Text/Jacques Lacan/LMC20121977.htm

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J-LACAN                     gaogoa

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XXV -Le moment de conclure   1977-1978
    
Version rue CB

S�minaire du 20 D�cembre 1977              [#note note]

 

     (p1->) Je travaille dans l�impossible � dire � Est-ce qu�on entend ?

Je pr�f�rerais qu�on entende, non pas du tout que j�ai des choses importantes � dire. Est-ce que �a fonctionne l� le haut-parleur ? Non ? Bon, enfin tant pis !

     Dire est autre chose que parler. L�analysant parle. Il fait de la po�sie. Il fait de la po�sie quand il y arrive, c�est peu fr�quent. Mais, il est art, je coupe parce que je veux pas dire il est tard.

     L�analyste, lui, tranche. Ce qu�il dit est coupure, c�est-�-dire participe de l��criture, � ceci pr�s que pour lui il �quivoque sur l�orthographe. Il �crit diff�remment, de fa�on � ce que, de par la gr�ce de l�orthographe, d�une fa�on diff�rente d��crire, il sonne autre chose que ce qui est dit, que ce qui est dit avec intention de dire, c�est-�-dire consciemment, pour autant que la conscience aille bien loin. C�est pour �a que je dis que ni dans ce que dit l�analysant, ni dans ce que dit l�analyste, il y a autre chose qu��criture.

     Elle ne va pas loin, cette conscience ; on ne sait pas ce qu�on dit quand on parle, c�est bien pour �a que l�analysant en dit plus qu�il en veut en dire. L�analyste tranche � lire ce qu�il en est de ce qu�il veut dire, si tant est que l�analyste sache ce que lui m�me veut.

     Il y a beaucoup de jeux, au sens de libert� dans tout cela. Ca joue, au sens que le mot a d�ordinaire.

      (p2->) Tout �a ne me dit pas � moi m�me comment j�ai gliss� dans le n�ud borrom�en, pour m�en trouver, pour m�en trouver, � l�occasion, serr� � la gorge. Il faut dire que le n�ud borrom�en, c�est ce qui dans la pens�e, fait mati�re, c�est ce qu�on casse, c�est ce qui tient ensemble et est souple � l�occasion comme ce qu�on appelle un n�ud.

Comment ai-je gliss� du n�ud borrom�en � l�imaginer compos� de tores, et, de l�, � la pens�e de retourner chacun de ces tores, c�est ce qui m�a conduit � des choses qui font, qui font m�taphore, m�taphore au naturel, c�est-�-dire que �a colle avec la linguistique, pour autant qu�il y en ait une. Mais la m�taphore a � �tre pens�e m�taphoriquement. L��toffe de la m�taphore, c�est ce qui dans la pens�e fait mati�re, ou, comme dit Descartes, �tendue, autrement dit corps. La b�ance est ici combl�e comme elle l��tait depuis toujours. Le corps ici repr�sent� est ici fantasme du corps. Le fantasme du corps c�est l��tendue imagin�e par Descartes. Il y a distance entre l��tendue, l��tendue de Descartes, et le fantasme. Ici, intervient l�analyse qui colore le fantasme de sexualit�.

Il n�y a pas de rapport sexuel, sauf entre fantasmes ; et le fantasme est � noter avec l�accent que je lui donnais quand je remarquais que la g�om�trie 

                                       �ge et haut-ma�tre

                                             Hie
   
    Que l� � �ge est haut-ma�tre hie � est tiss�e de fantasme et, du m�me coup de science.

Je lisais r�cemment un machin qui s'appelle, c'est en quatre volumes, " The world of math�matics ". Comme vous le voyez, c'est en anglais. Il n'y a pas le moindre monde des math�matiques. Il suffit de, d'accrocher les articles en question, �a ne suffit pas (p3->) � faire ce qu'on appelle un monde, je veux dire un monde qui se tienne. Le myst�re de ce monde reste absolument entier. Qu'est-ce que veut dire, du m�me coup, que le savoir? Le savoir, c'est ce qui nous guide ; c'est ce qui qu'on a pu traduire le savoir en question par le mot instinct dont fait partie ce qu'on articule comme 
l' "apens�e", j'�cris comme �a parce que �a fait, �a �quivoque avec l'appui. Quand j'ai dit, comme �a, l'autre jour, que la science n'est rien d'autre qu'un fantasme, qu'un noyau fantasmatique, je suis, certes, mais au sens de suivre. Et, contrairement � ce que quelqu'un comme �a, dans un article, a esp�r�, je pense que je serai suivi sur ce terrain. Ca me semble �vident, la science est une futilit� qui n'a pas de poids dans la vie d'aucun, bien qu'elle ait des effets, la t�l�vision par exemple, mais ces effets ne tiennent � rien qu'au fantasme qui, �crirais-je comme �a, qui "hycroit". La science est li�e � ce qu'on appelle sp�cialement pulsion de mort. C'est un fait que la vie continue gr�ce au fait de la reproduction li�e au fantasme.

