardinal, on ne peut faire - � cette seule condition qu'il n'y en ait pas deux m�mes � la suite - on ne peut faire � les �crire que de trouver tous les ordres tels qu'ils seraient cogitables par une combinatoire .

    �crivez au tableau 1, 2, 3 - 1, 2, 3, rien ne vous emp�che de les lire , � cette seule condition de la prendre dans l'ordre palindromique, c'est-�-dire � l'envers, de gauche � droite, au lieu de droite � gauche, au lieu de gauche � droite : 1, 3, 2. Ceci veut dire, � partir du noeud, du noeud borrom�en, ceci, que je vais t�cher de vous mettre au tableau - donnez-moi une craie- voil� comment je le simplifie le noeud borrom�en. Il vous suffira, pour voir que c'est bien de �a qu'il s'agit, de le compl�ter ainsi, � savoir ce qui se r�sume � ces trois traits centraux File:1.jpg pour autant que ce sont eux qui marquent comment le noeud se tient .

Ce noeud, je le retourne. Qu'est-ce que �a va donner ? Le propre d'un noeud , quand il est mis � plat, dimension essentielle, car le noeud borrom�en , je pense  vous l'avoir fait remarquer quand je vous ai montr� une petite construction en cube que je vous avais apport�e je ne sais plus quelle fois , la fois derni�re ou je crois plut�t l'avant-derni�re - c'est fait comme �a Name.jpg et pour m'�viter le casse-t�te de faire les petites interruptions qu'il convient notez qu'il se compl�te de ceci, c'est �a qui le constitue , il a dans , disons , les trois plans , dans lesquels se situait ma petite construction , il a  dans les trois plans , la sym�trie compl�te,  voyez bien qu'ici celui-l� est � mettre , � bien  faire sentir comme �tant au-dessous - de celui qui le coupe , c'est d'une mise a plat que proc�de l'autre �criture que j'ai donn�e du noeud borrom�en. Qu'en dire � partir du moment o� , de l'avoir mis � plat , je le retourne ? Il faut au simple fait li� au fait que l'�criture implique que l'over-crossing , le croisement sup�rieur soit �crit ainsi, � savoir qu'il coupe ce qui est le under-crossing le croisement par en-dessous, qu'est-ce que �a va donner si nous le retournons ? Ce qui �tait par en dessous vient en dessus . Eh bien , je pense qu'il ne sera pas n�cessaire que je compl�te , que je compl�te ces trois traits pour que vous voyiez bien que, � retourner le noeud, le noeud borrom�en, ce que vous allez trouver au bout du compte, c'est quelque chose qui se distingue de ceci : que �a n'est pas son image en miroir , que vous allez trouver , bien s�r , comme ce serait , par exemple , pour l'orientation de chacun de ces cercles , si vous les orientiez , je ne m'y avance pas encore , si vous orientiez . . . un cercle quelconque , si vous le retournez, ce que vous avez , c'est son image dans le miroir _ Bien loin de l�, quand vous retournez le noeud borrom�en, vous avez une . . un tout autre aspect qui en aucun cas Name.jpg (p61->) ne repr�sente l'image en miroir du premier aspect. Loin que le sens, l'orientation telle qu'elle se d�finit, par exemple, tout simplement , de la montre , c'est le cas de le dire , le sens des aiguilles d'une montre , si vous retournez la montre , devient le sens inverse , c'est-�-dire l'image en miroir . Au contraire , le noeud borrom�en reste ce qu'il est � l'avoir retourn� , c'est � savoir que la seconde image , l'image retourn�e , est exactement dans le m�me sens que la premi�re, c'est-�-dire l�vogyre.  

File:4.jpg

Vous comptez bien qu'il peut y avoir un autre sens, � savoir celui-ci, qui serait dextro, c'est-�-dire le sens des aiguilles d'une montre .  

5.jpg

    Etant donn� ce que je vous ai fait remarquer tout � l'heure, � savoir que l'ordre dans le trois - et du fait que justement d'1 2, 3, il suffit de renverser le sens , d'aller dans le sens palindromique pour y trouver n'importe quel ordre , vous trouvez l� une distinction de l'effet d'ordre avec ce que vous me permettrez d'appeler l'effet du noeud, ou autrement l'effet de nodalit�. C'est en ceci qu'il convient , qu'il convient que vous souveniez de ce que j'ai �nonc� d'abord, � savoir que du noeud c'est la ternarit� pure et simple, � savoir que la port�e de cette ternarit� ne se soutient que de ceci : nous ne les avons faits, d'abord... nous ne les avons pris que sous l'angle de ce qui ne les distingue entre eux par aucune qualit� qu'il n'y a aucune diversification de l'Imaginaire par rapport au Symbolique et au R�el, que leur substance n'est pas diverse, que nous n'en faisons pas des qualit�s, que simplement nous les consid�rons sous l'esp�ce de cette consistance qui les fait chacun un .

    Puisque j'ai employ� le mot de " qualit� " qui est un nom f�minin , est-ce que je dirai que leur qualit� est " un ", ce serait une bonne occasion d'emmancher l� autour de l'Un ce qu'il en (p62->) est de " un " si nous le prenons comme qualificatif. Est-ce que lalangue, lalangue en tant qu'elle a un sens , est-ce que lalangue permet d'�galer " un " � " une " ? Est-ce que " une " n'est pas un mode diff�rent de " un " ? Ce serait un biais, il faut le dire, assez comique, de faire rentrer au niveau de l'un la dualit�. Yad'lun, ai-je dit, mais aussi quand je l'ai dit que c'est l� ce dont se fonde quoi ? uniquement - c'�tait le sens de ce que j'ai avanc� � la fin de mon s�minaire de l'ann�e derni�re - uniquement l'�num�rable, � savoir l'aleph z�ro , et rien de plus , c'est-�-dire ce qui se dit �tre un Un , mais en tant qu'� dire " c'est un Un ", c'est le couper de toute ordination. C'est ne le prendre- et c'est ce que seul permet Cantor - sous son aspect purement cardinal.

    Certes, me direz-vous, il ne peut le faire - si tant est que vous me disiez quelque chose - il ne peut le faire qu'� ali�ner son unit� dans l'ensemble, moyennant quoi les �l�ments ne gardent plus rien de cette unit�, qu'� �tre ouverts � ce qu'on en fasse le compte , c'est-�-dire la computation subjective, ce qui n'emp�che pas que l'objectivit� de l'un , je dirai, ne fait question qu'� ceci que c'est qu'elle n'est s�rement pas sans r�ponse. Et cette r�ponse, c'est justement en quoi j'�nonce qu'elle est dans le trois .

    Qu'est-ce que le trois fait d'un, s'il n'y a pas le deux ? Est-ce que simplement � ce qu'il y en ait trois, l'aleph z�ro est d�j� l� ? Il est certain que si j'�nonce que de deux il n'y a pas , parce que ce serait inscrire du m�me coup dans le R�el la possibilit� du rapport tel qu'il se fonde du rapport sexuel , est-ce que ce n'est que par le trois , et comme je l'ai �crit l'autre fois au tableau par la diff�rence de un � trois que proc�de ce deux , est-ce que - tout ceci nous porte � poser la question - il a fallu, pour que nous fassions ce pas, qu'aleph z�ro ait cess� de ne pas s'�crire ? Autrement dit que c'est la contingence , l'�v�nement du dire de Cantor qui nous permet seulement d'avoir un aper�u sur ce qu'il en est , non pas du nombre, mais de ce que constitue dans sa ternarit� le rapport du Symbolique , de l'Imaginaire et du R�el . Faut-il que de sa contingence , donc , � ce dire de Cantor , nous passions au n�cessaire de ce qu'il ne cesse plus , cet aleph z�ro, de s'�crire , qu'il ne cesse plus de s'�crire d�sormais pour que subsiste quoi ? rien d'autre qu'une notion de v�rit�.

    La v�rit�, en effet, jusqu'� pr�sent dans la logique , n'a pu consister jamais qu'� contredire. Elle est dans le dualisme du vrai et du faux. Le vrai n'�tant que suppos� au savoir, en tant que le savoir s'imagine - c'est l� son sens - comme connection de deux �l�ments . Et c'est justement en quoi, il est imaginaire si l'Un , si un Un, un Un tiers, ne vient pas le connecter au prix d'y faire rajout . Rajout pas du m�me cercle cat�gorique , pas du m�me ordre, disais-je tout � l'heure , mais provenant de la nodalit� .

    (p63->) Eh bien, puisque , aujourd'hui, il a fallu que je me force pour vous mener jusque l�, vous me permettrez de m'y tenir ; et apr�s tout, s'il y en a que �a a d�courag�s, je n'y vois pour moi aucun inconv�nient , puisque la seule raison pour laquelle je vous ai parl� aujourd'hui, c'est que vous �tiez moins nombreux.

note: bien que relu, si vous d�couvrez des erreurs manifestes dans ce s�minaire, ou si vous souhaitez une pr�cision sur le texte, je vous remercie par avance de m'adresser un [mailto:gaogoa@free.fr �mail]. [#J.LACAN Haut de Page] 
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relu ce 7 août 2005