Voil�, l'autre jour ([../../images/25-LMC/20121977/un.jpg Fig.1]) je vous ai fait un tore en vous faisant remarquer que c'est un n�ud borrom�en. Je veux dire qu'il y a ici trois �l�ments : le tore retourn� et puis les deux ronds de ficelle que vous voyez l�, qui sont des tores �galement ; et je vous ai fait remarquer que si l'on coupe ce tore, que si on le coupe comme �a, c'est-�-dire  comme je me suis exprim�, longitudinalement par  rapport au tore, ce n'est pas surprenant, ce n'est pas surprenant qu'on obtienne l'effet de coupure qui est celui du n�ud borrom�en ([../../images/25-LMC/20121977/un.jpg Fig.2]). C'est le contraire qui serait surprenant. C'est la m�me chose que de couper, cela se compl�te, puisque j'ai laiss� ce n�ud borrom�en inachev�, c'est la m�me chose que de couper �a, � ceci pr�s que dans ce cas (Fig.2), la coupure est, contrairement � celui-ci, perpendiculaire � ce qu'on appelle le (p4->) trou. Mais il est  bien clair que si les choses se compl�tent, c'est-�-dire que ceci se recolle, � savoir qu'il se passe quelque chose, ici, comme un jonction, la coupure circulaire laisse le n�ud borrom�en intact, et c'est bien la m�me coupure qui se retrouve l�, la m�me coupure qui r�sulte de ce que j'ai appel� la coupure longitudinale. La coupure est rien que ce qui �limine le n�ud borrom�en tout entier. C'est de ce fait quelque chose qui est r�parable, � condition de s'apercevoir  que le tore int�ress� se recolle si on le traite convenablement retourn�. Ce qu'on peut appel� la suggestion du tore, du tore transform�, je veux dire du tore que constitue le retournement, la suggestion du tore en remet, si je puis l'exprimer ainsi, sur la solidit� du n�ud, c'est-�-dire que ce qui se voit, � condition qu'on coupe perpendiculairement au trou, ce qui se voit, c'est que le tore, � ce moment l�, maintient le n�ud borrom�en. Il suffit qu'une coupure participe de la coupure dite, comme je viens de m'exprimer, perpendiculaire au trou, pour que �a retienne le n�ud.

Supposez que ([../../images/25-LMC/20121977/deux.jpg Fig.3]) la coupure que nous avons faite ici participe de la coupure que nous avons faite ici, c'est-�-dire que quelque chose s'instaure de cette nature-l�, autrement dit, que �a tourne autour du tore, je veux dire autour la coupure, voil� ce que nous obtenons : le retournement du tore pare aux effets de sa coupure.  Le fantasme de la coupure suffit � tenir le n�ud borrom�en. Pour qu'il y ait fantasme, il faut qu'il y ait du tore. L'identification du fantasme au tore est ce qui justifie, si je puis dire, mon imagination du retournement du tore.

Alors l�, je vais  (Fig.4) dessiner ce qu'il en est du tore que j' ai appel� l'autre jour tore � six, et, imaginer ce qui se d�duit de la figuration que je viens de faire. Il y a un couple :

                 pulsion-inhibition

(p5->) Prenons par exemple celui-ci, pulsion-inhibition ; de la m�me fa�on pour les autres, appelons le couple suivant, principe de plaisir-inconscient, on voit assez de ce fait que l'inconscient est ce savoir qui nous guide, que j'appelais tout � l'heure, principe du plaisir. L'int�r�t, c'est de s'apercevoir que le tiers, je veux dire ce qui, de ce fait, s'organise de cette fa�on, - je vous demande pardon, ces n�uds sont toujours tr�s difficile � faire - ici ([../../images/25-LMC/20121977/deux.jpg Fig.5]) , vous avez une fa�on meilleure que celle que j'ai d� rectifier l�, de repr�senter, de repr�senter ce que j'ai appel� principe du plaisir-savoir, pulsion-inhibition. Principe du plaisir-savoir, et c'est ici que  le tiers se pr�sente comme l'accouplement du r�el et du fantasme.

C'est mettre l'accent sur le fait qu'il n'y a pas de r�alit�. La r�alit� n'est constitu�e que par le fantasme, et le fantasme est aussi bien ce qui donne mati�re � la po�sie, c'est-�-dire  que tout notre d�veloppement des sciences est quelque chose qui, on ne sait pas par quelle voie, �merge, fait irruption du fait de ce qu'on appelle rapport sexuel.

Pourquoi est-ce qu'il y a quelque chose qui fonctionne comme science ? C'est de la po�sie. L'aspersion (?) de ce " World of math�maticiens " m'en a convaincu. Il y a quelque chose qui arrive � passer par l'interm�diaire de ce qui se r�duit dans l'esp�ce humaine au rapport sexuel. Qu'est ce qui se r�duit dans l'esp�ce humaine au rapport sexuel? C'est quelque chose qui nous rend tr�s difficile la saisie de ce qu'il en est des animaux. Est-ce que les animaux savent compter? Nous n'en avons pas la preuve, ce qui s'appelle de preuve sensible. Tout part de la num�ration pour ce qu'il en est de la science. Quoiqu'il en soit, m�me ce qu'il en est de cette pratique, c'est aussi bien de la po�sie. Je parle de la (p6->) pratique qui s'appelle l'analyse. Pourquoi est-ce qu'un nomm� FREUD a r�ussi dans sa po�sie � lui ; je veux dire � instaurer un art analytique, c'est ce qui reste de tout � fait douteux. Pourquoi est-ce qu'on se souvient de certains hommes qui ont r�ussi ? Ca ne veut pas dire que ce qu'ils ont r�ussi soit valable. Ce que je fais l�, comme la remarqu� quelqu'un de bon sens, qui est ALTHUSSER, c'est de la philosophie, mais de la philosophie, c'est tout ce que nous savons faire. Mes n�uds borrom�ens, c'est de la philosophie aussi, c'est de la philosophie que j'ai mani� comme j'ai pu, en suivant le courant si je puis dire, le courant qui r�sulte de la philosophie de FREUD. Le fait d'avoir �nonc� le mot d'inconscient, �a n'est rien de plus que de la po�sie avec laquelle on fait l'histoire. Mais l'histoire, comme je le dis quelque fois, l'histoire, c'est l'hyst�rie. FREUD, sil a bien senti ce qu'il en est de l'hyst�rique, s'il a fabul� autour de l'hyst�rique, �a n'est �videmment que, qu'un fait d'histoire. MARX �tait �galement un po�te, un po�te qui a l'avantage d'avoir r�ussi � faire un mouvement politique. D'ailleurs s'il qualifie son mat�rialisme  d'historique, �a n'est certainement pas sans intention. Le mat�rialisme historique, c'est ce qui s'incarne dans l'histoire. 

Tout ce que je viens d'�noncer, concernant l'�toffe qui constitue "l'appens�e", n'est pas autre chose que de dire les choses de la m�me fa�on. Ce qu'on peut dire de FREUD, c'est qu'il a situ� les choses d'une fa�on telle que �a ait r�ussi. Mais, ce n'est pas s�r tout ce dont il s'agit, c'est une composition, une composition telle que j'ai �t� amen� � - pour rendre tout �a coh�rent- � donner la note d'un certain rapport entre la pulsion et l'inhibition, du principe du plaisir et le savoir, le savoir inconscient, bien entendu,            (long espace!) faites bien attention que (p7->) c'est ici, et qu'ici, c'est le tiers �l�ment, je veux dire que c'est l� qu'il y a le fantasme et ce qui se trouve que j'ai d�sign� du r�el. Je n'ai vraiment pas trouv� mieux que cette fa�on d'imager m�taphoriquement ce dont il s'agit dans la doctrine de FREUD. Ce qui me semble mat�riellement abusif, c'est d'avoir imput� tellement de mati�re au sexe. Je sais bien qu'il y a des hormones, les hormones font partie de la science, mais il est tout � fait clair que c'est l� le point le plus �pais et qu'il y a l� nulle transparence.

Un.jpg
File:Deux.jpg

note: bien que relu, si vous d�couvrez des erreurs manifestes dans ce s�minaire, ou si vous souhaitez une pr�cision sur le texte, 
        je vous remercie par avance de m'adresser un email. [#J-LACAN Haut de Page]